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15 / 05 / 2023 | 160 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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« Le mutualisme, c’est tout le contraire de décisions à courte vue et notre raison d’être est une vraie boussole pour les 6 500 collaborateurs » - Groupe Matmut

Dans le prolongement de la conférence de presse qu'ils ont pu tenir récemment, Nicolas Gomart, Directeur Général Groupe Matmut et Christophe Bourret, Président du Groupe, ont bien voulu  répondre à mes questions et nous faire part de leurs réflexions dans le contexte assurantiel du moment .....

 

Le Groupe Matmut a dévoilé ses résultats 2022 le 18 avril dernier. A-t-il bien résisté, dans un contexte général très chahuté ?

 

Nicolas Gomart : Le Groupe a fait mieux que résisté. Vous avez raison de souligner le contexte général, qui a bouleversé l’environnement assurantiel – sinistralité climatique d’une intensité inédite depuis 1999, tendance inflationniste renforcée par le conflit en Ukraine, pour s’établir à un niveau record - et c’est précisément dans de telles périodes que l’on mesure la résilience de notre modèle mutualiste et son attrait pour les consommateurs. Nous comptons, à fin 2022, 60 000 sociétaires supplémentaires et 110 000 contrats gérés en plus, par rapport à l’année précédente.


Nous avons progressé sur l’ensemble des métiers – assurance dommages, assurance santé, épargne et prévoyance - avec un chiffre d’affaires en hausse de 3,1%, à 2,5 milliards d’euros.

 

Christophe Bourret : Une année comme celle vécue en 2022 donne finalement tout son sens aux travaux que nous avons récemment menés pour formaliser la Raison d’être du groupe. Pour mémoire, cette Raison d’être est tout sauf un gadget de communication ou un outil commercial. C’est une vraie boussole pour l’entreprise et ses 6 500 collaborateurs. Il est question, dans sa formulation, « de raison d’agir au quotidien ». Et une chose est sûre, l’action a bien été au rendez-vous sur l’année écoulée, j’en veux pour preuve le très fort taux de redistribution des cotisations aux sociétaires, avec un ratio charges de sinistres sur cotisations de près de 94 %. L’intensité des événements climatiques a fait de nombreuses victimes parmi nos sociétaires et les équipes Matmut ont été au rendez-vous.

 

Le Groupe Matmut a une taille dite « intermédiaire » ? Est-ce un atout à une époque où les crises, de diverses natures, se succèdent ?

 

NG : C’est en effet une force. Le chemin qu’emprunte le groupe est celui d’une entreprise fortement attachée à sa souveraineté, son indépendance et son ADN. Ces éléments, alliés aux fondamentaux économiques et financiers solides – à fin 2022, des fonds propres en hausse de 2,4 %, pour atteindre 1 980 millions d’euros et un ratio de solvabilité de 203 %, en progression de 7 points – sont les garants de notre développement et de notre résistance aux crises.


Le développement est organique, ce dont témoignent notre bonne dynamique commerciale depuis plusieurs exercices et également, par exemple, le lancement, dès ce mois de mai d’une nouvelle offre portée par le groupe, dans le domaine de prévoyance et à destination des pros et des TPE.


Il est également tourné vers l’extérieur. C’est le sens de notre partenariat très structurant avec BNP Paribas Cardif, dans le domaine de l’épargne ; les encours gérés dans le cadre de ce partenariat ont progressé de 73% à fin 2022, pour atteindre près de 60 millions d’euros. Mais aussi de l’adhésion de la Mgéfi, au 1er janvier dernier, à la Sgam Matmut, qui nous permet d’être désormais présent en assurance santé, sur le marché des fonctionnaires.


Et parfois, notre développement est la combinaison à la fois de notre posture d’ouverture et de notre capacité à nous développer en propre, comme le prouve la bonne performance de la Mutuelle Ociane Matmut, fruit de l’intégration d’Ociane au sein du groupe, en 2017. Aujourd’hui, en prenant en compte la Mgéfi, le groupe protège 1,2 million de personnes avec ses offres d’assurance santé. C’est une position tout à fait significative sur le marché français, pour une entreprise qui jusqu’en 2010 n’exerçait pas cette activité.


La taille intermédiaire de notre groupe, sa solidité économique, son agilité et son pragmatisme constituent ainsi ses atouts.

 

Quels ont été concrètement les impacts négatifs, en 2022, des différentes crises sur les parties prenantes de la Matmut et quelle a été l’action de l’entreprise vis-à-vis d’elles ?

