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26 / 10 / 2026 | 23 vues
Jean Claude Mailly / Abonné
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Relever le gant !!

L’histoire nous apprend que les hégémonies, qu’elles soient coloniales ou dominatrices, finissent souvent en décadence. Ainsi, première puissance mondiale aux 17ème et 18ème siècle, la France fut détrônée par l’Angleterre au 19ème elle-même remplacée par les Etats Unis au 20ème siècle. Certes ces évolutions se font progressivement avec alternance de pauses et d’accélérations.

 

Où en est-on aujourd’hui ? Comme toujours les évolutions ne sont pas mécaniques mais dépendent des contextes nationaux et mondiaux, des régimes, des pouvoirs et des individus.

 

Deux éléments majeurs sont intervenus dans les années 80 du siècle dernier. Le premier est la mise en place d’une politique économique néolibérale, prônée par l’école de Chicago et Milton Friedman, conduisant à privilégier les actionnaires au détriment des autres intervenants. Privatisation, dérèglementation et libéralisation étaient mises en œuvre, conduisant notamment à l’accroissement des inégalités au travers de ce que l’on a appelé la financiarisation de l’économie.

 

D’abord aux Etats Unis sous Reagan puis en Angleterre sous Thatcher, la vague a recouvert tous les pays occidentaux. Le deuxième élément est la fin de l’URSS avec l’indépendance de nombre de ses pays satellites et, in fine, le maintien d’un régime totalitaire et accusé de corruption en Russie. Du côtéoccidental, les tenants du capitalisme ont considéré,qu’avec la fin du communisme,seul leur système était viable (oubliant au passage la Chine).
 

Le néolibéralisme s’est envolé, la dérégulation s’est amplifiée conduisant à la crise financière de 2007/2008. Cesannées 90/2000 furent louées comme étant celles de la mondialisation dite « heureuse » avec l’entrée de la Chine à l’OMC...
 

L’occident allait avoir les idées et promouvoir les innovations. Les usines seront ailleurs. La Chine a su profiter de son entrée à l’OMC et, tirant les conclusions de l’effondrement de l’URSS, a mis en place le capitalisme en se gardant bien de démocratiser la vie politique et sociale. De fait le capitalisme n’implique pas la démocratie : le capitalisme est un système économique, la démocratie un régime politique.

 

En occident, quand l’argent et les profits devinrent prioritaires, l’aveuglement et la naïveté ont tenu une place importante.  La loi du marché devenait la règle, le court terme effaçait le moyen et long terme.

 

En France, les effets du néolibéralisme ont été plus violents qu’ailleurs, quelles que soient les majorités politiques au pouvoir. Historiquement la centralisation et l’autorité y ont tenu une place importante. Le rôle de l’Etat était essentiel en matière de planification, de grands projets, de système social, de redistribution, de services publics.

 

Tous ces atouts ont été percutés par le néolibéralisme et par une construction de l’Europe, elle aussi néolibérale. Résultat : désindustrialisation, décentralisation inaboutie, oubli que pour redistribuer il faut produire. On est passé d’un Etat visionnaire et organisateur à un Etat normalisateur et subissant la loi du court terme.

 

Qu’en est-il des Etats Unis ?

 

Première économie mondiale du 20ème siècle les Etats Unis ont imposé leur puissance. Abandon de l’étalon or en 1971, création des petrodollars comme monnaie de transaction internationale et -ce qui est le plus révélateur-clauses d’extraterritorialité constituent ces signes de puissance dominatrice. Parallèlement se sont constitués, en réaction, le mouvement des non-alignés puis les BRICS, un ensemble de pays divers (ce qui donne de fait un poids important à la Chine) avec comme objectif affiché la dédollarisation.

 

Avec Donald Trump on est à l’acmée du comportement des USA. Absence de réflexion et de vision géopolitique, tout semble guidé par les perspectives de profit à court terme ; On bombarde l’Iran parce que les BRICS contrôlent le détroit d’Ormuz et à la demande de Netanyahu, on intervient au Venezuela d’abord pour le pétrole, on veut le Groenland pour les richesses du sous-sol et  on laisse tomber l’Ukraine pour du business rentable avec la Russie…

 

La présidence de Donald Trump est catastrophique pour la situation internationale : là où un renforcement des liens entre démocraties occidentales serait nécessaire, Donald Trump apparait comme un fossoyeur de la démocratie. De son côté le régime totalitaire chinois mène pour l’instant sa barque et entraîne ses paysfollowers .

 

Rien n’est inéluctable et le peuple américain peut changer les choses pour que le slogan Make America Great Again devienne Make Democracy Great Again !

 

Et surtout il est indispensable que L’Union Européenne prenne le taureau par les cornes, qu’elle s’affirme comme une puissance, qu’elle sache se protéger, qu’elle se coordonne étroitement. A ses débuts l’Europe s’est construite aussi selon la volonté des Etats unis qui n’ont jamais voulu d’une Europe puissante mais d’un marché à leur convenance.

 

Ce schéma prend l’eau.
 

L’Europe doit d’urgence continuer à se réformer et s’émanciper comme une troisième voie entre les Etats unis et la Chine, celle de la liberté, du progrès et de la démocratie.

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