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22 / 12 / 2021 | 93 vues
Agnès Rivière / Membre
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Cosmétiques et cadeaux CSE : les cinq substances à éviter

À l’orée des fêtes de fin d’années, les campagnes promotionnelles battent leur plein dans les messageries électroniques pour s’attirer les faveurs de nos budgets cadeaux. Parmi les produits incontournables de cette période, les cosmétiques tiennent sans conteste le haut du pavé. Un choix, a priori, sûr pour les élus de CSE souhaitant contenter le plus grand nombre avec des présents à la fois utiles et raffinés. Cependant, les effets des cosmétiques sur l’environnement rendent les salariés de plus en plus attentifs au choix des produits et à leurs listes d’ingrédients, à raison. Nous vous proposons une rapide mise au point sur quelques substances et composés parmi les plus fréquemment pointés du doigt.


Lorsqu’il s’agit de créer une recette pour un produit cosmétique, les ingrédients susceptibles d’entrer dans sa composition peuvent se compter par dizaines de milliers. Les substances actives sont celles qui confèrent au produit ses effets spécifiques tandis que les excipients donnent consistance et texture à l'ensemble. Les éventuels additifs, qu’ils soient d’origine naturelle ou non, peuvent par exemple servir à amplifier l’effet des substances actives (on parle alors d’adjuvant) ou bien à améliorer la texture, la bonne tenue ou encore la conservation du produit.


Ces dernières décennies, les composés issus de la pétrochimie, de la chimie organique et inorganique ont investi le domaine des cosmétiques. Par rapport aux ingrédients naturels, ils offrent souvent des alternatives meilleur marché et de meilleures facilités de stockage et de conservation. Ils ouvrent parfois aussi de nouvelles possibilités pour formuler des produits ayant une meilleure tenue, voire combinant plusieurs effets. Inconvénients, leur production consomme des ressources, de l’énergie et peut provoquer des rejets polluants. Une fois utilisés, certains de ces composés mettent du temps à se dégrader dans la nature et peuvent présenter des risques pour les écosystèmes et la santé humaine. En voici quelques-uns parmi les plus souvent pointés du doigt. 

 

  • Les microbilles et autres paillettes de plastique
     

Particules plastiques de moins de 5 mm de diamètre, elles trouvent des applications dans à peu près tous les produits cosmétiques possibles et imaginables : crèmes, dentifrices, shampoings, soins exfoliants, produits de rasage, de maquillage, déodorants etc. Elles servent d’agents exfoliants, d’agents nettoyants ou d’agents de texture pour fluidifier les crèmes et les produits liquides ou les rendre plus doux. 


Certaines peuvent parfois pénétrer l’organisme en étant accidentellement ingérées. Les autres se retrouvent dans l'environnement d’une manière ou d’une autre, le plus souvent après avoir été rincées. Elles finissent ainsi leur course dans les eaux de surface et dans les océans. Ces plastiques sont généralement sélectionnés pour être peu réactifs et toxiques mais la question qui reste en suspens est de savoir s’ils le restent lorsqu’ils se dégradent dans l’environnement, notamment lorsqu’ils se fragmentent en résidus plus petits, les nanoplastiques. On a encore relativement peu de recul sur les effets de ces derniers mais on sait qu’ils peuvent contaminer la chaîne alimentaire (donc finalement se retrouver dans nos assiettes). On sait aussi que les particules plastiques peuvent fixer des polluants comme les métaux lourds et ainsi favoriser leur accumulation chez les organismes vivants lorsqu’elles sont ingérées. 


En France, depuis le 1er janvier 2018, la loi interdit l’usage des microbilles de plastique dans les produits cosmétiques rincés à usage d’exfoliation et de nettoyage. Donc dossier classé ? Pas vraiment. L’énoncé du texte vise clairement à restreindre le périmètre de l’interdiction afin de ménager les industriels. La Surfrider Foundation Europe et une trentaine d’autres ONG continuent donc de demander que tous les microplastiques ajoutés intentionnellement soient interdits.


