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14 / 01 / 2022 | 23 vues
Jean Paul Segade / Membre
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Et si réduire le nombre de personnels administratifs dans les hôpitaux n'était qu'un slogan ?

Depuis la crise sanitaire, les études et analyses qui visent à identifier les failles de notre système hospitalier fleurissent. La question du nombre d’administratifs à l’hôpital est fréquemment remise au coeur du débat.

 

S’il est légitime de penser que les moyens budgétaires doivent être priorisés sur le personnel médical et soignant, il serait injuste de considérer que les personnels administratifs sont trop nombreux car les chiffres offrent une vision erronée de la réalité du terrain. En vérité, le personnel administratif ne représente que 12 % des effectifs non soignants. Et parmi ces 12 % la moitié seulement sont des personnels administratifs au sens strict, le reste étant composé de secrétaires médicaux qui sont des appuis indispensables aux médecins et aux soignants, de personnels chargés de la logistique (restauration, blanchisserie…), de personnels médico-techniques (laboratoires, radiologie…), sans oublier les personnels en charge de l’informatique.

 

Ce « débat du nombre » conduit à plusieurs interrogations :

 

  • Si l’externalisation n’est pas toujours gage d’économies et de qualité, un hôpital doit-il produire en interne ou externaliser ce qui relève de la restauration, du linge, de la blanchisserie mais aussi de son informatique ? L’expérience du terrain montre parfois la difficulté d’obtenir un accord local pour externaliser les activités logistiques et administratives.
  • L’hôpital à travers ses normes et procédures engendre nous le savons, de trop nombreuses lourdeurs. Le nombre important de personnels administratifs n’est-il pas la résultante d’un trop plein de règles administratives imposées par l’État aux hôpitaux ? Le cas des cliniques privées est à cet égard éclairant : selon les chiffres de la Drees de 2019, le personnel administratif représente 14 % des effectifs, soit plus que dans les hôpitaux publics. Ce nombre n’est-il pas la résultante du poids des statuts locaux ou des normes administratives touchant à la fois la gestion comme l’activité médicale ?
  • L’hôpital continue aujourd’hui de titulariser pour 40 ans des agents sur des métiers qui seront fortement impactés voire supprimés par l’évolution rapide du numérique. Un certain nombre d’activités se verront donc informatisées. À cet égard, ne devrions nous pas utiliser le potentiel des NTICS et de l’IA pour reconvertir des postes administratifs ?

 

Cette question interpelle aujourd’hui le monde politique dans le cadre de l’élection présidentielle. Il faut toutefois veiller à ne pas faire des chiffres des slogans. Faire des slogans, ce n’est pas faire de la politique, ce n’est pas définir une stratégie. Finalement, et si plus que la critique peu constructive consistant à dire que les personnels administratifs sont trop nombreux, nous nous attelions à travailler sur la performance des fonctions administratives ?

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