Assurance maladie obligatoire et complémentaires santé : l'Igas et l'IGF se penchent aussi sur le sujet
Décidément, à la veille de la finalisation du PLFSS pour 2027, les réflexions pleuvent et nous sommes surement pas au bout de nos surprises...
Dans le prolongement du rapport « Refonder l'articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé au service de la transformation du système de santé » d'Elisabeth Hubert, Nicolas Bouzou, Stéphane Junique et Franck Von Lennep, évoqué dans ces colonnes encore récemment l'IGF (Inspection Générale des Finances) et l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) viennent de publier des travaux d'analyses et de chiffrages sur plusieurs scénarios d'évolution du partage des financements entre assurance maladie obligatoire (AMO) et complémentaires santé (AMC).
Si ce rapport ne formule pas ouvertement de recommandations:
- il analyse les différents scénarios de bouclier sanitaire, consistant à plafonner les restes à charge après assurance maladie obligatoire : au-delà d'un certain montant de dépenses de santé, l'assurance maladie prendrait en charge 100 % des dépenses de santé.
- il présente l'impact de différentes options sur les dépenses publiques, les restes à charge des assurés et le niveau des primes payées auprès des complémentaires santé.
- Il étudie également plusieurs scénarios de « décroisement » du panier de soins, consistant à confier intégralement certains postes de dépenses à un seul financeur (AMO ou AMC), en mettant fin au mécanisme de copaiement.
- et présente également les effets redistributifs de ces scénarios.
Ces travaux se veulent apporter un éclairage chiffré aux débats sur l’avenir du financement des dépenses de santé. et contribuer à éclairer la décision publique....mais nul doute qu'il va susciter nombreux commentaires et réactions .
La Mutualité Française appelle depuis des mois à une refonte globale et à ouvrir une discussion collective sur l’avenir de notre système de santé, associant toutes les parties prenantes.
De son côté, France Assos Santé a tenu à faire part de ses inquiétudes majeures en matière de solidarité et d’égalité d’accès aux soins. Pour elle, les décisions sur le contenu de la couverture, la répartition des financements entre AMO et complémentaires, et les conséquences pour les restes à charge ne peuvent être prises sans une représentation pleine et entière des usagers.
Réformer l’articulation entre Assurance maladie et complémentaires ne peut se traduire par moins de solidarité ou davantage d’inégalités. Avant tout transfert ou redéfinition des paniers de soins, les conséquences concrètes sur les cotisations, les restes à charge et l’accès aux soins doivent être objectivées, et les usagers pleinement associés aux choix qui détermineront leur protection de demain.