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13 / 05 / 2022 | 97 vues
Georges De Oliveira / Membre
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Hausse des salaires ou de la misère ?

Lorsque les crises sont là, les entreprises n’hésitent pas à flatter l’ego des salariés afin de maintenir le cap, coûte que coûte, de la rentabilité et de la rémunération des actionnaires pour les sociétés à capitaux et/ou pour s’engouffrer dans des projets de développement externe souvent hasardeux. Dans ces moments-là, toutes les promesses, jusqu’à plus soif sont répétées aux salariés : «  Ne vous en faites pas, faites confiance à l’entreprise, vous verrez ce que vous verrez à l’occasion de la négociation sur les salaires. L’entreprise sera au rendez-vous et saura prendre en compte votre engagement sans faille ! »

 

Aujourd’hui, dans la quasi-totalité des entreprises, « les jeux sont faits » et en effet «  rien ne va plus !  ». Les mesures arrêtées sont partout désormais en deçà des attentes et des besoins. C’est la perte de pouvoir d’achat assurée pour tout le monde !

 

Alors que les entreprises, pendant cette période remplie d’incertitudes et de contraintes liées à la COVID-19, à la guerre, annoncent ou s’apprêtent à annoncer avoir engrangé des résultats et bénéfices records, ceux-ci au lieu de revenir de droit aux salariés qui les ont permis, viennent encore une fois augmenter la richesse de quelques-uns au détriment de la grande majorité des salariés.

 

Dans le secteur des assurances, aucune entreprise n’a proposé des augmentations générales au moins au niveau de l’inflation (qui, au moment de la rédaction de cet article, atteint déjà les 4 %). D’un côté des milliards de bénéfices pour les actionnaires, de l’autre la formalisation de la perte de pouvoir d’achat et l’appauvrissement pour des millions de salariés.

 

Dites-moi ce dont vous avez besoin, je vous dirai comment vous en passer !

 

Telle pourrait être la devise des entreprises et de certains commentateurs qui se répandent en bonnes paroles dans les médias et qui nous abreuvent d’une morale toute partisane. Alors que les carburants « flambent », que le prix des denrées essentielles ne devrait pas tarder à suivre le même chemin, que les prix de toutes les énergies de chauffage sont à la hausse, on vient nous faire des cours de décroissance heureuse et d’économie d’énergie.


Or, entre économie et rationnement il n’y a qu’un pas, que malheureusement une bonne partie de la population a déjà dû franchir, avant même la situation de guerre qui abreuve les médias depuis une quinzaine de jours.

 

Le prix des carburants explose, pas de problème, pour certains !
 

Le covoiturage existe, il faut moins utiliser sa voiture (à tel point qu’un grand constructeur en vient même à faire une pub qui vante les qualités de l’hybride et qui en même temps invite à ne pas utiliser son véhicule). Pour certains, cette guerre serait presque arrivée à point  : elle devrait peut-être favoriser la transition énergétique… quel cynisme ! Au moment où des millions de personnes, de familles sont déplacées de force, souffrent directement sur le terrain, mais également indirectement partout dans le monde à cause des conséquences des politiques menées depuis des décennies avec comme unique objectif la rentabilité et le profit.

 

Cette situation ne peut plus durer !

 

Les entreprises, les branches professionnelles doivent revenir à la table des négociations avec des propositions qui répondent aux véritables enjeux de la situation. Le mécontentement est général dans la population des derniers de cordée. Les classes moyennes tombent de plus en plus dans la précarité. Une colère sourde gronde avec une puissance jamais entendue. Halte à une société qui ne répond pas aux besoins de sa population. L’argent existe et même déborde des «  caissettes » des quelques ultra riches pour qui toute situation (crise, guerre, inflation, dévaluation, …) est, dans ce système, source de profit.

 

Aucune entreprise n’a proposé d’augmentations générales au moins au niveau de l’inflation.

 

L’énergie augmente, l’alimentation augmente, tout augmente. Le quotidien de chacun devient une vraie bataille. Comment finir les fins de mois ? Chaque jour, des millions de personnes sont obligées de faire des choix de plus en plus catastrophiques sur leur santé physique et morale : ne pas se soigner pour pouvoir manger, payer le carburant indispensable pour conserver son emploi.

Les médias, les politiques nous abreuvent de grands commentaires sur les « soi-disant » enseignements de la période de pandémie de ces dernières années. Mais d’enseignement, il n’en est qu’un : Des milliards pour les uns, restrictions et rationnement pour les autres.

 

2020 – 2021 : des résultats pour les assureurs exceptionnels, mais…


Les bruits courent que les résultats financiers sont au beau fixe, voire sont records dans le secteur des assurances comme dans d’autres. Dans la plus emblématique des sociétés du secteur, c’est un résultat jamais atteint proche de 7 milliards d’euros après impôts qui est annoncé. Dans d’autres, les bruits annoncent des résultats en progression de plus de 30 %. Presque partout et même en direction des élus du personnel, les entreprises confirment leurs excellents résultats (qui seront sans aucun doute confirmés à l’occasion des publications de leurs comptes qui devraient se produire vers mai ou juin). On pouvait donc s’attendre, pour une fois, à des augmentations générales au moins égales à l’inflation.
 

Malheureusement, les résultats en sont très loin : au mieux, on flirte avec les 2 %, donc très éloignés de l’inflation qui atteint déjà 4 % (mais qui était déjà supérieure à ce qui a été proposé par les entreprises depuis janvier). Les salariés, confrontés à une inflation galopante, ne peuvent accepter la perte de pouvoir d’achat et personne (y compris les signataires des accords de début d’année) ne peut soutenir le statu quo.

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