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09 / 03 / 2015 | 4 vues
Jean Le Garec / Membre
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États généraux du « burn-out » le 11 mars

Par l’intense mobilisation qu’ils suscitent, les états généraux de l'épuisement professionnel démontrent l’urgence d’une rénovation du système de reconnaissance des maladies professionnelles.

Le Ministère du Travail a mis en œuvre il y a plusieurs mois un groupe de réflexion pour mieux cerner les facteurs professionnels à l’origine de cette montée en puissance de l’épuisement dû au sur-engagement au travail. Dans son étude quantitative et qualitative de janvier 2014, le cabinet d’experts Technologia mettait en évidence qu’environ 3 millions d’actifs étaient
exposés à un risque élevé d’épuisement professionnel (SEP) communément appelé « burn-out ». Le rapport du Ministère du Travail devrait être publié prochainement. Saluons l’initiative qui devrait renforcer les indicateurs et repères, voire les préconisations en vue d’une prévention plus active de ce fléau. En cela l’initiative en elle-même montre bien, en creux, que le syndrome d’épuisement professionnel ne relève pas de la simple trajectoire ou logique individuelle de personnes vulnérables. De plus, ce phénomène n’est pas une problématique isolée, comme certains ont tenté de le faire croire.

Plus de 500 personnes sont déjà inscrites pour participer aux états généraux du « burn-out » le 11 mars 2015, salle Olympe de Gouges, 15, rue Merlin, 75011 Paris, près de la mairie du XIème arrondissement. Cette mobilisation rapide en moins de quatre semaines, depuis que nous avons lancé l’invitation, démontre si besoin était à la fois la profondeur du mal et les attentes en direction des pouvoirs publics.

Découvrez le programme complet des états généraux
De 17h00 à 21h30 - M° Père Lachaise / Voltaire
Inscrivez-vous au plus vite : cercleramadier@orange.fr avec les indications
suivantes : nom, prénom, courriel et téléphone.

Le 11 mars, des centaines de personnes viendront témoigner et « crier à la face de tous », comme nous l’écrivait une victime, leur vécu professionnel. En vue de cette manifestation, le Cercle Ramadier a déjà reçu des dizaines de courriels relatant le chemin de croix de ceux qui sont laissés pour compte après avoir « tout donné » dans le cadre de leur travail.

  • Aussi, à la suite de cette manifestation et de la collecte de toutes ces moments de vie, le Cercle Ramadier a décidé de publier « les cahiers noirs du « burn-out » ».

Une fois publiés, ces cahiers permettront que la vérité soit dite. Cette vérité sera aussi portée à la connaissance de la Présidence de la République, du Premier Ministre, du Ministère de la Santé, du Ministère du Travail et bien sûr des membres des trois assemblées à savoir les parlementaires : députés et sénateurs mais aussi les membres du Conseil économique social et environnemental (CESE).

Le cercle Ramadier en ma personne (je m’y engage étant donné l’urgence) saisira l’ensemble de ces institutions pour les informer d’une réalité qu’ils connaissent déjà mais qu'ils minimisent peut-être encore. Ainsi, en dépit de cette urgence, le Ministère du Travail a décidé de ne pas aborder dans le groupe de travail sur la prévention de l'épuisement professionnel, la nécessité de la création de nouveaux tableaux de maladies professionnelles, comme des milliers de personnes le réclament pourtant aujourd’hui depuis de nombreux mois.

Est-il normal qu’aucun débat public dans le cadre institutionnel n’émerge sur cette question ? Est-il normal que les pouvoirs publics restent autistes au mal-être de nos concitoyens sur cette dimension pourtant centrale en matière de qualité de vie au travail ? Est-il normal que les élites soient à ce point coupés de la Nation et de notre peuple, qu’elles ne puissent se saisir de cette interpellation ? Plus généralement, est-il normal que la dimension du travail soit absente des débats politiques et audiovisuels ? Au-delà de la petite politique, comment progresser et redresser si ce débat central n’a pas lieu dans notre société ?

Cela alors que l’appel pour la reconnaissance de l'épuisement professionnel au tableau des maladies professionnelles, lancé en janvier 2014 par le cabinet des experts Technologia réunit aujourd’hui près de 10 000 signataires avec le soutien de grandes centrales syndicales et de nombreuses personnalités. Cela alors que l’appel du collectif des médecins du travail de Touraine réunit plus de 1 000 soutiens. Cela alors que les sénateurs socialistes ont déposé l’été dernier une résolution allant dans le même sens ! Cela alors que 30 députes chevènementistes et socialistes ont, à leur tour, lancé il y a peu un appel pour légiférer sur cette question ?

Comme l’écrivait un grand ancien, disparu il y a peu mais dont la voix porte encore « indignez-vous ! ». À mon âge, ayant connu tant de responsabilités, il me semble que cette cause est fondamentale et porte mon indignation.

Le chômage est un fléau pour notre société, pour notre jeunesse, pour l’avenir de notre peuple. Seule une restauration réelle et rapide de la qualité de vie au travail est de nature à favoriser une création d’emploi massive.

Les entreprises qui portent cette création sont celles qui sont respectueuses de leurs salariés et de leur équilibre santé. Voilà pourquoi la reconnaissance de ces pathologies au tableau des maladies professionnelles n’est en rien contradictoire aux performances économiques.

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