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21 / 09 / 2026 | 15 vues
Eric Peres / Abonné
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Conférence sur le travail, l’emploi et les retraites: Quelles pistes pour le management ?

La Conférence sur le travail, l’emploi et les retraites s’est achevée il y a quelques jours, après plusieurs mois d’échanges entre organisations syndicales et patronales. Son document final aborde de nombreux sujets liés au travail, parmi lesquels les pratiques managériales, la situation des cadres intermédiaires et le dialogue professionnel.

 

Le cadre du dialogue

 

Lancée à l’initiative du Premier ministre, la Conférence s’est déroulée de décembre 2025 à l’été 2026. Son organisation a été confiée au ministre du Travail et des Solidarités, ainsi qu’au ministre de l’Action et des Comptes publics. Les organisations représentatives des salariés et des employeurs des secteurs privé et public, dont FO, y ont participé. Les travaux ont été placés sous la responsabilité de trois garants : Jean-Denis Combrexelle, Anne-Marie Couderc et Pierre Ferracci. 

 

L’exercice ne constituait ni une négociation entre interlocuteurs sociaux, ni une concertation autour d’un projet déjà élaboré par les pouvoirs publics. Il visait à faire ressortir les convergences et leurs divergences des points de vues de chacun autour de trois thématiques : le travail, l’emploi et les retraites. Plusieurs mois de travaux et d’ateliers ont ainsi alimenté le document final, remis le 18 septembre. 


Formation, évaluation et reconnaissance des managers

 

Sur le management, les participants ont convergé vers un encadrement plus ancré dans les réalités du terrain et reposant davantage sur la confiance que sur le contrôle. Parmi les pistes avancées figurent le renforcement de la formation initiale et continue des encadrants, notamment au dialogue professionnel et au dialogue social, ainsi que la prise en compte du temps consacré au management dans l’évaluation de leur performance. 

 

Le document propose également d’intégrer davantage de critères extra-financiers dans l’évaluation des managers, de mieux reconnaître le management de proximité et d’accorder une attention spécifique à leurs risques professionnels. Les cadres intermédiaires occupent une place particulière, exposés aux tensions et au stress tout en devant les gérer au sein des équipes. La Conférence aborde aussi le développement du dialogue professionnel sur l’organisation et les conditions concrètes du travail, sans qu’il se substitue au dialogue social, à la consultation du CSE ou à la négociation collective. 

 

Les positions  de notre organisation syndicale à l’issue de la Conférence

 

Un bilan du rapport reste contrasté: La Confédération accueille favorablement l’ouverture de négociations interprofessionnelles sur l’emploi des jeunes et l’intelligence artificielle, ainsi que les réflexions sur la conditionnalité des aides publiques aux entreprises. 

 

Elle rejette en revanche les pistes avancées par les garants en matière de retraites, notamment celles portant sur un âge d’équilibre, une décote ou le recours à la capitalisation, et réaffirme son attachement au système par répartition ainsi que sa demande d’abrogation de la réforme de 2023. FO souligne enfin le manque de place accordé à la Fonction publique dans le rapport et rappelle ses demandes concernant les rémunérations, les carrières, les conditions de travail et l’attractivité des métiers publics.

 

Le rapport final : https://urls.fr/o5xIrm

Les positions de FO : https://urls.fr/3nplyE

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Remis officiellement aux interlocuteurs sociaux le 18 septembre au CESE, le rapport de la conférence TER ne fait pas l’unanimité. Si FO a salué certaines recommandations, comme l’ouverture d’une négociation sur l’emploi des jeunes, elle a vivement condamné divers points, dont la suggestion d’un système de retraites universel.

 

Remis aux organisations syndicales le 18 septembre au CESE, en présence du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, et du coordinateur, Jean-Denis Combrexelle, le rapport de la conférence sur le travail, l’emploi et les retraites (TER) ne se contente pas de lister les points d’accords et d’opposition entre organisations syndicales et patronales. Il émet aussi des pistes de réflexion vers d’éventuelles réformes, loin de faire l’unanimité.

