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16 / 03 / 2026 | 11 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Le Groupe APICIL publie les résultats de la 6e édition de son baromètre « Les Français et l’inclusion »

Parler de santé au travail n’a jamais été aussi nécessaire… ni aussi sensible. Santé mentale, fatigue, troubles musculosquelettiques, maladies chroniques, mais aussi grossesse, endométriose, post-partum, ménopause ou andropause… peuvent peser sur les carrières, la soutenabilité du travail et, parfois, conduire à des inégalités ou à des formes d’injustice.

 

Une question centrale se pose alors : comment les enjeux de santé s’inscrivent-ils aujourd’hui dans les dynamiques d’inclusion et d’égalité en entreprise ?

 

C’est dans ce contexte que le Groupe APICIL, l’un des leaders de la protection sociale et patrimoniale en France, vient de publier les résultats de la 6ᵉ édition de son baromètre « Les Français et l’inclusion », réalisé en collaboration avec OpinionWay, (*) avec un focus sur les discriminations liées à la santé en entreprise.

 

Les principaux éléments à retenir: 

 

  • Pour 64% des Français, la société française est inclusive. Un chiffre en hausse de 6 points par rapport à 2025 (58%).

  • L’origine ou l’appartenance à une prétendue race (88%, +3 points), l’orientation sexuelle ou l’identité de genre (85%, +5 points), la religion (84%, +6 points) et l’âge (80%, +2 points) sont les discriminations que les Français relèvent le plus.

  • Tous les acteurs de la société ont un rôle à jouer en matière d’inclusion que ce soit les citoyens (92%), les pouvoirs publics (92%), les écoles (91%), la famille (90%) et les entreprises (89%).

  • Près de 7 salariés sur 10 (69%, +6 points) estiment que leur entreprise est engagée dans une politique d’inclusion pour lutter contre les discriminations, et 75% considèrent qu’elle favorise l’inclusion.

  • Pour 74% des salariés de moins de 35 ans, l’existence d’une politique d’inclusion dans une entreprise est un critère important lorsqu’ils postulent un emploi.

  • Les addictions (81%), l’andropause (76%), la santé mentale (75%), les règles douloureuses (74%), les cancers masculins (74%) et le post-partum (70%) sont les sujets de santé les plus difficiles à évoquer en entreprise.

  • 4 salariés sur 10 (40%) ont été témoins de discriminations liées à l’état de santé physique ou mentale au sein de leur entreprise, 34% estiment en avoir été victimes.

  • En cas de problèmes de santé mentale, seuls 53% des salariés se sentent en mesure d’en parler avec leurs collègues, 48% avec leur manager et 43% avec les ressources humaines.

  • Plus de deux tiers des travailleurs ont déjà éprouvé des troubles du sommeil (67%) ou des épisodes d’irritabilité avec leurs proches (67%), 43% ont déjà pleuré à leur domicile et 39% sur leur lieu de travail pour des raisons en lien avec leur activité professionnelle.

  • Une minorité de salariés déclarent que leur entreprise a mis en place des actions spécifiques en faveur du bien-être (36%), de la santé physique (34%) ou de la santé mentale (28%).

  • Plus de la moitié des salariés (52%) estiment que la santé mentale n’est pas réellement prise au sérieux par leur employeur, et 1 salarié sur 2 (52%) considère également que l’état de santé, physique ou mental, peut avoir un impact sur la progression professionnelle.
     

Face à des discriminations ancrées au sein de la société, l’inclusion doit se penser collectivement

 

64% des Français estiment que la société française est inclusive, soit une hausse de 6 points par rapport à 2025 (58%). Cette perception est particulièrement marquée chez les jeunes de moins de 35 ans, 73% d’entre eux affirmant que la société française est inclusive, contre seulement 57% chez les 65 ans et plus. Les hommes ont une perception plus positive de l’inclusion que les femmes (67% contre 62%).

 

Parallèlement, l’engagement des Français vis-à-vis de l’inclusion se renforce : 59% (+9 points) d’entre eux se disent désormais concernés par l’inclusion et 66% agissent au quotidien pour lutter contre les discriminations. Les femmes, et en particulier celles de moins de 35 ans, sont les plus actives : 77% d’entre elles affirment s’engager dans cette lutte, contre 70% pour l’ensemble des femmes et 62% des hommes. Les jeunes se disent aussi plus concernés par le sujet (72% contre 44% des 65 ans et plus) et plus nombreux à agir pour lutter contre les discriminations (74% contre 62% chez les 65 ans et plus).

