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Les jeunes toujours plus exposés au chômage et au travail informel
Un nouveau rapport de l’OIT fait état du manque de perspectives des jeunes adultes à leur entrée sur le marché du travail, partout dans le monde.
« Une nouvelle crise de l’emploi des jeunes » : c’est le constat que pose l’Organisation internationale du travail (OIT) dans son rapport « Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2026 : retours vers le futur », sorti en août.
Selon ce rapport, 12,4% des 15-24 ans, soit 67 millions de personnes, étaient au chômage en 2025 – un taux en augmentation dans huit des onze sous-régions du monde.
L’OIT pointe du doigt « le ralentissement de la croissance économique, la faiblesse des créations d’emplois, les tensions géopolitiques et l’accélération des changements technologiques ».
Les États arabes et l’Afrique du Nord restent les plus touchés (avec respectivement 26,2% et 22,6% de jeunes chômeurs.
En France, le taux de chômage des jeunes s’établissait à 21,1% en juin 2026, très au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (15,5%).
« Le rapport de l’OIT reflète parfaitement ce que notre organisation dénonce depuis longtemps », résume Branislav Rugani, secrétaire confédéral FO au secteur international.
L’impact de l’intelligence artificielle
Différents facteurs entrent en jeu selon lui:. « Les gens partent plus tard en retraite, et les emplois administratifs qui se libèrent sont souvent remplacés par l’intelligence artificielle »..et « Il nous faut aussi une législation qui fasse que l’IA ne nuise pas aux emplois mais aide à travailler mieux. »
La dévalorisation des métiers manuels, auxquels les jeunes aspirent moins faute de salaires attractifs, achève de créer un décalage entre l’offre et la main-d’œuvre.
« Lorsque les jeunes sont exclus des emplois de qualité, les pays perdent des talents, de la productivité et de la cohésion sociale, affirme en marge du rapport Gilbert F. Houngbo, directeur général de l’OIT.
Créer des emplois décents pour les jeunes n’est pas seulement un impératif social, c’est aussi l’un des investissements les plus judicieux qu’un pays puisse faire. »
Dans les pays à faibles revenus, c’est bien l’accès à un travail décent qui pose le plus gros problème : près de 90% des jeunes travailleurs y sont contraints de se tourner vers l’économie informelle, sans protection sociale et avec des revenus instables.