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23 / 09 / 2026 | 14 vues
Michel Berry / Abonné
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Les carburants d’aviation durables : La réglementation suffit-elle ?

C'est le sujet abordé par Marie CHERASSE et Yann-Eric MORETIngénieurs des mines, dans le dernier numéro de la Gazette de la société et des techniques, publication des Annales des Mines avec le concours du Conseil général de l’Économie et de l’École de Paris du management (1) 

 

L’Europe s’est dotée en 2023 d’une réglementation ambitieuse pour décarboner l’aérien via l’incorporation de carburants durables (SAF). Trois ans après, le bilan est contrasté : la filière des bioesters (HEFA) décolle, mais les carburants de synthèse (eSAF) ne trouvent pas preneur.


Entre objectifs jugés intenables, tensions géopolitiques et prophétie autoréalisatrice, l’heure est  aux choix.

Faut-il adapter la réglementation, créer de nouveaux instruments, ou s’inspirer du « darwinisme administré » à la chinoise pour ne pas rater, une fois de plus, le lancement d’une filière industrielle d’avenir ?

 

et...les auteurs de conclure:

 

" L’expérience de ReFuelEU montre ainsi qu’une réglementation et des objectifs, même ambitieux, ne suffit pas toujours à faire émerger une filière industrielle.


L’incitation a suffi pour faire démarrer la filière HEFA, grâce à des investissements et des coûts de production relativement faibles. Les eSAF et les bioSAF avancés
restent, eux, confrontés à un mur économique que les seuls mandats d’incorporation ne permettent pas de franchir.


L’enjeu dépasse pourtant le secteur aérien.


Derrière les eSAF se jouent également la souveraineté énergétique européenne et le maintien de compétences industrielles stratégiques.

 

Dans un contexte de compétition mondiale accrue, l’Europe ne peut se contenter de fixer des objectifs ; elle doit créer les conditions de leur réalisation.

 

La question n’est donc plus de savoir si les filières eSAF et bioSAF avancés doivent être lancées, mais comment partager les risques de leur démarrage. Entre instruments de marché complémentaires, adaptation pragmatique de la réglementation et politique industrielle plus volontariste, plusieurs voies existent.

 

Ne rien faire reviendrait à prendre le risque de dépendre demain des technologies et des carburants développés ailleurs, tout en constatant l’échec des objectifs que nous nous sommes nous-mêmes fixés.

 

(1) pour prendre connaissance du numéro de septembre:

Télécharger la Gazette n°138

 

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