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01 / 07 / 2026 | 13 vues
SNPEA CFDT / Abonné
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L’eau se défend, ses travailleurs aussi. sans eux rien ne coule !

Le monde du travail se dégrade. L'explosion des dossiers que nous traitons est le symptôme d'un monde professionnel en souffrance. Aujourd'hui, notre action juridique est devenue la dernière digue de justice sociale face au rouleau compresseur d'un système néolibéral qui précarise, qui abîme, et qui laisse trop  de salariés épuisés, isolés  et profondément atteints face à leurs difficultés.
 

Le Syndicat CFDT Interco SNPEA (le Syndicat National des Personnels de l’Eau et de l’Assainissement) veut mettre en lumière un secteur, celui des métiers de l'eau, où cette dégradation prend une dimension vitale, un secteur en première ligne, où trois crises majeures entrent violemment en collision.
 

Pour la plupart d'entre nous, l'eau potable est une évidence avec un sentiment de flux immuable commandé par une simple ouverture et fermeture de robinet. Pourtant, ce geste quotidien repose sur une chaîne de métiers de l'eau de plus en plus fragilisée socialement et techniquement avec  des infrastructures insuffisamment entretenues et renouvelées. 
 

1 - La première crise, c’est une crise écologique et sanitaire

L'eau n'est pas infinie. En dix ans, la ressource a déjà baissé de 14 %, et d'ici 2050, 88 % de notre territoire pourrait subir une tension hydrique. Face à cela, l'irresponsabilité est totale : nous laissons jusqu'à 50 % de l'eau disparaître dans les fuites avant d'arriver au robinet, car nous ne renouvelons nos réseaux qu'à hauteur de 1 % par an. Une ressource qui s’épuise, un réseau qui lâche !
 

A cette vétusté s’ajoute celui de la qualité. L’exemple des PFAS souvent appelés polluent éternels, ces substances chimiques quasi indestructibles, qui menacent directement nos consommateurs et nos travailleurs en exploitation qui manipulent les boues, surveillent les rejets et interviennent dans les stations d’épuration.  Le principe du pollueur-payeur doit devenir une réalité concrète car la santé ne peut être la variable d'ajustement de l'irresponsabilité industrielle.
 

2 - La deuxième crise, c’est une crise sociale brutale

Laissez-moi vous partager la réalité du terrain, celle que vivent nos travailleurs et travailleuses. Face à des canalisations qui lâchent et des urgences qui se multiplient, les salariés réclament légitimement des renforts. Et que répondent les directions ? « Pas de budget. Colmatez les fuites, faites plus avec moins, c'est la rationalisation. ». Faire plus avec moins, alors que nous perdons déjà 20 % du volume d'eau distribué à cause des fuites !. Quand on demande des garanties face aux restructurations ou aux transferts vers de nouvelles entités, on nous dit d'assurer la continuité du service et, surtout, de ne pas faire de vagues.

 

Voilà la réalité toxique du modèle low cost qu’on tente de nous imposer. Un modèle qui exige toujours plus avec toujours moins : moins d’effectifs, moins de moyens, moins de reconnaissances. Les alertes du SNPEA ne sont pas du corporatisme : elles révèlent une crise systémique où la qualité du service ne tient plus que par l’épuisement des travailleurs. Derrière chaque canalisation, c’est un bien commun qu’on sacrifie au nom de l’austérité voulue par les donneurs d'ordres que sont les collectivités et des entreprises toujours plus exigeantes financièrement
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Malheureusement, bien trop souvent obsédés par la baisse perpétuelle du prix du mètre cube d'eau ces décideurs continuent comme si de rien n’était. Ils tirent sur les coûts, cassent les contrats, ce qui engendre des transferts de personnel brutaux, souvent dans l’urgence, avec des pertes dramatiques de pouvoir d'achat et d'acquis sociaux. Nos politiques doivent cesser de jouer les pleureuses budgétaires et prendre enfin leurs responsabilités. C'est ici que l'approche de la CFDT INTERCO SNPEA prend tout son sens. Nous ne nous contentons pas de dénoncer, nous construisons. Un transfert mal préparé n'est jamais un simple acte administratif : C'est une équipe qui éclate, des compétences qui disparaissent, des salariés qui perdent les repères et le sens de leur métier. Quand on casse les collectifs, on dégrade la qualité de service et on met du carburant dans le moteur de la souffrance mentale au travail. Nous, CFDT INTERCO SNPEA, exigeons que les transferts soient encadrés, anticipés et accompagnés, avec un maintien absolu des droits et la reconnaissance des compétences. Les travailleurs refusent d'être les boucs émissaires des réorganisations budgétaires. 
 

3  - Enfin, la troisième crise, c’est une crise démocratique 

Lorsque les services de proximité s'affaiblissent, lorsque les travailleurs sont invisibilisés et méprisés, c'est la confiance dans toutes les institutions qui s'érode. Fragiliser le travail, c'est aussi fragiliser la démocratieNotre mission syndicale, c'est de stopper l'hémorragie ! Notre immense responsabilité, c'est de remettre du collectif là où le système isole. Organisons-nous pour peser ! Peser sur les employeurs, peser sur les choix politiques, et peser pour imposer nos garanties.
 

L'eau n'est pas une vulgaire marchandise à brader au moins disant. C'est notre bien commun le plus précieux.

L’EAU SE DÉFEND, SES TRAVAILLEURS AUSSI. SANS EUX RIEN NE COULE !.

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