L'édition 2026 du baromètre CFDT sur l'état du travail confirme le malaise qui se développe dans la Fonction Publique
En 2025, la CFDT a décidé de lancer son baromètre sur l'état du travail. L'objectif: prendre le pouls chaque année du monde du travail.
Pour cette deuxième édition, elle a choisi cette année de faire un focus sur les trois versants de la fonction publique...ce qui ne manque pas d'intérêt au regard de la dégradation des conditions de travail dans de nombreux secteurs, des problèmes d'attractivité soulevés à de nombreuses reprises, mais jamais véritablement traités et au regard des contraintes budgétaires régulièrement mises en avant, force est de constater un climat social de plus en plus tendu face à l'absence de réelle prise en compte des revendications qui s'expriment.
Les principaux éléments à retenir:
- L’état d’esprit des fonctionnaires est globalement sombre : 44 % d’entre eux se disent inquiets, 36 % lassés et 32 % rencontrent des difficultés. Le premier item suggérant un état d’esprit positif est l’espoir, cité au total par 29 % des personnes interrogées et notamment par 44 % des catégories A et 37 % des 18-34 ans.
- Un attachement profond à la fonction publique....qui ne suffit plus à retenir les agents:
L’attachement à la fonction publique est profond et massif : 73 % des fonctionnaires se disent attachés à celle-ci (dont près d’un tiers « très attaché ») avec des variations légères selon la fonction publique d’appartenance : c’est au sein de la fonction publique d’État que l’attachement est le plus fort (76 %), quelle que soit la catégorie, contre 70 % pour la Fonction publique hospitalière et 69 % pour la Fonction publique territoriale
Mais...ils sont de plus en plus nombreux à vouloir la quitter : aujourd’hui, c’est un quart des agents qui l’envisagent !
Pour France Stratégie, qui soulignait déjà dans un rapport de 2024 une augmentation des démissions, particulièrement parmi les agents expérimentés, cette dynamique est structurelle, durable et généralisée.
Et les raisons de cette crise sont sans appel : rémunérations trop faibles (pour 53 % des répondants), conditions de travail dégradées (pour 44 % d’entre eux) et manque de reconnaissance (pour 33 %).
- un déficit d’attractivité inédit
Ils sont nombreux à ne pas « conseiller » une carrière dans la fonction publique : 48 % encourageraient ses proches à la rejoindre, quand 40 % ne le feraient pas. Là encore, ce sont les enseignants qui sont les plus réservés : un tiers seulement encouragerait ses proches à rejoindre la fonction publique qu’ils jugent peu attractive par rapport au secteur privé.
Alors que la fonction publique était historiquement perçue comme un secteur très attractif (garantie de l’emploi, stabilité), son attractivité s’effondre.
En 2012 encore, 73 % des jeunes souhaitaient devenir fonctionnaires. Cette tendance s’est inversée depuis : on observe deux fois moins de candidates et candidats aux concours qu’il y a dix ans.
Pour les agents interrogés, l’attractivité de la fonction publique, par rapport au privé, se limite au temps de travail : 36 % estime qu’elle est avantageuse sur ce point contre 19 % désavantageuse (ils sont majoritaires - 45 % - à penser que les temps de travail sont les mêmes).
Il s’agit du seul item avec un « solde » avantage/désavantage positif par rapport au privé.
Pour le reste, et notamment la reconnaissance de son travail par la société, le montant des retraites et les perspectives de carrière, la fonction publique apparait bien moins avantageuse qu’une carrière dans le privé.
Et sans surprise, c’est en matière de rémunération que le sentiment de décrochage par rapport au privé est le plus fort : 67 % des répondants considèrent qu’ils sont moins bien lotis que les salarié·es du privée.
A noter également que cette faible attractivité est renforcée par un « fonctionnaire bashing » de plus en plus marqué :
• 70 % des agents estiment que les discours politiques et médiatiques dévalorisent leur métier,
• 68 % pensent que ces discours s’attaquent aux valeurs du service public,
• 62 % jugent que cela nuit directement à l’attractivité de la fonction publique
- Des conditions de travail dégradées et un manque de moyens criant
- Des disparités notables en matière d’articulation des temps et de télétravail
- Face à un stress accru et une violence palpable au quotidien…… les collègues restent le rempart
- Un management encore trop vertical… qui s’observe notamment dans la façon de conduire les transformations