 

CB : Indéniablement, la question de la vie chère est au cœur de l’actualité, depuis de longs mois maintenant. La défense du pouvoir d’achat a donc été un leitmotiv pour le Groupe Matmut, tout au long de l’année 2022. Que ce soit vis-à-vis de nos sociétaires, avec des décisions tarifaires guidées par la volonté de les accompagner au mieux, dans une époque difficile. Nous avions par exemple gelé nos tarifs d’assurance santé pour 2022, et en 2023 nous avons une attention particulière en direction des familles et des jeunes, pour certains de nos contrats d’assurance dommages.
 

Mais aussi vis-à-vis de nos 6 500 collaborateurs. Il est important d’être un employeur responsable. Lorsque les temps sont plus difficiles, comme en 2022 et aussi en 2023, la solidité de notre groupe, et la qualité de son dialogue social font que nous sommes en capacité à être au rendez-vous, avec des mesures solidaires d’impact. Intéressement et participation compris, près de 10% de la masse salariale totale a été reversée aux équipes en 2022, au titre des mesures négociées avec les partenaires sociaux.


Au-delà de la dimension conjoncturelle liée à l’inflation, je tiens aussi à souligner l’engagement au long cours du groupe sur de nombreux sujets de santé publique. Par exemple, pour les remboursements de séances avec un psychologue, sans surcoût de cotisation – la Mutuelle Ociane Matmut avait été pionnière, dès fin 2020, sur cette thématique - nous avons versé 2,1 millions d’euros de prestations en 2022, soit 355 000 euros de plus, par rapport à 2021.


2022 a aussi été l'année de la mise en place, sans surcoût, d’un programme ambitieux d’accompagnement des adhérents touchés par un Covid long.

 

Les entreprises mutualistes inscrivent, par nature, leur action dans un temps long. A une époque de transformations, notamment technologiques et sociétales rapides, cette posture est-elle toujours simple à tenir ? Existe-t-il des tentations plus court termistes ?

 

NG : A plus forte raison lorsqu’on se trouve dans un état de crise quasi permanent, il est important d’avoir un cap, de ne pas naviguer à vue. La Raison d’être du groupe, évoquée au début de cet entretien est très utile dans ce contexte incertain. De la même façon, nous nous efforçons d’anticiper sur un temps long ce qu’il est désormais convenu d’appeler la nouvelle donne climatique. Cela passe par exemple par la mise en place d’une démarche globale innovante et volontariste de prévention et de modélisation des risques naturels. Elle contribuera à faire de la Matmut, sur le long terme, un acteur particulièrement crédible et à la pointe en matière d’assurance dommages et dans l’accompagnement de ses sociétaires.


Autre exemple structurant, avec notre Bilan des Emissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) que nous réalisons désormais sur un périmètre étendu. Il nous conduit à avoir une vision complète de l’empreinte climatique de notre entreprise, afin de mieux cibler les leviers les plus efficaces de réduction d’émissions et de prioriser les actions à entreprendre. Ce BEGES s’inscrit dans la continuité des engagements en faveur de l’environnement portés par la Matmut. Nous embarquons de fait l’ensemble de notre chaine de valeur, nos collaborateurs et toutes les directions du Groupe, sur un sujet essentiel de court, moyen et long terme.

 

CB : Le mutualisme, c’est tout le contraire de décisions à courte vue. La communauté de sociétaires réunie attend non seulement de la Matmut une réactivité et une présence lorsque frappe le coup dur – encore une fois, rappelons la charge globale de sinistres, pour le groupe, en hausse de 20% en 2022 par rapport à l’année précédente – mais aussi la pleine intégration des enjeux sociétaux et environnementaux, notamment ceux qui façonneront le bien vivre ensemble des générations futures.


Je me réjouis ainsi, par exemple, de l’approche spécifique adoptée par la Matmut, au plus fort de la crise énergétique de 2022, avec l’adoption d’un propre plan, ambitieux, de sobriété énergétique. Au sein de celui-ci, une approche particulière pour notre réseau de 480 agences. On le sait, ce réseau de proximité est une force pour accompagner au mieux nos 4,2 millions de sociétaires. Nous remplaçons progressivement les enseignes de ces agences par du matériel sans éclairage ni rétro éclairage, pour participer à l’effort collectif. Cet exemple traduit bien, à mon sens, la combinaison de la pleine prise en compte des problématiques du quotidien de celles et ceux qui font confiance à la Matmut, et d’une vision résolument tournée vers l’avenir. 

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