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01 / 10 / 2026 | 14 vues
CGT Macif UES SAM / Membre
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La CGT ne reste pas enfermée dans la salle de négociation

À la Macif, la CGT remet le mutualisme au cœur du débat
 

" La Macif n’appartient à personne, elle est un bien collectif impartageable. " — Jacques Vandier
 

Depuis le 2 juillet, la Direction de la Macif a ouvert une séquence lourde de conséquences en dénonçant les accords encadrant le droit syndical et le fonctionnement des CSE et du CSEC.
 

Les négociations sont maintenant engagées. La CGT y prend toute sa place et formulera ses propositions. Mais nous avons également fait un choix : nous ne laisserons pas cette discussion se résumer à une bataille de crédits d’heures autour d’une table de négociation.
 

Car derrière les chiffres, c’est aussi d’une certaine conception de l’entreprise dont il est question.
 

Lorsque la Direction propose, sur Macif SAM, de passer de 330 représentants de proximité à 60, de réduire fortement les moyens des commissions métiers, de revoir ceux des délégués syndicaux ou encore les conditions de déplacement des représentants, la question posée n’est pas seulement celle du nombre d’heures dont disposeront demain les représentants des salariés.
 

La question est aussi beaucoup plus simple : quelle place veut-on encore donner à la représentation collective des salariés dans une entreprise mutualiste ?
 

La CGT ne reste pas enfermée dans la salle de négociation
 

Depuis plusieurs semaines, nous avons donc décidé de porter ce débat au-delà des murs de l’entreprise.
La presse s’en est saisie. La Nouvelle République, puis L’Argus de l’assurance, ont consacré des articles à la dénonciation des accords et aux inquiétudes des organisations syndicales.
 

Notre Fédération CGT est également mobilisée et des contacts sont engagés à différents niveaux afin que ce qui se passe aujourd’hui à la Macif ne reste pas une affaire cantonnée à quelques négociateurs.
 

Nous souhaitons également porter cette question dans le monde de l’économie sociale et solidaire.
 

Et nous avons décidé d’aller plus loin en nous adressant directement aux salariés, sociétaires, délégués de sociétaires, anciens salariés et à toutes celles et ceux qui sont attachés au modèle mutualiste, à travers une pétition publique.
 

Il ne s’agit évidemment pas de demander aux sociétaires d’arbitrer une négociation syndicale.
Il s’agit de leur dire que ce qui se joue aujourd’hui concerne aussi une certaine conception de la Macif.
Se souvenir d’où vient la Macif
Cette histoire mérite justement d’être rappelée.
 

Jacques Vandier a profondément marqué la construction de la Macif. La Macif rappelle elle-même qu’il voulait faire vivre " un modèle d’entreprise démocratique " et qu’il a développé la représentation des sociétaires afin de les rapprocher des centres de décision. 


En 2020, la Macif reprenait encore cette phrase de Jacques Vandier :
"La Macif n’appartient à personne, elle est un bien collectif impartageable. "


Mais il existe une autre partie de cette histoire, particulièrement intéressante à rappeler aujourd’hui.


Le 16 février 1982, une délégation de la CGT conduite par Henri Krasucki rencontrait une délégation de la Macif conduite par son président Jean Dupont. Une déclaration commune CGT-Macif était signée.


Les propres archives historiques de la Macif indiquent que cette déclaration actait la nécessité de développer les rapports entre le mouvement syndical et le mouvement mutualiste d’assurance, « sur la base de l’indépendance et de la coopération ».  Ce n’est donc pas la CGT Macif de 2026 qui invente artificiellement un lien entre syndicalisme et mutualisme pour les besoins d’une négociation. Ce lien appartient à l’histoire même de la Macif.
 

L’histoire de la mutuelle comporte d’ailleurs d’autres épisodes révélateurs. Les archives Macif rappellent qu’en 1973 une liste d’union pour la défense de la mutualité, comprenant six salariés et conduite par Roger Etchegaray, sociétaire de sensibilité CGT, remporte l’assemblée générale ; les syndicats de salariés entrent alors au conseil d’administration. 

 

Jacques Vandier lui-même a consacré une grande partie de son parcours au développement du mutualisme et de l’économie sociale et solidaire. Lors de sa disparition, la Macif rappelait son attachement à un mutualisme associant performance, éthique, solidarité et démocratie. 
 

Cette histoire n’est pas anecdotique. Elle explique aussi pourquoi la négociation actuelle dépasse, pour nous, une simple discussion technique sur des mandats et des heures de délégation.


Le mutualisme ne peut pas fonctionner à sens unique
La Macif continue aujourd’hui à revendiquer publiquement les valeurs de confiance, de proximité et de solidarité. 
Nous ne lui reprochons évidemment pas de le faire.
Nous lui demandons d’être cohérente avec ces principes.
La proximité ne peut pas être indispensable lorsqu’il s’agit des sociétaires et devenir soudain excessive lorsqu’il s’agit des salariés.
L’action collective ne peut pas être célébrée dans la communication institutionnelle et devenir un problème lorsqu’elle prend la forme de l’action syndicale.
Et la démocratie ne peut pas s’arrêter à la gouvernance mutualiste.
C’est précisément pour cette raison que la CGT continuera à négocier et à porter ses revendications à la table des négociations.


Mais dans le même temps, nous continuerons à informer les salariés, à saisir la presse, à mobiliser notre Fédération, à interpeller les acteurs de l’économie sociale et solidaire et désormais à nous adresser aux sociétaires et à leurs représentants.


Ce n’est pas sortir du sujet de la négociation.

C’est rappeler que les choix qui sont faits aujourd’hui doivent aussi pouvoir être regardés à la lumière de l’histoire et des valeurs revendiquées par l’entreprise.

Défendre une certaine idée de la Macif

Notre démarche n’est pas tournée contre la Macif.

Elle vise au contraire à défendre une certaine idée de la Macif.

Une entreprise capable d’évoluer sans oublier ce qui l’a construite.

Une entreprise où la proximité ne s’arrête pas aux sociétaires.

Une entreprise où le collectif n’est pas seulement un élément de communication.
Une entreprise mutualiste qui considère que la démocratie sociale, la représentation des salariés et l’action syndicale ont également leur place dans son avenir.


La Macif aime rappeler son histoire. Nous aussi.
Et cette histoire nous enseigne justement que mutualisme, représentation et action collective ne sont pas des notions étrangères les unes aux autres.


Elles ont, au contraire, largement contribué à construire cette entreprise.
Parce qu’on ne construit pas la Macif de demain en effaçant ce qui a fait la force de celle d’hier.

 

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