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16 / 06 / 2026 | 8 vues
Sandra Déraillot / Membre
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Situation économique nationale : des signaux toujours inquiétants

Au premier trimestre 2026, les données des comptes trimestriels révèlent une contraction du PIB de 0,1 %, alors que l’Insee avait prévu une stagnation. Le 16 juin, la Banque de France (BdF) a, elle, abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,5 %, contre 0,9 % antérieurement. Le pouvoir d’achat des ménages poursuit sa dégradation : après avoir baissé de 0,8 % en 2025, il accuse un recul de 0,1 % au premier trimestre 2026. L’investissement par les entreprises baisse de 0,4 % et du côté des ménages, la baisse est de 1,5 %. Le Medef craint une récession.

 

Du côté de l’emploi, un résultat pourrait apparaître positif.

 

Le taux d’activité atteint son plus haut niveau historique : 75,6 % de la population en âge de travailler est en poste ou en recherche d’emploi. Mais… il y a un mais.

Le taux de chômage progresse, lui, de 0,2 % sur le premier trimestre. Il se situe à 8,1 % ― représentant 2,6 millions de demandeurs d’emploi ― et poursuit une remontée progressive depuis 2023. Les 15-24 ans demeurent les plus touchés, avec un chômage à 21,1 %, soit deux points de plus sur un an et 4,5 points de plus en trois ans.

 

L’inflation quant à elle est passée de 0,7 % en décembre 2025 à 2,4 % en mai dernier, sur un an. La BdF prévoit 2,5 % sur 2026. Déjà la hausse des prix pèse sur le pouvoir d’achat et a concrètement effacé le rattrapage des pertes (depuis la sortie du Covid) qui était en cours d’achèvement avant le déclenchement de la guerre fin février au Moyen-Orient.

 

L’Insee prévoit déjà une baisse des salaires réels (c’est-à-dire ajustés de l’inflation) de 0,5 % au deuxième trimestre 2026.

 

Les données collectées par la Dares révèlent également une stagnation des montants des primes de partage de la valeur, en 2024 et 2025 (3,5 milliards versés aux salariés chaque année, après un montant record en 2023 (5,1 milliards). L’année 2026 a tout d’inquiétant.

 

 

Salaires du secteur public : En  l’absence d’avancées cet été, la construction de la mobilisation sera inéluctable

 

Alors que le pouvoir d’achat des fonctionnaires affiche une dégringolade d’un tiers depuis le début des années 2000, l’exécutif répond à la demande d’augmentation générale des traitements/salaires indiciaires par une indemnité différentielle dont le seul rôle est de contrer le plongeon mécanique des premiers échelons de certaines grilles sous le Smic revalorisé au 1er juin. La mesure n’a rien à voir avec une revalorisation des grilles indiciaires des trois catégories (A, B et C) et n’est en rien non plus un outil permettant de rendre attractives les carrières de la Fonction publique.

 

La lettre intersyndicale adressée au Premier ministre le 18 mai pour alerter sur la situation salariale des agents publics a reçu une réponse in extremis. Quelques heures seulement avant la conférence de presse que les huit organisations syndicales représentatives au sein de la fonction publique  ont organisé le 3 juin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a pris la plume pour proposer un  rendez-vous salarial au début du mois de juillet afin de renouer avec le dialogue salarial annuel.

 

Allusion au départ des syndicats de la revue stratégique 2035-2050 sur la fonction publique annoncé début mai. Nous sommes partis précisément parce que le ministre avait ouvert la rencontre en annonçant qu’il n’y aurait rien sur la table, pas de mesure immédiate relative à l’inflation ou à l’évolution des rémunérations, précise Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonction publique.

 

Alors qu'on peut  observer une baisse de pouvoir d’achat de 33 % de la valeur du point d’indice depuis 2000 et que ce point est à nouveau gelé depuis 2024. Autant dire que si le « rendez-vous salarial » proposé est placé sous les mêmes auspices, il risque de rapidement tourner court.

 

L’exécutif mène une politique qui affame le système de rémunération

Dans son courrier, David Amiel considère, lui, que le système de rémunération des fonctionnaires est arrivé en bout de course et devient obsolète. Il créerait des injustices et condamnerait à des mesures correctives imparfaites. 

 

Mais l’exécutif mène une politique qui affame le système de rémunération et nous explique aujourd’hui qu’il est obsolète, s’insurgent ensemble les organisations syndicales.

Le ministre rappelle la majoration – publiée le 31 mai – des remboursements des frais de déplacement des agents de l’État et de ceux des établissements hospitaliers utilisant leur véhicule personnel pour les besoins de leur service, à hauteur de 3,2%. Il revient sur l’indemnité différentielle mise en œuvre à l’intention de 862 000 agents publics afin qu’aucun d’entre eux, soit les personnels aux plus bas échelons des grilles, ne voit son salaire indiciaire passer sous le Smic. Il précise encore que la rémunération des agents est formée aussi, à hauteur de 20 à 30 %, de primes. 

 

C’est la première fois qu’un ministre ose dire que l’indemnitaire permet aux agents d’être rémunérés au-dessus du Smic, constate Christian Grolier. Mais dans ce cas, alors il faut aussi que l’indemnitaire soit pris en compte pour le calcul des pensions de retraite.

 

Exigence d’une revalorisation immédiate

 

L’intersyndicale maintient plus que jamais sa demande d’une augmentation du point d’indice et FO pour sa part complète en rappelant ses revendications prioritaires.

Au-delà ainsi de sa demande de hausse immédiate de la valeur du point d’indice, à hauteur de 10%, l’Union interfédérale FO demande la compensation de la perte subie, par les différents gels, sur la valeur du point d’indice depuis le 1er janvier 2000, l’indexation de la valeur du point d’indice sur l’inflation, des pieds de grille des catégories C, B et A, respectivement à 120, 140 et 160 % du Smic.

Elle demande aussi la suppression de la moindre indemnisation (90% du traitement indiciaire au lieu de 100%) des arrêts maladie courts (moins de trois mois).

"Nous souhaitons passer par la négociation mais si l’été passe sans que rien ne bouge, alors il nous faudra construire la mobilisation et établir le rapport de force", conclut Christian Grolier.

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