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19 / 06 / 2026 | 10 vues
Ariane Dupré / Membre
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En finir avec la Smicardisation, c’est urgent !

Doper les salaires conventionnels pour en finir avec la Smicardisation, c’est urgent !

 

À  chaque revalorisation du Smic, seul salaire indexé sur l’inflation, le scénario se répète.
 

Dans nombre de conventions collectives, les premiers niveaux de salaires repassent sous le Smic. Et le phénomène s’accélère, boosté par la revalorisation automatique du Smic au 1er juin (+ 2,41 %), cela découlant de la forte hausse des prix (+ 2,4 % en mai sur un an) enregistrée depuis la guerre au Moyen-Orient. Bilan : selon les chiffres du ministère du Travail, présentés aux interlocuteurs sociaux lors du comité de suivi des salaires des branches le 27 mai, 70 % des branches ont des minima sous le Smic.

 

De fait, sur 179 branches, 126 (représentant 11,9 millions de salariés) ne sont plus en conformité depuis le 1er juin.

 

Elles devront renégocier les salaires conventionnels pour intégrer la revalorisation du Smic. Le décrochage des salaires est préoccupant dans le privé, ainsi que dans la fonction publique où l’Union interfédérale FO pointe la décision du gouvernement de ne pas augmenter la valeur du point d’indice. Solution ersatz afin que le traitement indiciaire de 862 000 agents ne bascule pas sous le Smic, le gouvernement a décidé du versement d’une indemnité différentielle.

 

La colère monte particulièrement aussi dans le secteur médico-social, où la plupart des conventions collectives de l’Action sociale et de la Santé privée affichent désormais des minima en dessous du Smic. Fin mai, dans le cadre d’une intersyndicale, la FNAS-FO et FO-Santé privée ont ainsi appelé à trois jours de grève pour alerter le ministère sur l’urgence d’augmenter les salaires.

 

De l’urgence d’une échelle mobile des salaires

 

Il faut donc  agir à plusieurs niveaux sur les salaires. D’abord, obliger le patronat des 126 branches non conformes à renégocier au plus vite. Lors de la réunion du 27 mai, la confédération a réitéré sa demande d’une conditionnalité des allègements de cotisations sociales accordés aux employeurs à la mise en conformité des salaires conventionnels.


Un mode dérogatoire pour le calcul du coefficient servant à établir le montant de la réduction générale (RGDU) de cotisations a certes été introduit dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.


Ce coefficient peut être calculé non sur la base du Smic mais sur celle du salaire minimum national professionnel ― donc dans la branche ― des salariés sans qualification. Pour les branches en délicatesse avec le Smic et qui n’ont prévu aucune négociation pour se mettre en règle, ce mode de calcul fait forcément baisser le montant des exonérations… Mais le décret n’est toujours pas paru. Il est urgent d’augmenter chacun des niveaux de salaires dans une grille 

 

C’est une véritable paupérisation des salariés qui se met en place.

 

De nombreuses branches se contentent de réajuster les premiers coefficients des grilles salariales au niveau du Smic et n’augmentent pas les autres. Le patronat tire les salaires vers le bas, parce que les employeurs bénéficient d’exonérations de cotisations jusqu’à 1,6 fois le Smic.


Résultat : les grilles salariales se tassent d’année en année, analyse Franck Mary-Montlaur, secrétaire confédéral chargé de la négociation collective et de la représentativité.

 

Il s’agit donc d’en finir avec ce tassement des grilles qui aboutit à une Smicardisation des salaires.

 

La confédération ne cesse ainsi de rappeler l’urgence de restaurer une échelle mobile des salaires. Elle demande aussi la suppression de l’article 3231-3 du Code du travail, stipulant l’interdiction des clauses comportant des indexations sur le salaire minimum de croissance [le Smic, NDLR] ou des références à ce dernier en vue de la fixation et de la révision des salaires prévus par ces conventions ou accords. 

 

Quand le Smic augmente, tous les autres salaires devraient suivre, appuie Franck Mary-Montlaur. Pour l’heure, plusieurs fédérations  ont déjà exigé la réouverture de négociations conventionnelles, en visant des hausses salariales sensibles, nettement supérieures à la revalorisation du Smic.

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