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02 / 07 / 2026 | 19 vues
FO France Travail / Membre
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Situation Économique 2025 de France Travail: le grand trucage des chiffres !

Des millions dans les caisses, la misère dans les agences.

 

La Direction a présenté la semaine dernière  les résultats financiers 2025 en Commission Économique Centrale .


Derrière les tableaux comptables froids et la novlangue technocratique, notre syndicat  dénonce une réalité révoltante : l'établissement réalise des économies sur le dos des agents épuisés et des usagers précarisés !

 

Le mirage de l'excédent : 106,8 millions de bénéfices... pour qui ?

 

La Direction affiche fièrement un résultat excédentaire de 106,8 millions d’euros pour 2025. Un scandale pour un établissement public de l'emploi en pleine crise sociale ! De plus, la DG a augmenté nos salaires de 1,75% en janvier 2025 laissant les premiers niveaux de classification sous le SMIC et un pouvoir d’achat en berne. Depuis, report permanent de la négociation sur les salaires (prévue désormais le 30 juin) alors qu’avec plus de 100 millions, c’est 3% d’augmentation générale dont nous avons été privés.

 

  • Une amélioration en trompe-l'œil : Ce bénéfice masque des capitaux propres structurellement exsangues et une explosion des dettes qui frôlent les 2,5 milliards d'euros.
  • « Le désengagement massif de l'État : L’État baisse sa subvention de 225 millions d’eurosen 2026 après une première coupe de 100 millions d’euros en 2025 et ampute le Plan d’Investissement dans les Compétences de 81 millions . »
  • Le hold-up sur les cotisations : C'est désormais l'argent des cotisations de l’Assurance Chômage (Unédic) qui est détourné pour financer le fonctionnement courant et la mise en œuvre de la loi Plein Emploi. Le paritarisme est piétiné !

 

Moins de formation, plus de flicage : Le service public dénaturé

 

Au moment même où la loi Plein Emploi amène 1,2 million de nouveaux inscrits (flux massif de bénéficiaires du RSA et jeunes des Missions Locales), les budgets d'intervention s'effondrent de 9,7 % !

  • Le sabotage des compétences : Les aides individuelles à la formation chutent de 37 % et les actions collectives de 14 %. On prive les usagers de reconversions longues pour les pousser vers des emplois précaires sous contrat de "former pour recruter" (POEI).
  • Moins de formation, plus de contôle : Pendant que la formation s'effondre, les moyens de contrôle explosent ! 300 agents supplémentaires ont été affectés au contrôle de la recherche d'emploi, atteignant près de 1 million de contrôles pour 140 000 sanctions. (commentaire nous avons beaucoup de collègues FO dans les CRE)

 

L'outil mathématique de la précarisation : La "Fongibilité Asymétrique"

Pour la Direction, les agents ne sont que des variables d'ajustement comptables (les fameux ETPT).

  • Hécatombe sur les effectifs : Le budget 2026 acte la suppression brutale de 1 038 postes (515 sous plafond d’emploi et 523 hors plafond d’emploi) ainsi que de 1 000 contrats de service civique alors que nous avions déjà subi une première réduction de 281 postes en 2025.
  • Le piège des RH : Sous couvert de "fongibilité asymétrique", la direction utilise l'argent des postes de CDI non pourvus pour recruter des CDD. C'est l'organisation scientifique de la précarité interne, sans jamais pérenniser les emplois.
  • Le mirage de l'Intelligence Artificielle : On nous vante les 2 360 ETP "dégagés" grâce à l'automatisation et à l’outil MatchFT. Ces postes sont officiellement sans que nous puissions le vérifier.On détruit le sens de nos métiers et aggrave la charge mentale en agence !

 

 

Un désengagement massif de l’état 

 

Notre institution vie au rythme du désengagement massif de l’Etat depuis 2009 : La subvention d’état de 2009 était de 1,36 milliards d’euros, elle est de 1,13 en 2026. En euros constant de 2009 avec une inflation de 32,5%, pour maintenir l’engagement de l’état il aurait donc fallu une subvention de 1,80 milliards.

 

Face à la contribution de l’UNEDIC ce déséquilibre est encore plus inquiétant, en 2009 le rapport entre contribution/subvention était de 2,23 en 2026 le rapport est passé à 4,56. Plus de 73% de notre budget global (7,059 milliards) provient de l’assurance chômage. L’addition du financement d’état, le FSE et les autres subventions ne pèse plus que 755 millions d’euros.

 

Il est à noter que France Travail, l’Etat et L’UNEDIC ont signé pourtant une convention tripartite 2024/2027 indiquant une subvention de 1,35 milliards d’euros par an. En 2025, l’état n’a pas honoré sa signature avec une subvention de 1,2 milliards et en 2026 il ne versera que 1,13 milliards. En deux années c’est donc 361 millions d’euros qui manque dans nos caisses. Cette saignée s’inscrit dans un contexte ou l’inscription de tous est intervenue : 1,2 million d’inscrit supplémentaire.

 

Ce désengagement est visible y compris dans le volume des emplois de notre institution, de 53216 collègues en 2024, nous passons à 51897 en 2026. C’est donc -1319 postes qui ont disparu dans notre plafond d’emploi, marquant aussi une volonté de l’état de tailler dans nos effectifs.

 

Moins d’emplois, moins de budget voici le cocktail explosif qui accompagne l’année 2026. Alors que nous sommes censés consolider la « loi plein emploi » comme l’annonce la DG ; c’est plus de missions, plus d’obligations avec une force de travail réduite et des moyens d’accompagner des usagers en perpétuel baisse depuis 4 ans.

 

 

Face à la dégradation du terrain, notre syndicat  exige :

 

  • La réinjection immédiate de l’excédent de 106,8 M€ dans l'amélioration de nos conditions de travail, la revalorisation de la valeur du point pour les salariés de droit privé, et des mesures d’attractivité pour les agents de droit public.
  • La sanctuarisation des budgets CDI pour des embauches pérennes supplémentaires et l'arrêt immédiat des suppressions de postes.
  • La réintégration en interne des budgets externalisés, 412 millions d’euros, vers les opérateurs privés (Section 3). L'argent public doit financer le service public, pas le privé !

 

Les milliards des tableaux budgétaires se traduisent chaque jour sur le terrain par des collègues non remplacés, des charges de travail intenables et des usagers livrés à eux-mêmes.

 

Ne nous laissons pas imposer la rigueur !

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