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12 / 12 / 2019 | 792 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Le groupe Matmut va formuler sa raison d’être pour mieux traduire ce qu’est le mutualisme « à la Matmut »

Daniel Havis, Président de la Matmut et Nicolas Gomart, Directeur Général, font le point.


A quelques semaines de la fin de l’année, quel bilan le Groupe Matmut peut-il faire de ses activités, en 2019 ?

 

Nicolas Gomart : L’année n’est pas finie et il convient donc d’être prudent quant au bilan définitif de l’exercice, d’un point de vue technique, comme financier. L’actualité, notamment climatique, nous rappelle que nous exerçons un métier qui, d’une part, est soumis aux aléas et qui d’autre part ne trouve sa concrétisation que par le soutien que nous apportons à nos sociétaires, lorsque le coup dur survient. Violents orages, inondations dans le Var, séisme en Ardèche, tempête Amélie… Les événements récents sont nombreux et je profite de cette interview pour souligner le travail, la mobilisation des équipes Matmut qui sont au contact de celles et ceux qui nous font confiance, pour les accompagner avec professionnalisme et empathie, dans ces moments difficiles.
 

En ce qui concerne notre activité, l’année 2019 est très bonne, en termes de production de contrats, puisque les chiffres sont les meilleurs depuis de nombreuses années, avec déjà 200 000 contrats supplémentaires, en portefeuille, à fin octobre 2019 et une projection d’un million d’affaires nouvelles qui auront été réalisées au total, d’ici la fin d’année. En fin d’exercice, notre nombre de sociétaires devrait avoir progressé de près de 100 000, pour atteindre les 3,9 millions.
 

Comment expliquez-vous cette bonne santé pour votre groupe ?

 

Nicolas Gomart : Nous tirons le plein bénéfice des travaux du plan stratégique Ambition Matmut 2016-2017, puis de celui enclenché dans son prolongement, Ambition Matmut 2018-2020, notamment en matière de renouvellement de nos offres, en assurance automobile, habitation et santé. Cette dynamique est également bien sûr le fruit de l’animation commerciale de notre réseau, du développement de notre Marketing digital, des campagnes de communication autour de notre identité de marque « Matmut, ma valeur sûre ». Sans oublier la mise en œuvre de nombreux partenariats…
 

Vous parlez de partenariats, l’année 2019 a été marquée par le mariage puis le processus de séparation avec AG2R La Mondiale. La page est-elle désormais tournée ?

 

Daniel Havis : Les Assemblées Générales Extraordinaires du mois d’octobre de Matmut et Matmut Mutualité, nos organes délibérant les plus importants, ont formellement validé la séparation, en effet. Nos équipes se sont attelées ces derniers mois aux travaux relatifs au processus de séparation entre les deux groupes. Nous avons reçu le feu vert de l’ACPR, mi-novembre.
 

Mais si l’on parle de partenariats, je tiens à souligner, en la matière, le dynamisme du Groupe Matmut. Nicolas Gomart le soulignait, celui-ci se porte bien. Il se développe, de façon endogène, sur ses fondamentaux, en adaptant ses offres aux évolutions d’un monde qui bouge rapidement et en apportant des réponses pertinentes à ses sociétaires.
 

Mais il est également en mouvement au niveau partenarial. 2019 nous a vu mettre en place un partenariat inédit avec Cdiscount, pour rendre la protection santé accessible au plus grand nombre. Il permet à la Mutuelle Ociane Matmut de bénéficier d’une audience digitale importante, pour diffuser les offres « Essentiel » de sa gamme, dans un contexte de renoncement aux soins préoccupant, en France.
 

2019, c’est aussi la montée en puissance de Cardif IARD, la société d’assurance que nous avons créée avec BNP Paribas. Plus de 210 000 nouveaux contrats, déjà, depuis le lancement de l’activité.
 

Je citerais aussi le partenariat de distribution noué avec l’acteur bancaire Attijariwafa bank Europe, autre belle reconnaissance de notre savoir faire en assurance dommages du particulier, le cœur de métier de notre groupe.
 

Vous le voyez, nous n’hésitons pas à sortir de notre périmètre mutualiste traditionnel, ce qui participe au développement du groupe. Plus ‘’classique’’, si l’on se réfère au passé proche de notre SGAM (Société de Groupe d’Assurance Mutuelle) Matmut, les travaux en cours qui devraient aboutir à l’adhésion de l’UMG Solimut, début 2021.
 

Au niveau social, 2019 a vu le Groupe Matmut signer plusieurs accords avec les partenaires sociaux. Comment qualifier aujourd’hui le dialogue social au sein du Groupe ?

