Les banques françaises ont bien surmonté la crise ! Les premiers résultats 2010 laissent un goût amer...
févr. 18
Theme: Vie économique
De qui s'est-on moqué ? BNP Paribas et Société Générale ont fait exploser leurs bénéfices, alors que la crise financière a coûté, selon certains experts, plus de 10 points de PIB au pays.
Une à une, les banques françaises présentent leurs résultats pour l'année 2010, avec des bénéfices d'une telle ampleur que l'on pourrait croire qu'il n'y a jamais eu de crise en... 2008.
BNP Paribas affiche un bénéfice net de 7,8 milliards €, et la Société Générale vient de faire connaître le sien qui s'élève à 3,9 milliards €... et a été multiplié par 7 par rapport à 2009 ! Elle va donc verser à ses actionnaires un dividende de 1,75 € par action, au lieu de 0,25 € précédemment. Imagine-t-on les salaires multipliés eux aussi par 7 ?
Ce qui laisse un goût amer, c'est l'indécence des banquiers, qui ont repris de plus belle leur pratique de rémunération mirobolante pour les dirigeants et de bonus pour leurs traders, alors qu'il existe toujours une forte incertitude sur la qualité de leurs bilans, notamment pour ce qui concerne des actifs toxiques ou des obligations souveraines (obligation émise par un gouvernement, dans une devise autre que la sienne).
Les banques ayant repris de plus belle leurs activités de marché, on peut se demander si elles ne prennent pas à nouveau des risques inconsidérés, alors qu'aucune mesure sérieuse de régulation n'a été prise depuis 2008, ce qui prouve toute la puissance du lobbying bancaire. Parallèlement,on peut également s'interroger sur le montant des frais bancaires payés par les clients particuliers, de plus en plus élevés et... injustifiés.
On peut s'attendre à ce que les banques s'appuient sur ces résultats positifs pour continuer à empêcher la mise en place de toute contrainte réglementaire, et que rien ne puisse donc éviter qu'elles repartent dans leurs errements spéculatifs. Or, comment oublier que la crise financière, qui est en fait une crise du système économique dominant, a coûté 10 points de PIB à la France, selon plusieurs économistes !
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