Organisations
Reculer ou avancer l'âge de la retraite ?
La réforme des retraites de 2023, dont le principal objectif est de reculer l’âge effectif moyen de liquidation de la retraite, est suspendue et les candidats potentiels à l’élection présidentielle se partagent entre ceux qui veulent la reprendre, ou aller plus loin, et ceux qui veulent revenir en arrière. Dans ce contexte, la présente note rappelle pourquoi cet objectif doit être maintenu, éventuellement en l’atteignant par d’autres moyens.
Le principal intérêt économique d’un recul de l’âge de la retraite est d’augmenter, à moyen terme, la production et l’emploi, donc les recettes de l’ensemble des administrations publiques. La réforme de 2010 a d’ailleurs entrainé une hausse de l’emploi dans la décennie qui a suivi, y compris de celui des séniors même si leur accès à l’emploi pourrait être meilleur, et non une hausse du chômage. Celui-ci pourrait augmenter à court terme mais cet effet n’est pas durable.
Un recul de deux ans de l’âge minimal de départ en retraite, sans mesure de compensation, améliore ainsi le solde des administrations publiques de 0,9 point de PIB à moyen terme dont 0,5 point pour les régimes de retraite et 0,4 point pour les autres administrations. Le même effet sur les finances publiques pourrait être obtenu en augmentant le nombre d’années de cotisation requis pour avoir une pension au taux plein mais cette augmentation devrait être de nettement plus que deux ans.
Compte-tenu des autres mesures prises dans le cadre de la réforme de 2023, notamment la hausse de certaines dépenses sociales, la réduction du déficit public prévisible en 2030 de son fait est toutefois seulement d’environ 0,6 point de PIB dont 0,4 point pour les régimes de retraite.
Le rapport de 2026 du conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit néanmoins un déficit des régimes de retraite égal à 0,2 % du PIB en 2030 et 0,7 % du PIB en 2040. Cette nouvelle prévision ne peut pas être comparée à celles d’avant la réforme de 2023 pour évaluer celle-ci car plusieurs hypothèses du scénario macroéconomique ont été modifiées.
La réforme de 2023 ne reculera l’âge moyen de liquidation de la retraite que d’environ 8 mois. Il est inférieur en France à celui des autres grands pays et le restera probablement.
Il faudra sans doute un jour ou l’autre viser un nouveau recul de l’âge moyen de liquidation soit en relevant l’âge minimal au-dessus de 64 ans, soit en augmentant la durée de cotisation requise pour obtenir le taux plein au-delà de 43 ans. Si des mesures sociales d’accompagnement sont certainement nécessaires, notamment pour les séniors, c’est un des meilleurs moyens de réduire le déficit public.
.../...
Conulter la note complète:
Afficher les commentaires
La 10e édition des Assises de l’Afer
À l’approche de l’élection présidentielle, les 10e Assises de l’Afer qui se sont tenues à Paris le 29 septembre ont été l'occasion d'échanger sur les grandes préoccupations des épargnants
. Gérard Bekerman, président de l’Afer, et Jean-Paul Chapel, journaliste à France Télévisions, ont ainsi pu donner la parole aux candidats à la présidentielle qui ont accepté d’y participer pour développer leurs positions et confronter leurs propositions sur les enjeux liés à l’épargne.
Finalement, sept d’entre eux ont accepté de venir répondre : David Lisnard (Nouvelle énergie), Gabriel Attal (Ensemble pour la République), Bruno Retailleau (Les Républicains), Xavier Bertrand (président de la région Hauts-de-France), Jérôme Guedj (Parti Socialiste), Edouard Philippe (Horizons), ainsi que Jean-Philippe Tanguy qui portait la voix de Marine Le Pen (Rassemblement national),
Les échanges se sont articulés autour de trois thèmes majeurs : l’héritage et la fiscalité, les retraites et la capitalisation, ainsi que l’épargne face à la dette publique.
Autant de sujets qui interrogent directement l’avenir de l’épargne des Français et sa place dans les choix économiques à venir.
https://www.afer.fr/10e-assises-de-lafer-a-la-salle-gaveau-paris/
Le rapport de la Cour des comptes
A lire pour nourrir les réflexions le dernier rapport de la Cour des comptes
https://share.google/pvuB7ZMldfxRgPanV
Malgré des règles différentes, les montants des pensions de retraite du public et du privé restent de plus en plus proches....
La Cour des comptes constate une convergence croissante entre les règles de retraite des fonctionnaires de l'État et celles du régime général, notamment en matière d'âge de départ et de durée d'assurance.
En conclusion, la Cour des comptes formule une série de recommandations.
Parmi elles, aligner dès 2027 le taux de cotisation retraite à la charge des fonctionnaires sur celui à la charge des salariés du secteur privé, ou encore réexaminer, en cas de négociation catégorielle, le périmètre des métiers relevant des catégories actives ou super-actives et au sein de ces métiers, les fonctions exercées justifiant le bénéfice des avantages associés en matière de retraite....à suivre!