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11 / 06 / 2026 | 8 vues
Jean-Philippe Milesy / Membre
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Les réductions des crédits ESS, symptôme d’un mal plus profond

Voilà deux ans que l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire  (UDES) sonne l’alarme. Un vaste plan social est en cours qui pourrait toucher près de 186.000 emplois. Déjà plus de 12.000 emplois ont été perdus dans les derniers mois.

 

Les nouvelles réductions des crédits annoncées pour l’ESS risque d’être dramatiques.
 

Car au-delà des destructions d’emplois ce sont « des associations qui accompagnent les personnes âgées ou en situation de handicap, des structures qui favorisent l’insertion professionnelle, des acteurs qui maintiennent des services de proximité, des initiatives qui renforcent la cohésion sociale et la vitalité de nos territoires » qui vont se trouver menacées. « Ce sont des réalités humaines très concrètes qu’ils concernent » pour reprendre ici la lettre ouverte que l’UDES vient d’adresser au ministre Serge Papin.

 

Alors que des milliards sont consacrés à l’édification de data centers aux effets de prédation annoncés ou à de vaines dépenses miliaires, l’engagement social de l’ESS subit les mêmes réductions de crédit que celles que doivent subir l’ensemble des interventions sociales de l’État et même les crédits de la Justice dont une récente affaire vient de montrer cruellement le manque de moyens.

 

« Choose France » au profit des grands intérêts multinationaux est l’aveuglante priorité d’un gouvernement qui ne montre plus la moindre considération pour les habitantes et les habitants du pays dont la santé et le bien-être, l’éducation et la culture sont bazardées au gré des réductions de crédit.

 

Pour en revenir à l’ESS, alors que le gouvernement proclame sa volonté d’une « stratégie nationale » pour son développement, toutes les pratiques budgétaires nationales, comme les contraintes imposées au collectivités territoriales, montrent un désintérêt voire un mépris profond pour celle-ci et ses acteurs et c’est à raison que le président de l’UDES a annoncé son retrait du processus.

 

Le temps n’est plus aux atermoiements. Il est à une mobilisation !

 

Et cette mobilisation se trouve d’autant plus nécessaire que de lourds nuages semblent se profiler.

 

Le municipalités RN , mais pas qu’elles, opèrent déjà des coupes qui ne sont pas que symboliques à l’encontre des associations qui montrent la moindre autonomie.

 

Alors que Claire Thoury vient d’être portée à la tête du CESE, cette troisième assemblée de la République, comme ses homologues régionaux, les CESER, sont menacés  par le RN, l’UDR et une partie de la droite dite »classique » non tant pour les économies que leur suppression représenterait mais pour les lieux vivants de démocratie sociale qu’ils sont.

 

Les libertés associatives sont menacées par un usage abusif du Contrat d’engagement républicain, de plus en plus souvent reconnu comme tel par les juridictions administratives.

 

Et il y a les nouveaux ajustements fiscaux— le CIBS—, la surinterprétation des règles européennes qui cherchent à aligner les entreprises non-lucratives de l’ESS sur un modèle unique, l’expérimentation de transfert à des Tribunaux aux affaires économiques—composés de commerçants et d’entrepreneurs marquant à tout le moins une méconnaissance voire une hostilité aux modèles ESS— des procédures collectives des associations.

 

Tout cela s’accumule. L’État-arbitre auquel veulent encore croire bien des dirigeants de l’ESS est de plus en plus un État au service des seuls intérêts de grands groupes capitalistes qui tendent vers les « lumières sombres » trumpiennes pour reprendre le titre de l’ouvrage d’Aranud Miranda.

 

La démocratie sociale est gravement mise en cause et la démocratie politique vacille.

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