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L'épargne à long terme délaissée par les Français ! Un tournant dans l'épargne traditionnelle...

janv. 27

par Richard Rigano Theme: Vie économique

La FFSA (Fédération française des sociétés d'assurances) publie des comptes 2011 qui marquent peut-être un tournant dans l'épargne traditionnelle.

Dans le marasme économique et financier actuel, l'assurance-vie ne fait plus recette. Aléa passager ou retournement de tendance ?



Visiblement, les assureurs sont inquiets et ne s'en cachent pas. Il faut dire que leurs propres comptes relatifs à l'assurance-vie n'encouragent guère à l'optimisme puisque l'année 2011 aura connu 5 mois pendant lesquels les retraits auront été supérieurs aux versements. Rien n'indique que 2012 ne verra pas se poursuivre ce phénomène de dé-collecte, et si l'escroquerie qu'ont subie les titulaires du livret A n'avait pas eu lieu, avec un taux de rémunération net de 2,75%, le fameux livret d'épargne préféré des Français aurait encore taillé des croupières à l'assurance-vie.

Ce que n'évoquent pas les dirigeants des compagnies d'assurance-vie, c'est l'inquiétude des épargnants liée à la stabilité de l'euro, en l'espèce un manque de visibilité à long terme, renforcée par un projet d'allonger de 8 à 14 ans la durée d'épargne permettant d'éviter une fiscalité de sortie trop lourde. Avec actuellement une rémunération moyenne brute à peine supérieure à 3%, l'épargnant moyen devient légitimement réticent à bloquer son épargne sur une aussi longue durée.

Actuellement, certaines banques proposent à nouveau des comptes à terme, sur 5 ans, avec une rémunération brute fixe de plus de 4%. De quoi faire hésiter...
Autre paramètre inquiétant, sur les fonds retirés de l'assurance-vie en 2011, 48% l'ont été pour satisfaire des besoins de consommation et seulement 22% pour des investissements immobiliers.

On a ainsi l'exemple concret d'un des effets de la crise actuelle : nos concitoyens tirent sur leur épargne pour maintenir un certain niveau de consommation.
L'année électorale dans laquelle nous sommes entrés ne va pas arranger les choses pour l'épargne à long terme. Outre le fait que c'est traditionnellement une période d'attente pour les investisseurs mêmes modestes, la proposition du candidat socialiste de doubler le plafond du livret A, si elle était effective, porterait un rude coup à l'assurance-vie. Faire passer ce plafond de 15 300 € à 30 600 € aurait automatiquement un effet siphon sur l'épargne disponible.

Les assureurs avaient étrangement été silencieux pendant que le secteur bancaire traversait (et traverse) une rude tempête, mais l'effet amortisseur de 8 ans des contrats commence à s'estomper dangereusement pour eux. Les conséquences sont encore imprévisibles même si les encours globaux de l'assurance-vie, 1 360 milliards €, devraient permettre d'éviter un cataclysme.

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