La hausse des tarifs d’EDF provoque les foudres de l'AFOC
juil. 17
Theme: Vie économique
Depuis le 1er juillet, EDF est obligé de vendre - mais à prix fort - un quart de sa production d’électriciténucléaire à la concurrence. Cette réforme pourrait faire flamber les prix de l’énergie.
À l’origine de la disposition de la loi NOME, qui est entrée en vigueur le 1er juillet, il s’agissait de doper la concurrence du marché de l’électricité, ultra dominé par EDF, et de maintenir des prix compétitifs. C’est tout le contraire qui risque d’arriver.
La loi pour une Nouvelle organisation du marché de l’électricité a été votée en novembre par le Parlement, sur l’insistance de la Commission européenne. Elle contraint EDF de vendre jusqu’à un quart de la production de ses centrales nucléaires à ses concurrents, DirectEnergie ou GDF. Restait à voir à quel prix, sachant qu’un tarif trop élevé risquait d’entraver la démarche.
La commission de régulation de l’énergie (CRE) avait préconisé une fourchette allant de 36 à 39 euros le MWh. Mais EDF, qui affirme devoir investir dans l’entretien des centrales, l’a emporté: le tarif sera de 40 euros en 2011 et 42 euros à partir de 2012. Actuellement, les Français paient le MWh entre 32 et 34 euros, soit 27% de moins. Ce prix fort se répercutant sur les clients, tout laisse donc présager une envolée des factures d’électricité en France. La hausse globale est estimée à 25% sur cinq ans.
Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé une hausse de 2,9%, au 1er juillet 2011, du tarif bleu pour les particuliers, tout en assurant qu’il resterait ensuite stable durant un an, soit après les échéances électorales de 2012. Pour les entreprises en revanche, les tarifs verts et jaunes ont augmenté de 4,9% au 1er juillet.
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) devait donner son avis sur ces augmentationsle 21 juin. Avant de se prononcer, elle a convié les associations de défense des consommateurs. «Ils nous ont fait venir seulement 9 jours avant l’échéance, et l’échange était limité à 20 minutes au total pour l’ensemble des structures qui étaient reçues en même temps, ça ne servait à rien, dénonce Alain Missé, juriste chargé du dossier à l’AFOC.
Les pouvoirs publics ont déjà tranché, les commissaires attendaient juste un blanc-seing de notre part, mais nous ne sommes pas là pour les cautionner.».
L’association conso de Force Ouvrière, l’AFOC, a refusé d’assister à cette «parodie de consultation» et demande un «réel débat».
Le juriste dénonce également la problématique de sûreté nucléaire mise en avant par l’ancien monopole public. «Depuis des années les politiques d’EDF ne tenaient pas compte de l’entretien des outils de production, poursuit-il. Au lieu d’épargner en ce sens, ils se sont goinfrés avec les actionnaires et ont privilégié les achats aventureux à l’international.»
Selon lui, quatre ans après sa mise en place, le consommateur ne perçoit toujours pas les bénéfices de l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence.
«L’enjeu est important car l’électricité est un bien essentiel, son tarif va toucher tous les consommateurs dont le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer.»
L’AFOC va également veiller à ce qu’EDF rembourse bien de manière automatique les trop-perçus inférieurs à 15 euros, comme l’y contraint désormais la loi .
Source: AFOC/ FO Hebdo
1 commentaire
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10 mois
Une honte
par Baptiste Srilbi
EDF nous mens de long en large et en travers. Ils n'assurent pas la sécurité et les travaux de leurs centrales nucléaires et cependant, ils augmentent les tarifs de presque 10% en 1 an, ils imposent leurs tarifs de l'Arenh pour répondre à la loi Nome. Et en attendant, GDF-Suez, Powéo et autres qui souhaitaient faire marcher la concurrence et ainsi faire une guerre des prix se retrouvent à devoir prendre et imputer des tarifs déraisonnables et tout ca, pour le bien des ménages.