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19 / 08 / 2019 | 65 vues
Alain Arnaud / Abonné
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CIRIEC : retour aux sources

Fournir des informations scientifiques au niveau international sur les expériences d’économie collective menées dans divers pays après la Seconde Guerre Mondiale, encourager la coopération entre ces différentes expériences, poursuivre des objectifs coordonnés en vue d’aider « une humanité plus consciente à devenir de plus en plus maîtresse de ses destinées, dans le respect intégral des libertés et des droits de la personne humaine et dans la paix » était le programme ambitieux qu’Edgar Milhaud (collaborateur de Jean Jaurès, proche de Léon Blum, de Vincent Auriol et d'Albert Thomas) voulait poursuivre en fondant le CIRIEC en 1947.
 

Le CIRIEC a vu le jour le 12 février de cette même année en Suisse, avec le soutien de hautes personnalités des mondes politique, scientifique, syndical et coopératif, parmi lesquelles les Français Édouard Herriot, Léon Blum, Paul Ramadier, Albert Thomas, Léon Jouhaux, Gabriel Ventéjol, François Perroux et Ernest Labrouste, aux côtés de bien d’autres personnalités internationales, notamment suisses et belges. En 1953, à Genève, lors de son premier congrès sur l’économie collective, organisé fort opportunément la veille d’une assemblée générale de l’Organisation Internationale du Travail, le CIRIEC a acquis sa reconnaissance internationale.
 

Soixante-six ans après, le CIRIEC était de nouveau présent à Genève, lors d'une conférence internationale organisée fin juin par l’UNSRID et l’UNTFSSE, dans le cadre du centenaire de l’OIT. C’est en quelque sorte un retour aux sources pour le CIRIEC. Associé à l’Alliance Coopérative Internationale et à ESS Forum-International, le CIRIEC a ainsi pu, dans une session spéciale de la conférence, réaffirmer sa vocation d’organisation scientifique internationale de recherche sur les formes d’économies contribuant à l’intérêt général, aux objectifs de développement durable et à la paix.
 

Dans ce passage de l’ancien monde à un nouveau monde comme le disent certains, avec la transformation numérique modifiant profondément nos sociétés, tel un tsunami, nous devons avoir conscience qu’un avenir meilleur passe par des modèles économiques qui organisent le partage de la création de valeur, la solidarité et non le chacun pour soi, qui respectent les Droits de l’Homme et les droits sociaux et qui préservent les biens communs et l’environnement. Il est devenu urgent de mettre en évidence les dégâts que cause un système économique mondial qui certes crée des progrès faramineux et des richesses mais génère de plus en plus d’inégalités et asservit les individus voire les États. Face aux dérives de cette mondialisation mal maîtrisée et aux inégalités que celles-ci génèrent, l’économie sociale et solidaire est une opportunité majeure d’évolution du système économique global, pour moins d’inégalités, plus de démocratie et pour finalement être le modèle d’un système économique tourné vers la satisfaction des besoins réels et non des besoins artificiels suscités par les géants du commerce international.
 

Mais pour y parvenir, il nous faut tous nous mobiliser, partout dans le monde, pour organiser un vrai rapport de force afin de promouvoir cette économie d’intérêt général qui doit contribuer à redonner un sens plus humain, plus social et plus solidaire à nos sociétés, en s’appuyant sur les valeurs universelles de démocratie, de solidarité et de responsabilité garantes d’un meilleur « vivre ensemble ».
 

Du reste, ce sont là les valeurs fondamentales de l’Organisation des Nations-Unies et il est plus que jamais nécessaire de les porter avec force.

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