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09 / 10 / 2020 | 70 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Le premier baromètre de la recherche médicale en France

La Fondation de l'Avenir a pour vocation de soutenir et de promouvoir la recherche et l'innovation en santé au bénéfice des patients et de leurs proches aidants. Dominique Letourneau (président de son directoire et professeur associé des universités, Faculté de Médecine de Créteil) a bien voulu répondre à nos questions.
 

Comment la Fondation de l’Avenir fait-t-elle face à la situation sanitaire ?


Elle se porte bien et continue son activité malgré la crise. Depuis 2019, nous avons appris à nous adapter pour maintenir notre activité afin de financer les projets en recherche médicale appliquée. Nous avons perdu nos locaux l’année dernière, suite à un problème de structure du bâtiment et nous avons dû apprendre, comme tout le monde, à gérer avec les grèves. Le travail amorcé par la fondation et ses neuf fondations abritées a continué. Cette année, nous avons encore engagé près de cinq millions d’euros dans les missions sociales pour soutenir la recherche. Les projets sont, pour la plupart, portés par des centres hospitaliers et des laboratoires académiques, répartis sur l’ensemble du territoire français et portent sur des sujets de santé publique comme le cancer et les maladies cardiovasculaires aussi bien que sur l’accompagnement du handicap et le développement de l’intelligence artificielle et numérique appliqués à la santé. Je rappelle que la Fondation de l’Avenir a soutenu plus de 1.200 projets en trente ans en s’attachant, depuis son origine, à stimuler l’innovation dans les pratiques chirurgicales avec le soutien de ses partenaires issus de l’environnement mutualiste.
 

Avez-vous pu développer des projets en lien avec le covid-19 ?


Comme tout le monde, nous avons dès le début de la crise cherché les moyens d'utilement soutenir l’action du personnel soignant, comme les membres de notre réseau. Sur le fonctionnement propre de la fondation, la vie statutaire a perduré selon le calendrier établi au départ, ce qui représente plus de 60 instances par an, et les effets sur la recherche de fonds se sont traduits par le maintien et la poursuite du programme d’action relatif à la collecte et la mise en place d’une vigilance accrue jusqu’à la fin de l’année sur les partenariats. Concernant nos missions sociales, lorsque les équipes de recherche soutenue par la fondation le demandaient, nous avons aménagé un délai de six mois supplémentaires. De plus, nous avons soutenu trois initiatives directement liées à l’épidémie, avec le soutien de nos partenaires, et nous nous sommes attachés à informer notre environnement et nos donateurs sur les dispositifs et projets en lien avec l’actualité pendant toute la période de confinement, via l'Écho de la Fondation (notre newsletter) et nos réseaux sociaux (Twitter et LinkedIn).
 

Quelles sont les initiatives que vous évoquez ?


Il y a d’abord eu l’aide à la création de pousse-seringues électriques par impression 3D et découpe laser. Grâce à Éric Allaire (chirurgien vasculaire à Paris et président du conseil scientifique de la Fondation de l’Avenir), cette question peu évoquée a été abordée. Au même moment, nous avons repéré l’initiative des ingénieurs de l’association Électrolab, à Nanterre, qui ont travaillé sur cet outil permettant de réguler l’administration d’un médicament à un patient en réanimation. Très vite ce projet a reçu le soutien de la Fondation de l’Académie de Chirurgie et la CARAC nous a permis de financer la réalisation de prototypes. Cette démarche avec ce partenaire de longue date, également membre du Fonds avenir santé numérique, s’inscrivait totalement dans le projet global de la fondation, notamment dans l’idée d’un travail collaboratif entre des structures issues d’univers différents.

 

Grâce au soutien de la Fondation Paul Bennetot (groupe Matmut), nous avons également pu apporter une aide au site covidminute.com qui a fourni et continue de quotidiennement fournir des informations et des éclairages sur l’évolution de l’épidémie sous forme d’une newsletter. Ces informations sont données grâce à une équipe multidisciplinaire de bénévoles, coordonnée par le Docteur Guillaume Zagury, spécialiste en santé publique internationale basé à Shanghaï.

 

Dans la continuité des actions mises en place, nous avons été approchés par l’association Masques&co. Cette association est née d’un collectif d’entrepreneurs qui a mutualisé ses compétences et son réseau afin d’apporter une réponse concrète et rapidement opérationnelle face à l’urgence sanitaire liée au covid-19, notamment dans la fabrication et la distribution de masques « made in France ». Dans ce contexte, une grande entreprise française, qui ne souhaite pas être nommée pour le moment, a fait don de 200.000 masques. En s’associant à cette démarche, la Fondation de l'Avenir a pensé à faire don de ces masques au personnel médico-social exerçant au sein d'EHPAD, de centres d’aide auprès de handicapés et de centres de soins de suite et de réadaptation (SSR). Ces masques sont également destinés aux résidents de ces centres de santé ainsi qu’aux familles qui viennent rendre visite et aux usagers.

 

Quelle est la suite pour les prochains mois ?


Nous avons su nous adapter et, de la même manière, nous adapter dans l’organisation de nos événements. Nous avons pris l’habitude de tout dématérialiser tout en essayant d’innover dans la forme par rapport à nos habitudes et surtout de rester cohérents et audibles de nos partenaires institutionnels et scientifiques ainsi que de nos donateurs. Par exemple, pour la onzième remise du Prix Harmonie Mutuelle Alzheimer, nous avons organisé une session de questions/réponses en direct avec les internautes (disponible en replay sur notre chaine YouTube). Dans ces conditions respectant le protocole sanitaire, le président d’Harmonie Mutuelle, Stéphane Junique, a pu débattre avec le lauréat, Docteur Pierre-Yves Jonin, psychologue et chercheur en neuropsychologie au CHU de Rennes, Docteur Florence Bonté, gériatre au sein de l’Hôpital Sainte-Marie Paris, et moi-même.

 

Sur un modèle un peu différent, le 14 octobre prochain, la Fondation de l’Avenir est fière de tenir sa première conférence de presse grand public, à la suite de la convention générale du collège des partenaires. En avant-première et en visioconférence, nous présenterons une étude sur l’état des lieux de la recherche médicale en France, accompagnée des résultats d’une enquête par sondage auprès du grand public et des professionnels de santé que nous avons appelé « baromètre de recherche médicale ». Ce baromètre, premier du genre, a pour ambition de dessiner un portrait exhaustif de la recherche médicale en France à un instant donné, en identifiant les acteurs et les structures concernés, et en caractérisant l’appréhension du grand public et les attentes des chercheurs vis-à-vis de la recherche médicale. Le contexte particulier depuis le début de l’année nous permet d’avoir un regard avant et après le confinement.
 

D'ici la fin de l'année, nous allons également tenir le quatrième atelier de santé numérique portant sur le projet SENSAPNEA qui traite de l'apnée du sommeil de manière innovante, avoir la présentation des résultats de l’étude sur la robotique chirurgicale, dans le cadre du partenariat avec la FNMF, et remettre les trophées de la Fondation de l’Avenir à cinq équipes de chercheurs méritantes, sur un modèle différent des autres années pour tenir compte du contexte.
 

Comme vous pouvez le constater, la Fondation de l’Avenir, appuyée par ses partenaires, n’a pas freiné son activité et ses équipes s’adaptent au quotidien pour tenir ses engagements et maintenir un niveau exigeant dans la qualité des travaux financés.

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