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25 / 02 / 2019 | 9 vues
Cgt Macif Idf / Membre
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Manifestation réussie : une centaines de salariés devant le siège de la Macif à Paris

Une commission paritaire était organisée au siège de la Macif à Pernet le 22 février dernier. Plus d'une centaine de salariés venus de la France entière se sont rassemblés à l'extérieur du siège pour manifester leur ras-le-bol et dénoncer la dégradation des conditions de travail dans tous les services de l'entreprise. Les manifestants ont pu lire des témoignages de salariés en souffrance et ont affiché des murs de revendications sur la devanture.

Une déclaration a été lue conjointement par les élus CGT à l'intérieur et par les manifestants à l'extérieur. Plus que jamais, la lutte doit se poursuivre. À noter que des salariés se sont également mis en grève partout en France et que beaucoup soutiennaient ce mouvement.
 
Déclaration de la CGT
 
Cette réunion du 22 février a été gagnée par les salariés en grève les 28 et 30 janvier et par tous ceux qui se mobilisent depuis des mois (parfois des années) pour qu’un tabou soit levé dans cette entreprise : celui des mauvaises conditions de travail au sein du groupe Macif. Pour que cesse le déni systématique dans lequel la direction s’enferme dès que la CGT s’alarme de la souffrance au travail. Force est de constater que c’est de plus en plus fréquent.

Des salariés de tous les pôles se sont déplacés aujourd’hui pour exprimer leur ras-le-bol et l’impérieuse nécessité qu’il y a à regarder l’état de l’entreprise sur le plan humain en face.

L’idée de ce rassemblement émane des 700 salariés réunis au francilien le 28 janvier et fait écho à la CGT et à FO. Ces salariés et tous les autres réclament des réponses dignes et
pas un ripolinage de solutions illusoires.
 
Dans un conflit, il y a d’abord les causes immédiates. En l’occurrence, ce sont les augmentations octroyées aux dirigeants de l’entreprise (62,5 % pour le président et 10 % pour les administrateurs mais la techno-structure n’est pas en reste puisque le directeur général lui-même a bénéficié en trois ans d’une augmentation de 61 % et il n'a pas été le seul) qui ont mis le feu aux poudres ainsi que la réponse du président à l’article du Canard Enchaîné et dont les salariés nous parlent encore.
 
Comme les salariés, la CGT commente les décisions du conseil d’administration et déclare avec eux que celle-ci est inacceptable. S’il n’y a pas d’argent pour les salariés, alors il n’y en a pour personne. Nous demandons qu’ils renoncent aux augmentations.
 
Dans un conflit, il y a aussi les causes profondes. Elles sont ancrées dans les stratégies de l’entreprise déployées depuis des années de sorte que, d’une manière générale, les orientations et les décisions ont deux effets : des augmentations et des promotions pour les décideurs et la dégringolade et la fermeture de services pour les autres. Ainsi, pendant que les salaires d’entrée des salariés sous statut diminuent en moyenne de 4,5 %, ceux des dirigeants augmentent grassement, pendant qu’un directeur de pôle est promu directeur général adjoint, les conseillers de niveau 4A sont promis à une chute en 3B et les exemples peuvent ainsi se multiplier à l’envi.
 
En réalité, le salarié n’est qu’une variable d’ajustement, une ressource inerte que l’on doit pouvoir déplacer comme un stylo, le tout sur fond de pression et de peur. À la Macif, la dictature du chiffre et celle de la compétition dévastent tout sur leur passage. La moindre considération humaine est évaluée à l’aune du coût en espèces sonnantes et trébuchantes, jamais à l’aune du coût en santé ou en vie humaine.
 
Pour couronner le tout, cela ne doit ni se dire, ni se voir. Que les salariés se taisent ! On ne veut rien entendre et celui qui ose émettre un début de critique ou même une simple interrogation est voué aux gémonies. Ce n’est pas une métaphore mais la réalité quand, par exemple, les conseillers d’une agence expliquent leur souffrance en disant : « on se sent oppressé et surveillé en permanence, la réponse est : bah, c’est normal, avec vos résultats comment voulez vous qu’il en soit autrement ? ».

La direction comprend t-elle ce que l’on veut dire ?
 
En fait, il est tout à fait logique de chercher à faire taire les gens car aucun argument loyal et sincère ne peut justifier ce qui se passe. Il faut donc l’imposer.
 
Le seul problème est que ça ne marche pas. La chape de plomb n’est jamais complètement calée et elle se soulève souvent. C’est le cas aujourd’hui où l’exaspération déborde, pour une raison bien simple : la situation n’est plus tenable. Que ce soit pour les téléconseillers qui doivent prendre 7 ou 8 appels à l’heure et qui sont menacés de travailler jusqu’à 20h00, pour les gestionnaires pour lesquels poser des congés relève du chemin de croix, pour les conseillers que l’on promène à hue et à dia grâce à un NMS bien ficelé pour donner tout pouvoir à l’employeur, pour les supports qui en sont à devoir pleurer pour obtenir un ordinateur portable avec une batterie et des ports USB en état. Sans parler des CDD dont  chacun sait qu’ils sont indispensables et que la Macif doit les embaucher, de l’impossibilité de poser une journée isolée, ce qui a des conséquences insensées sur la vie privée des gens et du « benchmark » qui revient en force. 

Ceci n’est que la partie visible de l’iceberg, tant les problèmes sont si nombreux et si profonds : ils touchent un si vaste périmètre de services qu’il faudra inévitablement des réponses.
 
Ne vous y trompez pas, ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une turbulence. C’est très sérieux. Les niveaux de la souffrance et du sentiment d’injustice sont très élevés. Que l’employeur s’approprie enfin le rapport d’expertise du cabinet Sextant qu’il a en sa possession depuis plus de six mois. Qu’il s’approprie les interpellations des élus du personnel, DP, CE et du CHSCT. Que l’un et l’autre soient le fil rouge des discussions que nous allons avoir parce qu’ils sont l’honnête écho de ce que les salariés nous disent depuis si longtemps.
 
L’urgence est très forte et le cahier de revendications très épais. Or, il n’est pas envisageable de traîner ce sujet encore des mois. Aujourd’hui, la CGT porte les revendications des salariés, mais aussi leurs réponses et leurs solutions. Qu’elles soient prises en compte dans le cadre d’un calendrier qui n’aille pas au-delà de fin avril.

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