 

Nicolas Gomart : Je pense qu’il est juste de parler d’un dialogue social particulièrement nourri, puisque ce ne sont pas moins d’une trentaine d’accords, avenants compris, qui ont été signés depuis 2017 au sein de l’UES Matmut. Le dernier en date, en octobre, celui relatif à la mise en place du Comité Social et Économique (CSE) Matmut. Plus tôt dans l’année, notre premier accord sur la qualité de vie au travail. Je suis convaincu qu’un dialogue social de qualité est essentiel pour concilier performance économique et performance sociale, au sein de notre Groupe.
 

Daniel Havis soulignait précédemment à quel point le Groupe Matmut cherche continuellement à s’adapter aux évolutions sociétales, afin de mieux servir celles et ceux qui nous font confiance. Il est important qu’en parallèle nos efforts soient aussi portés en direction de nos collaborateurs, afin de leur permettre de bien vivre les périodes de transition, les évolutions, pour in fine exercer leur activité dans les meilleures conditions. Il n’est pas neutre que l’accord CSE signé s’appelle « Préparer l’avenir ensemble ». La Matmut est résolument tournée vers l’avenir et à ce titre nous tâchons de construire, de faire progresser, avec pragmatisme, un dialogue social de qualité et exigeant.
 

Celui-ci s’accompagne en outre de différents dispositifs. Je citerais l’Observatoire du climat social, un baromètre interne qui permet de véritablement ‘’prendre le pouls’’ de l’entreprise, régulièrement. Ou encore l’Agence de Missions Internes, afin de développer les mobilités et les nouvelle modalités d’exercice des missions professionnelles.

Quels sont en interne les principaux chantiers, pour le futur ?

 

Nicolas Gomart : L’évolution des métiers, l’accompagnement de nos collaborateurs, constituent des enjeux importants. Nous avons d’ores et déjà effectué une cartographie des métiers et des compétences nécessaires, d’ici quelques années.


Je salue enfin la création récente de l’Académie Matmut, avec de nouvelles façons d’apprendre, de former, plus interactives ou encore de nouveaux outils pédagogiques, innovants, par exemple via la réalité augmentée. L’Académie Matmut jouera aussi un rôle prépondérant pour bien accueillir les nouveaux embauchés, leur faire découvrir notre entreprise et faciliter leur intégration.

 

Comment mettre en œuvre l’ensemble des transformations rendues nécessaires par les évolutions que vous évoquez, tout en restant fidèle à l’ADN Matmut, une Maison fondée en 1961 ?

 

Daniel Havis : La Matmut est une société de personnes, née – le parallèle est intéressant à établir avec ce que nous venons de décrire – à une période de profondes transformations sociétales. Souvenons-nous que le début des années 60, c’est l’essor de la voiture individuelle, et indéniablement, cette tendance a accompagné le développement de notre mutuelle.
 

L’entreprise est née d’un mouvement social, elle a été fondée par des militants, pour lesquels les principes de solidarité, d’égalité et d’humanisme étaient essentiels.
 

Aujourd’hui, la Matmut exerce son métier - ses métiers, plutôt, puisque la palette de nos offres assurantielles s’est enrichie, depuis près de 60 ans - d’une certaine façon. Ses engagements, notamment ceux relatifs à sa responsabilité sociétale, sont nombreux et variés.  Que ce soit auprès de nos sociétaires, pour leur apporter le meilleur conseil ou leur venir en aide quand la situation l’exige, ou dans le cadre des interactions avec nos différentes parties prenantes, nous tâchons d’être fidèles à nos valeurs mutualistes.
 

C’est justement afin de ‘’cristalliser’’ ces actions, ces valeurs, que le Groupe Matmut a souhaité initier des travaux visant à formuler sa raison d’être. C’est tout à la fois une attente des consommateurs, de plus en plus prégnante et une volonté de notre Groupe, afin de pérenniser et mieux traduire ce qu’est le mutualisme « à la Matmut ».

 

Comment qualifier justement la spécificité de la Matmut, au sein du monde mutualiste ?

 

Daniel Havis : Nous défendons l’idée d’un mutualisme d’équilibre, pragmatique, où la dimension économique de nos actions sert une finalité sociale : cette finalité si chère aux fondateurs de la mutuelle.
 

Après une phase d’état des lieux, notamment de l’ensemble de nos actions et la perception que le grand public et nos collaborateurs en ont, il s’est agit d’analyser les convergences entre ce qui a été exprimé, en interne et par le grand public. Désormais, les travaux du groupe sur la formulation de sa raison d’être vont s’orienter vers nos sociétaires. Quoi de plus logique, finalement, tant ils constituent l’alpha et l’omega de toute organisation mutualiste.
 

A l’issue des travaux menés, nous aurons formalisé notre projet, commun à l’ensemble des parties prenantes de notre Groupe, respectueux du passé et résolument tourné vers l’avenir. »

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