D’ici-là, la vigilance reste donc de mise. L’initiative « beat the microbead » met des outils de recherche à disposition sur son site pour évaluer des produits et trouver des alternatives sans plastique. On y trouve également une liste des plastiques utilisés et une application téléchargeable.

  • Les huiles et cires minérales
     

Ce sont des mélanges complexes obtenus soit par raffinage de produits issus de la pétrochimie, soit par synthèse via des procédés de chimie organique. Les plus connues sont la paraffine et la vaseline. On les trouve notamment dans les baumes à lèvre, les soins hydratants et dans les soins démaquillants. Elles sont utilisées pour leur effet « film », comme adjuvant améliorant l’efficacité des substances actives ou comme agents de texture.


Sous cette dénomination, on retrouve des substances pouvant varier en composition et en qualité. En principe, le degré de raffinage des huiles utilisées en cosmétique doit permettre d’écarter le risque d’exposition à des composés toxiques. Mais des analyses menées sur des baumes à lèvres par l’UFC-Que choisir en 2017 avaient pu démontrer que ce n’était dans les faits pas toujours le cas. Enfin, on manque de recul quant aux effets à long terme de l’accumulation de ces substances dans l’organisme.
 

  • Les phtalates
     

Issus de l’industrie pétrochimique, ils sont notamment utilisés pour améliorer la tenue des vernis ou pour conférer un effet de brillance aux soins capillaires. Ils servent également à dénaturer l’alcool des parfums pour le rendre impropre à la consommation.
 

Les phtalates sont des perturbateurs endocriniens. Ils imitent la forme de certaines hormones humaines et peuvent de fait prendre leur place, ce qui peut engendrer des problèmes de fertilité et des troubles du développement (on parle alors de reprotoxicité). Les phtalates se dégradant relativement vite dans l’organisme ; c’est l’exposition chronique, via différents vecteurs, qui favorise leur bioaccumulation. De nombreux phtalates ont été interdits par l’Union européenne en 2013. Certains ont été classés comme cancérigènes. Les DEP (diéthylphtalates) qui font toujours l’objet d’études sont encore utilisés en costmétique.
 

  • Les silicones
     

Les silicones sont des composés inorganiques obtenus à partir de silicium, par une suite de procédés chimiques. Particulièrement présents dans les crèmes pour la peau et dans les soins capillaires, les silicones ont progressivement investi l’ensemble des segments cosmétiques. Ils servent notamment à améliorer la texture des crèmes, à créer des films secs ou à allonger la tenue des maquillages de longue durée.

Les silicones ont l’avantage d’être très stables et très peu réactifs. Cela les rend particulièrement peu toxiques pour les organismes vivants. En revanche, ils mettent beaucoup de temps à se dégrader dans l’environnement. De plus, certains de ces produits de dégradation intermédiaires sont des perturbateurs endocriniens, potentiellement reprotoxiques. Il y a donc des risques associés à leur accumulation dans les milieux aquatiques.
 

Plusieurs labels pour s'y retrouver
 

Plusieurs certifications, labels et mentions garantissent des produits dont les formules recourent au minimum aux substances de synthèse et qui excluent en tout état de cause totalement les composés précédemment cités. Au-delà de cet aspect précis, ils recouvrent différents degrés de spécifications et d’engagements visant à plus largement réduire l’empreinte environnementale de l’industrie cosmétique.

  • COSMOS Natural et COSMOS Organic


La certification COSMOS résulte de l’association de quatre organismes détenteurs de labels (l’allemand BDIH, le français Cosmebio, l’italien ICEA, et le britannique Association Soil) ainsi que d’un organisme certificateur (Écocert). Ils se sont accordés sur un cahier des charges commun : le référentiel COSMOS.
 

