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Le CESE clôture sa mandature 2021-2026...une nouvelle présidence le 20 Mai
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a clôturé le 15 avril sa mandature 2021-2026, à l’issue d’une dernière plénière consacrée à la démocratie de demain, faisant intervenir des personnalités politiques et de la société civile pour débattre de l’apport de la société civile à la construction des politiques publiques, de l’articulation entre les échelons locaux, nationaux et européens, ainsi que du rôle des institutions dans le renforcement de la confiance démocratique.
Elle aura été marquée par une profonde transformation de l’institution autour de 3 grands piliers, pour soutenir son utilité démocratique :
Renforcer sa mission consultative
Lors de cette mandature, les formations de travail ont rendu plus de 134 travaux destinés aux décideurs publics, sur les grandes transitions sociales, économiques et environnementales, mais aussi sur les enjeux émergents (intelligence artificielle, nouvelles vulnérabilités en matière de travail et de santé…).
Ces avis, résolutions, études, déclarations et contributions se sont appuyées sur un dialogue nourri par les réalités de terrain, avec près de 4000 personnes auditionnées au sein du monde économique, social, associatif, académique et institutionnel.
Le CESE a également mis l’accent sur la programmation de ses travaux et la diversification de ses formats pour s’adapter à la fois aux nouveaux enjeux et besoins des décideurs publics : en témoignent notamment le renforcement de sa mission d’évaluation des politiques publiques, la transformation des Rapports annuels sur l’état de la France pour en faire un véritable thermomètre de la perception des Françaises et des Français, ou encore le développement de l’analyse de controverses sur des sujets sociétaux majeurs (nucléaire, croissance et décroissance, finances publiques…).
Déployer la participation citoyenne
Dans la lignée de la loi organique de 2021 qui a fait du CESE le carrefour de la participation citoyenne, mais aussi dans un contexte de défiance démocratique majeure vis-à-vis des politiques, le CESE a fait de l’association des citoyens un axe majeur de son action.
Près de 60 000 citoyennes et citoyens ont aussi contribué aux travaux du CESE au cours de la mandature, à travers l’intégration de citoyens tirés au sort directement dans ses formations de travail, les consultations, plateformes participatives et journées délibératives. Le CESE a également organisé 2 Conventions citoyennes, sur la fin de vie (2022-2023) et sur les temps de l’enfant (2025), contribuant à la maturité et la pérennisation de ce dispositif pour accompagner la décision sur des sujets à fort enjeu.
Assumer une mission d’impact
Le CESE s’est attaché à renforcer l’impact de ses travaux, leur inscription dans le débat public et leur contribution à la décision publique, à travers des liens renforcés avec le Gouvernement, le Parlement, les collectivités, les institutions européennes et les acteurs internationaux.
Comme l'a souligné Thierry Beaudet, Président du CESE, dans son discours de clôture:
« Ensemble, en cinq ans, nous avons beaucoup accompli. Nous avons porté auprès du Gouvernement, et sans doute comme jamais auparavant auprès du Parlement, la voix de la société civile organisée, sur tous les sujets, économiques, sociaux et environnementaux [...]. Nous ne nous sommes rien interdit, pas même les sujets sociétaux, voire régaliens : de la fin de vie au sens de la peine, du cannabis aux ingérences étrangères. […] Nous avons mis en œuvre la réforme organique de janvier 2021, qui a profondément transformé notre institution. La participation citoyenne, qui n’était encore qu’une promesse au début de notre mandat, est devenue une réalité vivante »
« Notre pays a profondément besoin d’une assemblée où la société civile puisse dialoguer, délibérer et contribuer à l’intérêt général. Je suis plus que jamais convaincu que le CESE est une institution d’avant-garde. […] Une République vivante a besoin d’écouter, en permanence, ceux qui la font vivre au plus près des réalités du pays. J’ai la conviction, intacte et renforcée, que la société civile est un trésor démocratique. Notre rôle, le rôle de celles et ceux qui nous succèdent, est de faire en sorte que ce trésor ne soit jamais dilapidé, mais toujours enrichi », a-t-il ajouté. (*)
L’installation de la nouvelle mandature aura lieu le 20 mai prochain. Les 175 conseillères et conseillers du Conseil économique, social et environnemental auront à élire leur nouveau président pour un mandat de cinq ans.
Alors que Thierry Beaudet, n’a pas souhaité se représenter, deux candidatures se sont déclarées:
- Dominique Carlac’h, dirigeante d’entreprise de conseil en innovation, ancienne membre du comité exécutif du Medef, qui occupe des fonctions de vice-présidence dans plusieurs organisations patronales et sportives, notamment le CNOSF( Comité national olympique et sportif français )
- Claire Thoury, sociologue de formation, présidente du Mouvement associatif qui regroupe 44 réseaux associatifs importants dont l’Uniopss, l’Unaf , la Croix rouge Française mais également l’association Prévention routière qui, en l'état apparait en position plutôt favorable. Conseillère du CESE, elle en connaît le fonctionnement en profondeur et a pris toute sa part dans la réforme de 2021, qu’elle a contribué à mettre en œuvre. Elle a conduit plusieurs travaux majeurs du Conseil avec des responsabilités différentes. Dans le cadre de la Convention citoyenne en tant que présidente du comité de gouvernance, comme rapporteure sur la publication sur l’état de la France, ou encore en qualité de présidente de la commission temporaire sur la participation démocratique. Elle a reçu le soutien de la Mutualité Française qui, dans un récent communiqué a tenu à insister sur le fait que," plus que jamais, le CESE a vocation à être une institution ancrée dans les réalités vécues par les citoyens, utile aux pouvoirs publics et pleinement engagée au service de l’intérêt général" et que "cette ambition fait profondément écho aux valeurs et à l’histoire du mouvement mutualiste, fondées sur la solidarité, la participation et la démocratie. À la tête du Mouvement associatif, elle dirige une organisation située au croisement des solidarités, de l’engagement citoyen et du monde économique. À ce titre, elle incarne une conception du dialogue fondée sur l’écoute, la recherche de compromis exigeants et la capacité à rassembler sans gommer les différences. Fin mars, elle a reçu ainsi le soutien officiel des principales centrales syndicales, à savoir la CFDT, la CFE-CGC, la CGT, FO, la FSU et l’Unsa.
(*) Pour retrouver le panorama complet de la mandature : Lien