 

Malgré une amélioration de l’intérêt pour l’inclusion au sein de la société française, une perception croissante des discriminations demeure. En effet, plus d’un quart des Français (28%) estiment qu’il existe des discriminations dans tous les domaines testés. Ce sentiment est particulièrement marqué chez les moins de 35 ans (34% contre 23% des 50 ans et plus) et les femmes (35% contre 20% des hommes). L’origine ou l’appartenance à une prétendue race (88%, +3 points), l’orientation sexuelle ou l’identité de genre (85%, +5 points), la religion (84%, +6 points) et l’âge (80%, +2 points) sont les formes de discrimination les plus relevées par les Français. Les femmes se montrent plus sensibles à certaines discriminations, notamment celles liées à l’état de santé (77% contre 67% chez les hommes), au sexe (82% contre 69%), à l’état de grossesse (63% contre 49%) et à la situation de famille (69% contre 58%).

 

Face à la prégnance des discriminations, l’ensemble des acteurs de la société est appelé à agir : les citoyens (92%, +1 point), les pouvoirs publics (92%, +3 points), les écoles (91%, +3 points), la famille (90%, +4 points) et les entreprises (89%, +2 points). Les Français attendent en priorité des écoles (71%), des pouvoirs publics (70%), des citoyens (70%) et de la famille (66%) qu’ils jouent un rôle majeur. Les attentes sont également prononcées envers les entreprises (57%), les associations (54%) et les forces de l’ordre (52%). Si l’engagement des associations (78%) et des écoles (65%) est perçu positivement, l’action des pouvoirs publics (56%) et des entreprises (54%) reste jugée insuffisante.

 

Les salariés reconnaissent le rôle clé des entreprises dans la lutte contre les discriminations

 

Si les Français ont le sentiment que les entreprises n’agissent pas encore suffisamment, les salariés, quant à eux, ont une perception plus positive. En effet, près de 7 salariés sur 10 (69%, +6 points) estiment que leur entreprise est engagée dans une politique d’inclusion pour lutter contre les discriminations, et 75% considèrent qu’elle favorise l’inclusion.

 

Le déploiement d’une politique d’inclusion au sein des entreprises est d’autant plus essentiel que près de 6 actifs sur 10 (58%, +7 points) affirment qu’il s’agit d’un critère important lorsqu’ils postulent un emploi. Ce critère de choix est encore plus marqué chez les salariés de moins de 35 ans (74%), comparé à leurs aînés (50%).

 

Afin de renforcer l’inclusion dans les entreprises, les Français attendent avant tout qu’elles agissent sur l’embauche et le maintien dans l’emploi. Ainsi, 72% d’entre eux jugent essentiel que les entreprises mettent en place des actions sur ces sujets, avec une attention particulière sur le maintien en emploi des seniors (22%), l’anonymisation des CV (21%) et l’accompagnement des travailleurs handicapés (20%). Les jeunes (25% contre 18% chez leurs aînés), comme les femmes (24% contre 15% des hommes), se montrent plus sensibles aux actions en faveur de la santé mentale et/ou physique des salariés.

 

La santé : un sujet encore trop difficile à aborder, tant en société qu’en entreprise

 

De manière générale, les sujets relatifs à la santé sont difficiles à évoquer au sein de la société française. Seule la grossesse se révèle facile à aborder pour 79% des Français. Tous les autres états de santé sont majoritairement difficiles à aborder, en particulier les troubles de la santé mentale (68%), les addictions (68%), l’andropause (66%), les règles douloureuses (59%), les cancers masculins (59%) et le post-partum (58%).

 

Ces difficultés s’accentuent en milieu professionnel, où 81% des salariés français peinent à y évoquer les addictions, 75% la santé mentale, 68% les maladies chroniques et 64% les troubles musculosquelettiques. Les addictions (85%) et les troubles de la santé mentale (81%) sont encore plus complexes à aborder pour les 35 ans et plus.

 

Le milieu professionnel tarde à briser le silence sur la santé, féminine et masculine. Une large majorité de Français juge complexe d’évoquer les cycles de vie au travail : des règles douloureuses (74%) au post-partum (70%) en passant par la ménopause (69%). Les hommes ne sont pas épargnés, puisque l’andropause (76%) et les cancers masculins (74%) sont tout aussi difficiles à aborder. Fait marquant : si la grossesse semble mieux acceptée, elle cristallise pourtant des craintes chez les moins de 35 ans, dont plus de la moitié (51%), en particulier les femmes (50%), redoutent d’aborder le sujet en entreprise.

