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La biodiversité au cœur des enjeux
Depuis plusieurs années, la prise de conscience de la dégradation de la biodiversité et de nos écosystèmes entraîne des conséquences notables sur nos modes de vie et nos systèmes économiques. L’extinction accélérée des espèces, la perte de terres et de ressources naturelles, ainsi que les menaces pesant sur les écosystèmes essentiels, engendrent des risques économiques significatifs.
Ces dangers incluent la perturbation des chaînes d’approvisionnement, l’augmentation des coûts des matières premières et des pertes pour de nombreux secteurs économiques dépendants de la nature, tels que l’agriculture et la pêche, essentiels pour la sécurité alimentaire mondiale.
Luisa Florez, Directrice des recherches en Finance Responsable chez OFI Asset Management, fait le bilan de l'année 2025 et livre ses réflexions pour l'année à venir
Ofi Invest Asset Management porte une attention particulière à ces thématiques, car elles peuvent avoir un impact sur nos décisions d’investissement. Une hausse de l’inflation liée aux prix des matières premières ainsi qu’une limite à la croissance par la raréfaction des ressources naturelles sont des variables économiques à prendre en compte dans une analyse prospective. De plus, nous avons placé les valeurs humaines et la protection de l’environnement au cœur de notre stratégie depuis quelques années, inspirée par nos actionnaires historiques mutualistes.
Notre objectif est d’accompagner les investisseurs dans leur démarche d’investissement responsable. Face à la diversité des attentes extra-financières, nous offrons une large gamme de solutions d’investissements responsables, de services d’accompagnement et de reporting adaptés aux enjeux du développement durable¹.
Convaincue que la collaboration entre investisseurs est essentielle pour répondre aux risques systémiques liés à la dégradation de nos écosystèmes, Ofi Invest Asset Management a également décidé de s’engager dans des initiatives collectives dédiées à la préservation de la biodiversité (FABRIC 2 et SPRING 3) afin d’accélérer la transformation des entreprises.
Bilan 2025
2025 s’achève sur une note contrastée pour la biodiversité. Alors que les catastrophes naturelles, incendies ravageurs et ouragans de forte intensité rappellent l’urgence d’agir, les tensions géopolitiques et le recul des engagements climatiques ont fragilisé la dynamique mondiale. Le retrait des États-Unis de l’accord de Paris et la promotion des énergies fossiles illustrent cette tendance, tandis que la finance durable, longtemps perçue comme un pilier de la transition, a connu un coup d’arrêt : remise en cause réglementaire et perte d’attractivité des produits labellisés ont marqué l’année.
Pourtant, au milieu de ces turbulences, des avancées majeures sont venues raviver l’espoir et redonner un cap.
En effet, l’année a été jalonnée d’événements structurants qui témoignent d’une volonté internationale de préserver la biodiversité, malgré un contexte économique et politique incertain.
La COP16 1, dont la seconde session s’est tenue à Rome en février, a permis de franchir un pas décisif.
Après l’échec de Cali, les négociations ont abouti à des mesures ambitieuses : mobilisation de 200 milliards de dollars par an d’ici 2030, création du Fonds de Cali pour soutenir les peuples autochtones, mise en place d’un mécanisme financier permanent et d’un système multilatéral de partage des avantages liés aux données génétiques. Ces décisions renforcent le cadre Kun- ming-Montréal et posent les bases d’une coopération durable.
Dans le même esprit, la triple COP 1 de Bâle, Rotterdam et Stockholm a marqué une étape décisive dans la lutte contre la pollution chimique. Les 187 pays réunis ont adopté des mesures fortes : contrôle accru des déchets plastiques pour limiter leur exportation vers les pays en développement, interdiction de substances toxiques persistantes comme l’APFO et le Dicofol, et transparence renforcée sur les produits chimiques dangereux.
Ces avancées traduisent une prise de conscience globale : la santé des écosystèmes est indissociable de celle des populations.
2025 a aussi mis en lumière la nécessité d’agir sur des menaces persistantes, à commencer par les PFAS, ces composés perfluorés omniprésents jusque dans l’Arctique. Leur impact sur la biodiversité est alarmant : altération des habitats, perturbation des interactions biologiques, bioaccumulation dans la chaîne alimentaire.
Face à ce constat, l’Union européenne envisage une interdiction totale dès 2026, malgré un lobbying intense des industriels. Cette bataille illustre la complexité des enjeux : concilier impératifs économiques et préservation des écosystèmes.
Enfin, sur le plan réglementaire, malgré les simplifications importantes de certaines règles en matière de reporting, comme la CSRD 4 et CSDDD5, l’Europe demeure un moteur, affirmant que la transparence et la comparabilité sont des leviers essentiels pour orienter les capitaux vers des solutions durables.
Perspectives 2026
À l’aube de 2026, les défis restent immenses, mais les opportunités sont réelles. La rationalisation des cadres réglementaires (CSRD, CSDDD, SFDR 6) vise à simplifier sans renoncer à l’ambition. Cette évolution est cruciale pour restaurer la confiance des investisseurs et maintenir l’élan vers la durabilité.
En fin d’année 2025, le Parlement européen a acté le report et la simplification du règlement contre la déforestation. Les entreprises disposeront d’une année supplémentaire pour se conformer aux nouvelles règles de l’Union européenne visant à prévenir la destruction des écosystèmes forestiers. En 2026, elles devront adapter leurs chaînes d’approvisionnement et leurs pratiques commerciales afin de garantir que leurs produits ne contribuent pas à la déforestation.
L’année sera également marquée par un rendez-vous majeur : la COP17¹ en Arménie, en octobre. Cette conférence constituera une étape clé pour évaluer les progrès du cadre Kunming-Montréal et renforcer la coopération internationale. Elle sera l’occasion de trans- former les engagements en actions concrètes, dans un contexte où les phénomènes climatiques extrêmes, les tensions géopolitiques et la perte de biodiversité redéfinissent les risques sur les marchés.
Malgré les turbulences, l’Europe et l’Asie confirment leur leadership, tandis que les États-Unis persistent dans leur opposition idéologique aux thématiques de durabilité. Au sein d’Ofi Invest Asset Management, nous souhaitons continuer à accompagner la transformation des entreprises et de l’économie, en investissant dans les entreprises dont nous estimons les pratiques plus durables.
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1 – Cf. glossaire p. 54.
2 – FABRIC : lancé à l’automne 2024 par la fondation Finance for Biodiversity (FfB), FABRIC est un programme collectif d’engagement des investisseurs visant à traiter les impacts du secteur du textile et de l’habillement sur la nature. L’initiative rassemble des investisseurs afin de promouvoir des pratiques favorables à la biodiversité dans le textile et l’habillement.
3 – SPRING vise à traiter le risque systémique que représentent la perte de biodiversité pour les sociétés et la création de valeur à long terme des portefeuilles. Le levier principal de cette initiative est d’améliorer les pratiques des entreprises en matière de perte de forêts et de dégradation des sols.
4 – CSRD : Corporate Sustainability Reporting Directive (https://portail-rse.beta.gouv.fr/csrd/csrd-comprendre-la-directive-europeenne-et-ses-enjeux-pour-la-
durabilite/). - Cf. glossaire p. 54.
5 – CSDDD : Corporate Sustainability Due Diligence Directive (https://www.novethic.fr/definition/csddd). - Cf. glossaire p. 54.
6 – SFDR : Sustainable Finance Disclosure Regulation (https://www.greenscope.io/sfdr)