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20 / 08 / 2020 | 2960 vues
Christine Simon / Abonné
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La direction acte que La Poste ne pourra plus assurer la distribution du courrier seule

Alors que la crise sanitaire n’épargne pas les comptes de la Poste, l’intégration de la CNP dans le groupe (opération « Mandarine ») permet toutefois d’afficher un résultat positif au 1er  semestre 2020, soit un bénéfice net de 2,315 milliards d’euros. Sans cette opération, le groupe afficherait un résultat net de -1,225 milliard, soit un résultat d’exploitation de -241 millions. Par ailleurs, le PNB de la Banque Postale est stable, avec une évolution positive envers les entreprises et le territoire, sur Banque Privée Européenne (BPE) et Ma French Bank.
 

Mais, pour La Poste, cet affichage comptable ne reflète ni la réalité économique de l’entreprise, ni ses difficultés, en l’occurrence au sein de la branche « courrier » dont les volumes ont chuté de 26 % en un an, soit une baisse du chiffre d’affaire de plus d’un milliard. Les semaines de crise sanitaire ont donc vu une accélération de cette baisse structurelle, atteignant la cible prévue pour 2024. Malheureusement, l’explosion des volumes de colis (+ 20% de croissance sur GeoPost et Colissimo) ne compense cette baisse que partiellement.

Les dirigeants ont été on ne peut plus clairs : la Poste ne pourra plus assurer le service universel seule (distribution du courrier). Ainsi, une réflexion sur la question vient de s’ouvrir à travers le comité de service public du conseil d’administration qui transmettra ensuite son dossier, entre autres, à l’État et l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP).
 

Il faut avant tout rappeler que si le métier du courrier est dans une telle situation, la crise sanitaire n’est pas la seule responsable ; la chute de l’activité se conjugue avec un désengagement chronique de l’État depuis des années, notamment quant au financement des missions de service public en général et du courrier en particulier. Nul besoin d’un comité public dès lors que l’État prend ses responsabilités en finançant et en soutenant ce que l’on considère comme un service indispensable à la Nation. La crise nous l’a démontré.
 

Depuis des années, les postiers font les frais de cette politique à travers d'incessantes réorganisations dégradant leurs conditions de travail et fragilisant leurs emplois. Il ne faudrait pas que, de surcroît, ils doivent en plus payer l’addition ! Parallèlement au débat sur l’avenir du service public, son financement  et ses emplois et la question des rémunérations des postiers doit être posée. En effet, l’annonce par le président d’un plan d’économie (sans en dévoiler la teneur) pour compenser le milliard perdu, s’accompagne déjà d’un premier coup de canif dans leur pouvoir d’achat, avec un éventuel intéressement à 0 pour 2021.
 

La crise ne doit pas se payer en piochant dans les poches des postiers ! L’urgence est de se battre pour le maintien des emplois, l’augmentation des salaires et la garantie de conditions de travail décentes.

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