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22 / 05 / 2024 | 543 vues
Hélène Marcy / Membre
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1200 salariés interpellent Amundi sur l’impact climatique de leur épargne salariale

En pleine saison des assemblées générales,  1200 salariés d'Alstom, Orange, Ubisoft et vingt autres entreprises, alertent sur l'inaction de leur gestionnaire d'actifs face aux préoccupations environnementales de ses clients. Ils dénoncent les investissements néfastes pour le climat réalisés avec leur épargne salariale et sont prêts à se mobiliser dans leurs entreprises pour changer de gestionnaire d’épargne salariale. 
 

Malgré plusieurs mois de mobilisation au sein de leurs entreprises et une lettre collective envoyée par 1200 salariés début avril 2024, alertant sur les investissements faits avec leur épargne salariale au détriment du climat, aucun engagement n’a été pris par Amundi. Cette mobilisation inédite intersyndicale et inter-entreprises appelle le plus grand gestionnaire d’épargne salariale en France, filiale du groupe Crédit Agricole, à : 
 

  • ne plus réaliser d'investissement dans des entreprises développant de nouveaux projets d'extraction fossile, sachant que les infrastructures fossiles existantes nous amènent déjà sur une trajectoire de réchauffement supérieure à 1,5°C ;
  • sanctionner les stratégies climaticides de trois entreprises européennes au premier plan de l'expansion fossile - TotalEnergies, BP et Shell - en votant contre le renouvellement de leurs administrateurs et leurs plans climat lors de leurs assemblées générales. 
     

Selon Ouahcène Ourahmoune, co-fondateur du Collectif « Planet-A » au sein d’Alstom : "Nos demandes sont ambitieuses, mais réalistes. Nous n’appelons pas Amundi à se retirer de tous les actifs financiers qu’il détient dans ces entreprises climaticides, mais bien à utiliser les leviers à sa disposition pour freiner l’expansion fossile. Si Amundi continue d’ignorer nos demandes, nous n’hésiterons pas à nous mobiliser dans nos entreprises lorsqu’il s’agira du renouvellement d’Amundi comme gestionnaire d’épargne salariale afin de s’y opposer.
 

Si Amundi a répondu à la lettre des 1200 salariés, le gestionnaire n’a apporté aucune réponse aux demandes adressées. Amundi se prétend tenu de soutenir financièrement la transition du tissu économique français et européen et vote “contre les stratégies n’étant pas au minimum cohérentes avec la trajectoire de réchauffement définie par l’Accord de Paris”. Or les actes manquent à l’appel : Amundi a voté pour la stratégie climatique de TotalEnergies en 2023, l'entreprise privée qui prévoit  le plus de nouveaux projets de pétrole et de gaz dans le monde. Par ailleurs, Amundi investit plus de 9 fonds d'épargne salariale sur 10 dans des entreprises qui développent de nouveaux projets fossiles, selon le dernier rapport de l’ONG Reclaim Finance. C'est notamment le cas de TotalEnergies, dont Amundi détient un nombre significatif d’actions à travers l’épargne des salariés.
 

Pour Hélène Marcy, Déléguée syndicale CFE-CGC chez Orange : Nos avoirs bancaires et notre épargne ont une empreinte carbone significative, qui peut s’avérer très supérieure à celle générée par nos modes de vie (alimentation, transports, consommation...), notamment lorsqu’elle continue de financer l’expansion des énergies fossiles. Par ailleurs, nos entreprises sont, elles aussi, engagées pour la transition et s’efforcent de réduire leurs impacts négatifs sur l’environnement tout en continuant à proposer aux salariés,  souvent inconsciemment, des fonds qui aggravent le dérèglement climatique.”
 

Pour Pierre-Etienne Marx, Elu CSE du Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo  chez Ubisoft : Les travailleuses et travailleurs sont de plus en plus encouragé·e·s à investir leurs primes de participation ou de performance dans des fonds d’épargne salariale. Cela profite surtout aux gestionnaires d’actifs qui gèrent ces fonds. En conséquence, nous perdons le contrôle sur la nature des placements effectués avec notre argent et sur les objectifs de ces investissements. Une première étape serait de donner aux salarié·e·s un pouvoir de décision sur les impacts écologiques de leur épargne salariale."
 

Pour les salariés signataires, il s’agit de ne plus être des épargnants passifs vis-à-vis d'enjeux qui les concernent, de faire connaître leurs attentes afin qu’elles soient prises en compte par leur gestionnaire d’épargne salariale, et de questionner les partenariats de leurs entreprises avec ceux qui poursuivent dans leur gestion d’actifs le « business as usual » aux impacts délétères pour notre planète, ses habitants, et à terme sur toutes les activités humaines.
 

Pour Alexandre Dumange, Représentant Syndical Printemps Écologique chez Ubisoft :  "Si notre épargne salariale a aujourd'hui un impact environnemental néfaste, nous savons également qu'elle est un levier de transformation des entreprises et de l'économie si elle est utilisée pour financer des projets pertinents au regard d’un développement réellement durable.”
 

À la veille de son assemblée générale, les 1200 salariés appellent une nouvelle fois Amundi à rendre l’épargne salariale plus transparente, à voter lors des assemblées générales en tenant compte des préoccupations des salariés - celle de TotalEnergies ayant lieu le 24 mai - et à proposer des fonds alignés avec les attentes des salariés pour financer réellement la transition écologique et sociale.    

 

Organisations signataires

CFE-CGC (Orange)
Collectif Planet-A (Alstom)
Printemps écologique (Ubisoft, Orange)
Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo (Ubisoft)

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