Il garantit l’origine naturelle des ingrédients utilisés dans les formules. Il précise les méthodes d’extraction et les cas de figure dans lesquels des ingrédients non naturels, dont une liste précise est établie, peuvent être utilisés « dans la mesure où il n’existe aucune alternative naturelle efficace susceptible d’assurer la sécurité des consommateurs ou l’efficacité du produit ».


Le référentiel COSMOS recouvre deux niveaux de certification : COSMOS Natural et COSMOS Organic. Par rapport au premier, le label COSMOS Organic ajoute des exigences en matière recours aux produits biologiques : 95 % des ingrédients d’origine agricole présents dans la formule doivent être certifiés bio et la part minimale de ces ingrédients bio dans le produit final doit s’élever à 10 ou 20 % selon le type de produit.

 

  • NATRUE
     

NATRUE est un label de certification développé à l’initiative de plusieurs entreprises du secteur des cosmétiques : Wala, Laverana, Weleda, Primavera, et CEP. Les critères exigés garantissent l’usage de substances d’origine naturelle, limitent le recours aux produits « dérivés naturels » pour certains produits (c’est-à-dire chimiquement modifiés) et posent des restrictions quant aux types de procédés utilisés pour leur obtention.


Les substances de synthèse sont rigoureusement exclues, à l’exception de certaines substances dites « nature-identiques ». Cela signifie qu’elles existent à l’identique dans la nature mais sont obtenues par synthèse. Elles peuvent être tolérées pour l’obtention de pigments et de conservateurs. Comme pour la certification COSMOS, le référentiel NATRUE se décompose en deux niveaux : cosmétiques naturels et biocosmétiques. Pour les biocosmétiques, 95 % des substances naturelles ou « dérivées naturelles » doivent provenir de l’agriculture biologique et/ou de la collecte sauvage (par exemple, la cueillette).

 

  • Nature et Progrès
     

Nature et Progrès propose une alternative aux mécanismes standards de certification, qui passent par des organismes certificateurs agréés. On parle ici de système participatif de garantie (SPG). C’est donc un réseau associatif, constitué en groupes locaux réunissant des producteurs et des consommateurs adhérents de l’association, qui attribue la « mention » et contrôle le respect des différents cahiers des charges. En plus de viser à la préservation de la biodiversité et des écosystèmes, la charte de l’association vise explicitement à favoriser l’autonomie économique des producteurs par des activités diversifiées, à taille humaine, fondées sur des circuits de proximité. 

Le cahier des charges dédié aux cosmétiques stipule que toutes les matières premières d’origine agricole doivent être sourcées au sein de la mention « Nature et Progrès » ou être certifiées bio à partir du moment où ces options sont disponibles sur le marché. Toutes les substances de synthèse sont exclues, à l’exception de trois conservateurs (l’acide benzoïque, l’acide sorbique, l’acide déhydroacétique et ses sels), avec des limites de doses.

 

  • Slow Cosmétique
     

Le label Slow Cosmétique a pour particularité de ne pas s’appliquer à des produits spécifiques. Il récompense des marques pour saluer l’ensemble de leur démarche. Pour autant, les formulations des produits sont prises en compte dans l’attribution du label. La charte du label énonce des principes directeurs sur lesquels une grille d’évaluation s'établit. En fonction du nombre de critères validés, la mention est attribuée ou non. Cette charte promeut une cosmétique « écologique » qui exclut les ingrédients issus de la chimie de synthèse et de la pétrochimie.

La certification bio des produits n’est pas indispensable mais favorise l’obtention du label. Dans tous les cas, la marque doit utiliser une majorité d’ingrédients certifiés bio dans ses formules. Par ailleurs, le label Slow Cosmétique tient compte de la gestion des effets du produit sur l’ensemble de son cycle de vie (circuits courts, réduction des déchets etc.), valorise les savoirs-faire artisanaux et consacre un volet important à la communication et au marketing de la marque afin d’inciter à sobriété.

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