Papeteries de Condat : les salariés toujours dans l’attente d’une éventuelle reprise
Les quelque 200 salariés des Papeteries de Condat, au Lardin Saint-Lazare, sont sous le choc.
Dans cet ancien fleuron industriel de Dordogne, qui a employé jusqu’à 1200 personnes, la production de papier s’est arrêtée le 20 janvier, faute de commandes. Les salariés continuent d’être payés grâce à la vente de stocks mais restent désormais chez eux, dans l’attente d’une éventuelle reprise. L’entreprise avait été placée en redressement judiciaire le 22 octobre.
Les trois candidats en lice pour la reprise devaient présenter leurs offres finalisées le 4 février, lors d’une audience au tribunal de commerce de Bordeaux. Un seul promet de conserver tous les salariés.
L’intersyndicale avait appelé à une « manifestation de la dernière chance » ce même jour devant l’usine et le tribunal lors de l'audience.
Une ligne fermée en 2023
« Certains dossiers étaient encore à améliorer. On croise les doigts pour que des candidats se présentent et qu’on ne soit pas directement placés en redressement judiciaire », soulignait ces derniers jours Patricia Canto, secrétaire FO du CSE.
Arguant d’une baisse de commandes, la maison mère, le groupe Lecta, avait fermé en 2023 la ligne de production de papier couché qui faisait la renommée de l’usine, supprimant 174 postes. Pour le syndicat, il s’agissait plutôt d’une délocalisation de la production dans d’autres usines du groupe. Et Patricia Canto de lâcher ainsi : « Lecta a pris notre savoir-faire et notre papier couché. On le voyait venir, mais l’usine leur appartenait et ils s’en fichaient. »
Afficher les commentaires
90% des emplois supprimés
« On est désolés de vous dire que malheureusement, Condat, c’est terminé », a annoncé Patricia Canto, secrétaire FO du CSE des Papeteries de Condat, aux salariés réunis devant l’usine le 2 mars. Sur décision du tribunal de commerce de Bordeaux, cet ancien fleuron industriel situé au LardinSaint-Lazare, en Dordogne, et placé en redressement judiciaire depuis octobre, a été cédé pour un million d’euros au groupe français SPB, porteur d’un projet de reconversion industrielle.
Le nouvel acquéreur, qui reprendra le site au 1er avril, ne conservera que 21 des 200 salariés actuels.
Un drame social pour une entreprise qui a employé jusqu’à 1.200 employés et faisait vivre tout le bassin d’emploi.
Enrichissement des actionnaires
Le déclin de Condat, propriété du groupe Lecta, s’est accéléré en 2023 avec l’arrêt de la ligne de fabrication de « beau papier ». « Chaque plan social, tout en laissant croire aux salariés en des lendemains qui chanteraient, n’était que prétexte à capter davantage d’aides financières pour organiser la liquidation et enrichir des actionnaires, et imposer de la régression sociale au personnel », dénonce Pierre Courrege-Clercq, secrétaire de l’UD FO de Dordogne. Il déplore que les alertes lancées alors par les représentants du personnel jusqu’au plus haut sommet de l’État soient restées sans effet