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07 / 07 / 2026 | 9 vues
Jean Michel Keravel / Abonné
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AFD : sauver les missions, défendre les emplois !

L’Agence Française de Développement (AFD) est une institution publique française qui met en œuvre la politique de développement et de solidarité internationale de la France. Créée à Londres en 1941 par le Général De Gaulle, elle agit aujourd’hui dans plus de 100 pays ainsi que dans les territoires d’Outre-mer en partenariat avec des acteurs locaux et internationaux. C’est à la fois un EPIC et une Société de Financement, une banque en quelque sorte.

 

Ses missions principales sont :

 

  • Combattre la pauvreté et favoriser le développement durable dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Financer des projets au moyen de subventions, prêts ou fonds de garantie.
  • Accompagner les transitions vers un monde plus juste et durable, en lien avec les Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU et l’Accord de Paris sur le climat.
  • Soutenir la croissance économique et améliorer les conditions de vie des populations locales.

 

L’AFD dispose d’un réseau de 85 agences réparties sur les cinq continents et les trois océans.

 

Elle travaille en étroite collaboration avec le gouvernement français, les collectivités locales, les organisations de la société civile (OSC / ONG) et les acteurs privés. Elle est placée sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l’Économie et des Finances. Le modèle de financement de l’agence était un mix entre subventions de l’État et emprunts sur les marchés financiers.

 

Pour répondre à ses engagements en matière de solidarité internationale de climat et plus généralement d’objectifs de développement durable (ODD), la France a confié à l’AFD dans les années 2010, beaucoup plus de ressources financières (dons, subventions, bonifications de prêts), Vie des syndicats et lui a demandé de développer parallèlement son offre de prêts tant dans de nouvelles géographies (Amérique latine, Europe de l’Est) que dans de nouveaux secteurs d’activité (sport, art, etc…) L’AFD a tenu les objectifs ambitieux qui lui ont été fixés durant cette période.


Elle a donc doublé ses engagements, les portant à près de 14 milliards par an, en performant sur les objectifs de bénéfices Climat et de réduction des inégalités de Genre.

Elle a également massivement recruté.

 

Son encours et son résultat net ont également doublé.

 

Sa filiale Proparco (financements solidaires pour le secteur privé) s’est également fortement développée, et la filialisation d’Expertise France, spécialisée dans la coopération technique internationale (Conception et mise en œuvre de projets, Renforcement des capacités, Ensemblier en coordonnant des projets complexes), est venue enrichir son offre.


Le Groupe se portait donc très bien, avec une mission clairement définie, et ses financements à l’unisson. Mais c’était sans compter sur le renoncement de la France à respecter ses engagements internationaux, et sa situation politique et économique.


De ce fait, l’AFD fait face depuis 2 ans à des tensions sur les marchés financiers et la dégradation tendancielle de la situation budgétaire de la France, qui induit une augmentation du coût de refinancement de l’AFD ainsi qu’à la baisse des moyens budgétaires dont l’Etat confie la gestion à l’AFD, engagée en 2024, et dont il est prévu dans le projet de loi de finances pour 2026 qu’elle se poursuive.

 

Ainsi, entre 2019 et 2026, les autorisations d’engagement allouées via le programme 209 (dons et subventions), sont passées de 1,5Mds€ à 285M€, soit une baisse de 80%, et les autorisations d’engagement allouées via le programme 110 (bonifications de prêts) ont baissé d’1,7Mds€ en 2023 à 650M€ en 2026, soit une baisse de 62%.

 

Cela a entraîné pour l’entreprise une chute immédiate de certains de ses revenus, et une baisse dans le temps de l’ensemble de ceux-ci. Les charges croissent plus rapidement que les produits. En conséquence, le produit net bancaire (PNB) et les bénéfices sont amenés à se contracter.

 

Dans le même temps, suite à la fermeture de l’Agence américaine d’aide (USAID) par l’administration Trump, l‘AFD a été attaquée par les partis politiques d’extrême droite et leurs médias, qui entretenant la confusion entre dons et prêts, ont laissé à penser que l’Agence dilapidait l’argent du contribuable pour des projets douteux.


L’agence s’est défendue pied à pied, et les organisations syndicales, y ont pris toute leur part.


Enfin, l’Agence a été traversée ces dernières années par une forte crise de risques psychosociaux allant jusqu’au suicide d’un collègue reconnu comme accident du travail par la Sécurité sociale, et de nombreux collègues en arrêts longs ou qui ne sont jamais revenus.

 

Un baromètre social commandé en 2023 a révélé un mal-être généralisé, élevé et inquiétant.

 

C’est dans ce contexte que la direction a décidé d’un plan d’économie en 2 phases.
 

  • Une première phase dans l’urgence pour 2026, avec des réductions de dépenses dans toute l’agence (missions, consultance, représentation, intérim, CDD pour accroissement temporaire d’activité, non renouvellement des départs de CDI, etc).
  • Une deuxième phase suivra, plus élaborée nous dit-on, prenant en considération les secteurs où la baisse d’activité justifie de réduire la voilure (principalement hélas en réduisant les effectifs). 100 millions d’€ d’économies sont attendues sur l’ensemble de ces 2 phases.

 

La deuxième phase se veut collaborative selon la direction générale, mais dans les faits, toutes les directions exécutives ne mettent pas en place cette collaboration, et l’exercice s’est beaucoup fait « en chambre » .

 

La charrue précède de loin les bœufs puisque des scénarii de coupes (budgétaires, consultances et RH) sont déjà évoquées voire mis en œuvre sans même qu’une vision, ou ne serait-ce même que des esquisses de l’activité future aient été posées, l’annonce d’une approche avec plusieurs facteurs d’analyse s’avère finalement purement incantatoire, et dissimule mal la vérité nue : c’est le règne du tableau Excel sonnant et trébuchant. 

 

Avant de poser des éléments chiffrés, notre  syndicat  estime qu’il serait plus judicieux de s’interroger sur les activités les plus à risque et pourquoi, ce que cela questionne sur nos mandats, lesquels on veut protéger, lesquels on ne pourra pas, ce que cela implique pour notre mission et pour les salariés, les convictions sur lesquelles on veut COLLECTIVEMENT se battre ou pas, nos lignes rouges. Le tout alors que la Direction Générale refuse d’inclure dans ces beaux calculs la réalité d’une AFD qui résiste mieux que prévu aux chocs exogènes, et dont il pourrait être opportun de réinterroger le niveau d’effort à faire et son lissage.

FO, qui reste le syndicat le plus représentatif au niveau du Groupe AFD, est présent pour défendre les intérêts collectifs et individuels des salariés, et les accompagne au quotidien dans ces moments difficiles.

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