 

Parmi les points positifs pour FO, en matière d’emploi, le rapport plaide pour l’ouverture de négociations interprofessionnelles sur l’emploi des jeunes, dans le cadre de l’agenda social autonome (entre organisations syndicales et patronales) et sur l’impact de l’intelligence artificielle. Ces sujets, nous y sommes favorables. Mais ces questions, notamment concernant l’orientation des jeunes, demandent des moyens. Les derniers budgets nous laissent sceptiques a déclaré Patricia Drevon, secrétaire confédérale et chef de file FO à la conférence TER, évoquant les 54 milliards d’euros « d’efforts » sur les finances publiques envisagés en 2027 par le gouvernement.

 

La secrétaire confédérale s’est aussi félicitée que le rapport évoque la conditionnalité des aides aux entreprises, conditionnalité que revendique FO. Ces aides pourraient par exemple être recentrées sur le soutien à la compétitivité et aux filières et de la lutte contre le décrochage technologique note le rapport.

 

Retraites : un système universel, pour FO c’est toujours Non

 

En revanche, le bât blesse sur la question du système de retraites. Si le rapport reconnaît l’importance centrale du système par répartition, il se prononce pour un passage à une forme de système de retraites universelle. L’âge légal subsisterait, mais avec un « âge d’équilibre » s’accompagnant d’une décote des pensions avant cet âge correspondant au temps plein automatique, et d’une surcote au-delà. Nous ne partageons pas cette vision du système des retraites a tancé Patricia Drevon, rappelant l’opposition de FO aux bonus-malus sur les pensions. La confédération a par ailleurs rappelé qu’elle demandait toujours l’abrogation de la réforme des retraites de 2023 et indiqué ne pas partager la partie du rapport intitulé des voies de passages sur les retraites. Ces analyses n’engagent que les garants et nous ne nous inscrivons pas sur des éventuelles décote, âge d’équilibre et retraite par capitalisation… a indiqué Patricia Drevon. Il faut prendre les choses par le bon bout, par la question du travail, de l’emploi et des salaires, par une politique ambitieuse pour l’emploi en particulier des jeunes et des seniors, par une stratégie globale de valorisation des métiers. Nous nous félicitons que le système de la retraite par répartition ait fait consensus lors cette conférence et qu’il ait été mis en avant comme le système le plus efficient et redistributif.

 

Des règles de gouvernance des retraites rejetée par la confédération

 

Côté gouvernance du système de retraites, au menu des discussions de l’agenda sociale autonome, le rapport suggère de laisser certains objectifs et outils de pilotage du système de retraites aux interlocuteurs sociaux. Mais préconise aussi l’instauration d’une règle d’or pour équilibrer le système, condamnée par FO : Ces pistes de gestion ne nous conviennent pas a martelé Patricia Drevron pour FO. La confédération a également réaffirmé son opposition à tout élément de capitalisation dans le système de retraites. Le rapport admet que ce sujet a rencontré une vive opposition des syndicats. Sans condamner l’idée d’une dose de capitalisation additionnelle au système par répartition, (défendue par le patronat,) il appelle à la plus grande prudence : Tout nouveau dispositif n’aurait de sens que s’il couvrait l’ensemble des catégories de salariés, faute de quoi il risquerait de devenir un vecteur supplémentaire d’inégalités.

 

De grands absents du rapport

 

Dans sa déclaration, FO a pointé du doigt la situation particulière de la Fonction publique, soulignant à la fois la question du manque d’investissement dans la Fonction publique que la question évidente du dialogue social au sein de celle-ci, et sur les 3 versants. Soulignant les enjeux actuels et futurs, la confédération a réitéré sa revendication d’augmentation de la valeur du point d’indice, préoccupation première des agents publics et les pertes de pouvoir d’achat qui en découlent. FO a demandé l’ouverture d’urgence de discussions sur les classifications, déroulements de carrières, conditions de travail, titularisation des contractuels, difficultés de recrutement par manque d’attractivité… points largement alimenté par FO durant les ateliers.

 

Force Ouvrière portera ces exigences dans le cadre de l’agenda social autonome et s’engagera dans la négociation, pour obtenir des avancées concrètes pour les salariés, les agents publics et les retraités, pour déboucher sur des droits nouveaux et sur le renforcement de la solidarité collective.