Participatif
ACCÈS PUBLIC
21 / 05 / 2026 | 72 vues
Theuret Johan / Membre
Articles : 81
Inscrit(e) le 04 / 09 / 2017

La hausse du SMIC au 1er juin 2026 (+2,41 %) accentue encore le décrochage salarial des agents publics

Les effets dans la fonction publique de la revalorisation du SMIC au 1er juin

 

La hausse du SMIC au 1er juin 2026 (+2,41 %) accentue encore le décrochage salarial des agents publics : plus d’1 million d’agents percevront une rémunération équivalente au SMIC grâce à une indemnité différentielle.

 

Les graphiques du Sens du service public sont sans appel sur les enjeux salariaux dans la fonction publique :

 

🔹 Les agents de catégorie C sont massivement rattrapés par le SMIC : À partir du 1er juin, tous les agents de catégorie C de la grille C1 du 1er au 10e échelon auront un traitement indiciaire inférieur au SMIC.

 

🔹 L’ancienneté ne paie presque plus : Un agent de catégorie C avec 19 ans d’ancienneté ne gagnera plus que… 38€ bruts au-dessus du SMIC.

 

🔹 Le phénomène touche aussi les catégories B : Les agents de catégorie B du 1er au 5e échelon seront eux aussi sous le SMIC indiciaire. Même avec 6 ans d’ancienneté, l’écart avec le SMIC ne sera plus que de 33€ bruts contre 128€ en 2023.

 

🔹 Même la catégorie A est rattrapée : Un agent de catégorie A au 1er échelon ne percevra plus que 77€ bruts de plus que le SMIC.

 

Le déclassement salarial touche désormais l’ensemble des catégories de la fonction publique.

 

Pour le Sens du service public, 3 conséquences majeures :

 

️ Un nouveau tassement des grilles indiciaires : Quand le SMIC augmente plus vite que les traitements indiciaires, les premiers échelons des grilles se retrouvent alignés au même niveau. Résultat : les écarts de rémunération entre débutants et agents expérimentés se réduisent fortement, effaçant progressivement la reconnaissance de l’ancienneté, des qualifications et des responsabilités.

 

️ Il y a urgence à réviser les grilles indiciaires : La refonte des grilles devient indispensable pour redonner du sens aux parcours professionnels et assurer une véritable reconnaissance salariale des métiers publics.

 

️ Le chantier de la rémunération devient prioritaire : Sans réforme ambitieuse des rémunérations, une partie croissante des agents publics risque de basculer dans une forme de paupérisation salariale, avec des conséquences directes sur l’attractivité des métiers publics et la qualité du service public.

 

JohanT

 

 

Afficher les commentaires

Courrier adressé au Prémier Ministre le 18 mai 

 


Monsieur le Premier ministre,


Les organisations syndicales représentatives de la Fonction publique, CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU,
Solidaires, CGC, FA-FP, tiennent, par ce courrier, à vous alerter à nouveau sur la situation salariale des
agents publics.


Nous vous demandons une audience dans les plus brefs délais.


Monsieur Roland Lescure, le Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique a confirmé une inflation annuelle autour de 2.2 %. Monsieur Jean-Pierre
Farandou, le Ministre du Travail, a annoncé une revalorisation du Smic de 2,4 % au 1er juin.


Qu’en est-il dans la Fonction Publique ?


En dépit de nos nombreuses alertes, le gouvernement n’a pas annoncé de mesure générale de
revalorisation du point d’indice de rémunération des fonctionnaires.


• D’ores et déjà 356 000 agent·es perçoivent une indemnité différentielle pour ne pas être
rémunéré·es en dessous du SMIC. En confirmant la hausse du SMIC au 1er juin, les 10 premiers
échelons de la grille C1, les 7 premiers échelons de la grille C2, les 3 premiers échelons de la grille
C3, les 5 premiers échelons de B1, les 2 premiers échelons de B2, ainsi que les élèves
fonctionnaires des corps de catégorie A, passeront sous le niveau du Smic. Des centaines de
milliers d’agent·es, a minima plus de 700 000, seront une nouvelle fois rattrapé·es par le minimum
légal et se verront privé·es de perspective d’évolution de carrière.
• Ce nouveau tassement des grilles n’est pas acceptable. L’indemnité différentielle ne peut pas tenir
lieu de politique salariale, elle masque temporairement le problème sans le régler tout en
accélérant l’écrasement des carrières, niant les qualifications, l’expérience professionnelle et le
principe même de carrière. Elle ne pourra pas être prise en compte pour le calcul des pensions.
• Dans le même temps, la perte de pouvoir d’achat liée au décrochage du point d’indice se poursuit
malgré les revalorisations de 2022 et 2023 et l’attribution de 5 points d’indice au 1ᵉʳ janvier 2024.
Ces mesures n’ont jamais permis de compenser l’inflation. De plus, la non-reconduction pour la
deuxième année consécutive de la garantie individuelle de pouvoir d’achat a supprimé les
éléments de compensation pour des dizaines de milliers d’agent·es, souvent en fin de carrière,
dont le traitement reste bloqué.


Les organisations syndicales vous demandent une hausse de la valeur du point d’indice après trois
années de blocage.


En continuant à refuser toute mesure générale et immédiate de revalorisation indiciaire, en laissant
les grilles se faire rattraper par le SMIC, en réduisant les droits et garanties, le gouvernement alimente
une exaspération profonde.


Nos organisations vous demandent expressément :


• Des mesures salariales générales et notamment une revalorisation significative de la valeur
du point d’indice ;
• Le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat ;
• Le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agent·es qui sont en congé maladie
ordinaire et l’abrogation du jour de carence ;
• Des mesures de revalorisation et la refonte des grilles indiciaires permettant, dans chaque
catégorie, une véritable progression de carrière et la sortie des débuts de carrière du niveau
du Smic de même que la revalorisation des métiers à prédominance féminine ;
• L’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes ;
• Des garanties sur la mise en œuvre effective de la directive européenne sur la transparence
salariale, accompagnée de moyens pour des politiques d’égalité ;


Nos organisations réitèrent leurs disponibilités pour participer à un processus de négociation dans ce
sens.


Dans le même temps, nos organisations réitèrent également leur demande unanime d’abandon du
décret ASA et du projet régressif des droits au titre du temps partiel thérapeutique.


Nous vous demandons, Monsieur le Premier ministre, de recevoir dans les plus brefs délais une
délégation de nos organisations syndicales de la fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU,
Solidaires, CGC, FA-FP, afin d’échanger concrètement sur nos revendications et d’examiner les
mesures à mettre en place.


P