 

Aux yeux des Français, les femmes apparaissent plus vulnérables aux risques de santé physique (68%) et mentale (62%), une situation qui a des répercussions concrètes sur leur vie professionnelle. Pour preuve, au cours de l’année, une femme sur quatre (25%) a été contrainte de s’absenter du travail en raison de ses règles, de la ménopause ou de symptômes associés. Ce chiffre grimpe de manière spectaculaire chez les jeunes actives (56% chez les femmes de 25 à 34 ans).

 

S’il est extrêmement difficile de parler de santé mentale dans le monde de l’entreprise, c’est notamment parce qu’il existe encore de grandes méconnaissances à l’égard du cadre législatif en vigueur. Seuls 33% des Français ont entendu parler de la Charte nationale pour la santé mentale au travail, lancée fin août 2025 par le gouvernement. Cette initiative est davantage connue des moins de 35 ans (50% contre 27% pour les 35 ans et plus). Pour autant, près de 9 Français sur 10 (88%) reconnaissent que la santé mentale est aussi importante que la santé physique.

 

Des entreprises peu mobilisées en faveur de la santé de leurs salariés

 

Pour plus de 7 actifs sur 10, leur activité est compatible avec leur état de santé physique (78%) et leur état de santé mentale (74%). Néanmoins, au cours de l’année, plus de deux tiers ont éprouvé des troubles du sommeil (67%, dont 40% plusieurs fois) ou des épisodes d’irritabilité avec leurs proches (67%, dont 37% plusieurs fois) pour des raisons en lien avec leur travail.

 

L’impact émotionnel du travail fragilise la santé mentale des salariés : 43% ont déjà pleuré à leur domicile et 39% sur leur lieu de travail à cause de leur activité professionnelle, 36% ont dû quitter leur poste après avoir atteint leurs limites et 31% n’ont pas su se rendre au travail en raison de l’anxiété. Les femmes rapportent plus fréquemment avoir pleuré sur leur lieu de travail pour des raisons liées à leur activité (47% contre 28% des hommes), ainsi qu’à leur domicile (53% contre 29%).

 

En outre, une part importante affirme avoir été témoin de discriminations liées à l’état de santé physique ou mentale au sein de leur entreprise (40%), voire en avoir été personnellement victimes (34%). Les travailleurs de moins de 35 ans sont plus de la moitié à avoir été témoins (53%) ou victimes (55%) de ce type de situations.

 

Les entreprises sont toutefois trop peu mobilisées sur les enjeux de santé : 82% des Français, dont 83% des salariés, jugent la prise en compte des cycles de vie, masculins comme féminins, insuffisante, un constat encore plus sévère chez les femmes, qui sont 86% à critiquer ce manque d'engagement (contre 77% des hommes).

 

Parallèlement, seule une minorité de salariés constatent que leur organisation a mis en place des actions spécifiques en faveur du bien-être (36%), de la santé physique (34%) ou de la santé mentale (28%). Cette situation alimente le sentiment que le bien-être mental n’est pas réellement pris au sérieux par leur employeur (52%) et que les contraintes liées à la santé ne sont pas suffisamment prises en compte dans l’organisation du travail (47%). D’autant qu’un salarié sur deux (52%) considère que l’état de santé, physique ou mental, peut avoir un impact sur les progressions professionnelles.

 

Il apparaît d’autant plus important d’améliorer la communication sur ces sujets que les salariés eux-mêmes se sentent insuffisamment soutenus. Seule la moitié d’entre eux sait à qui s’adresser au sein de son entreprise en cas de difficultés de santé (50%) et se sentent soutenus par leur management (51%).

 

Interrogés sur les personnes vers qui ils peuvent se tourner, les salariés ont davantage de facilité à discuter de problèmes de santé physique que mentale. 67% déclarent pouvoir parler de leurs difficultés physiques avec leurs collègues et 58% avec leur manager. En revanche, seuls 53% se sentent en mesure d’aborder des problèmes de santé mentale avec leurs collègues et 48% avec leur manager. Les services des ressources humaines restent encore peu accessibles : seuls 50% des travailleurs déclarent pouvoir échanger avec eux au sujet de problèmes de santé physique, et 43% lorsqu’il s’agit de santé mentale.

 

Face à ces constats, les Français reconnaissent l’importance d’intégrer la santé dans les décisions stratégiques des entreprises (89%), en raison de son impact direct sur la performance (91%). Pour y parvenir, plusieurs leviers sont identifiés : un assouplissement de l’organisation du travail (28%), une meilleure communication sur les dispositifs existants (21%), le développement d’une culture managériale attentive à la santé (20%) ou encore la mise en place d’actions de prévention ciblées (18%

 

(*) L’édition 2026 du baromètre « Les Français et l’inclusion » est disponible ici.

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