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Arc France: Un éventuel repreneur, mais les craintes sur l’emploi subsistent
Tout faire pour sauver un maximum d’emplois ...
Alors qu’Arc France a été placée en redressement judiciaire le 7 janvier, des centaines de licenciements sont redoutés dans cette verrerie historique du Nord-Pas-De-Calais. Si un repreneur s’est déjà déclaré, la fédération de la chimie FO interpelle le ministère de l’Industrie pour sauver un maximum d’emplois dans cette entreprise renommée.
Un coup de massue en ce début d’année pour les salariés d’Arc France : le 7 janvier, ils ont appris que l’entreprise, qui emploie 4 000 personnes à Arques, dans le Nord-Pas-de-Calais, avait demandé sa mise en redressement judiciaire. Cette demande a été validée le même jour par le tribunal de commerce de Lille.
Cette verrerie bicentenaire, employant 5 700 salariés dans le monde, spécialiste des arts de la table et affichant une renommée internationale, produit des verres et des assiettes sous les marques Arcoroc, Luminarc ou encore Cristal d’Arques. Mais elle accumule les difficultés depuis une vingtaine d’années. Longtemps gérée par la famille Durand, fondatrice d’Arc, elle a été rachetée par le fonds d’investissement américain Peaked Hill Partners en 2015.
Le secteur de la verrerie ne pas bien. La concurrence de la vaisselle moins chère fabriquée en Chine est un problème pour cette entreprise. indique Joël Derremetz, responsable de la branche verre à la fédération de la chimie.
Mais pour cet ancien salarié d’Arc, qui connaît particulièrement bien l’entreprise pour y avoir été délégué pendant 25 ans, les salariés paient aussi pour des erreurs stratégiques. Le militant pointe ainsi les choix passés de la direction. Au lieu de moderniser l’usine, il y a vingt ans, le plus jeune des fils Durand, alors à la tête de l’entreprise, a fait le choix de racheter la chaîne de distribution Mikasa aux États-Unis pour avoir le contrôle de la distribution de verrerie. L’entreprise s’est alors lourdement endettée. Avec des conséquences sur l’emploi : en vingt ans, l’entreprise est passée de 12 000 à 4 000 salariés. Aujourd’hui, les salariés sont inquiets de ce redressement judiciaire. Lequel intervient après des années marquées par des plans sociaux souligne le militant, qui suit ce dossier de près.
L’État est intervenu plusieurs fois pour soutenir financièrement Arc, gros employeur dans le Nord-Pas-de-Calais. En avril dernier, un dernier plan de refinancement de 42 millions d’euros a été validé par la justice. L’État a de nouveau accordé à l’entreprise un prêt de 30 millions d’euros et renoncé à une partie de ses anciennes créances. Mais ce dernier plan de sauvetage n’aura pas suffi à éviter le placement en redressement judiciaire.
Un éventuel repreneur, mais les craintes sur l’emploi subsistent
Dès le 8 février, Thimotée Durand, petit-fils du fondateur d’Arc, a annoncé être candidat à la reprise d’Arc France. Une offre qualifiée de sérieuse par le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin. Thimotée Durand est quelqu’un qui a longtemps travaillé dans l’entreprise indique Joël Derremetz. Il faut toutefois attendre le détail de son projet de reprise pour voir s’il tient financièrement la route. Sur les neuf fours de l’usine, il a déjà dit vouloir en fermer un. Il y aura forcément des licenciements. Toute la question est de savoir combien s’inquiète Joël Derremetz. Les syndicats redoutent qu’au moins 500 postes soient supprimés.
Les candidats à la reprise ont jusqu’au 28 janvier pour déposer une offre au tribunal de commerce. Les juges devraient se prononcer le 3 février sur la cession de l’entreprise, selon la Voix du Nord. D’ici-là, la fédération de la chimie FO entend agir. Elle va demander un rendez-vous au ministre délégué à l’industrie au sujet d’Arc. Il faut absolument sauver un maximum d’emplois, et avoir des reclassements à la hauteur pour les salariés qui seront licenciés insiste le militant.