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17 / 05 / 2023 | 135 vues
Laurent Weber / Membre
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Semaine de 4 jours : manipulation et flop monumental !

Quand le gouvernement nous vend une semaine de 4 jours bien opportune.... La semaine de quatre jours a animé les débats, mais dans quel but ? Retour sur la tentative de diversion organisée par le gouvernement en plein conflit des retraites. 

 

Le 1er février 2023, au lendemain des premières journées de grève et des puissantes manifestations des 19 et 31 janvier pour exiger le retrait du projet de la réforme des retraites Macron-Borne, le journal patronal Les Echos publiait un article intitulé : « Le gouvernement expérimente la semaine de quatre jours dans la fonction publique (1) » . À sa suite, toute la presse s’emparait du sujet en publiant de nombreux articles faisant référence aux déclarations de Gabriel Attal, ministre délégué chargé des Comptes publics, qui annonce : « le lancement d’une expérimentation sur le bien-être au travail des agents de l’URSSAF de Picardie ». Ainsi, à en croire la presse, le ministre Gabriel Attal en charge des comptes de la nation se préoccuperait du « bien-être au travail » des salariés et particulièrement de ceux exerçant à l’URSSAF de Picardie.

 

Une fake news de plus sur le compte du gouvernement

 

En réalité, chacun l’a bien compris, ce n’est pas le « bien-être au travail » des salariés qui préoccupait le ministre Attal. Son souci était plutôt d’essayer de détourner l’attention des salariés de la réforme des retraites. C’est vraisemblablement pour répondre à cet objectif que cette opération médiatique autour de la semaine de quatre jours a été montée de toutes pièces. En effet, à lire la presse et à écouter les déclarations du ministre, on pouvait croire que le gouvernement venait d’avoir l’idée « géniale » d’expérimenter la semaine de quatre jours dans une URSSAF, en l’occurrence celle de Picardie. Tout cela est totalement faux, comme le dénonce le tract commun des organisations syndicales de l’URSSAF Picardie.

 

En vérité, le gouvernement n’est jamais intervenu, ni de près ni de loin, sur cette question. Il s’agit tout simplement du produit d’une négociation locale qui a abouti à un protocole d’accord signé par les organisations syndicales représentatives et la direction de cet organisme, donnant la possibilité aux agents de travailler 36 heures sur 4 jours.

 

Un flou, un flop, un flag

 

De plus, ce qui nous était présenté comme un « scoop » remontait, en fait, au mois d’octobre 2022, c’est-à-dire à la date à laquelle le protocole a été signé par les organisations syndicales. Il apparaît ainsi très clairement que le gouvernement, par la voix du ministre chargé des Comptes publics, a utilisé une négociation locale d’un organisme de Sécurité sociale, remontant à quatre mois en arrière, pour tenter d’en faire une annonce gouvernementale afin de détourner l’attention des salariés. Cette opération a fait un flop.

 

Non seulement le ministre Attal n’a pas réussi son opération de diversion mais, en plus, cette annonce, en dépit de la publicité qui lui a été faite, n’a pas suscité un grand enthousiasme de la part des agents de l’URSSAF de Picardie. En effet, à ce jour seuls trois salariés, sur les trois cents que compte l’organisme, ont opté pour la semaine des quatre jours ! Tous les agents ont bien compris que travailler neuf heures par jour, c’est encore plus de contraintes et de fatigue.

 

Le véritable bien-être au travail, ce sont les salaires et des postes suffisants Si le ministre délégué en charge des Comptes publics se soucie tant du « bien être au travail » des agents de la Sécurité sociale, qu’il commence, avec les autres ministres qui exercent la Tutelle de la Sécurité sociale, par autoriser les augmentations de salaire au moins à la hauteur de l’inflation et par décréter l’arrêt des suppressions de postes dans les organismes.

 

Notre syndicat  est persuadé que ces deux mesures contribueraient grandement à améliorer le « bien-être au travail » des employés et cadres de la Sécurité sociale mais aussi le service rendu aux assurés sociaux et aux allocataires

 

(1) Rappelons, au passage, que les agents des URSSAF, comme l’ensemble des agents de Sécurité sociale, ne sont pas des fonctionnaires mais des agents de droit privé.

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