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Didier Migaud outrepasse sa mission !

févr. 10

par Richard Rigano Theme: Vie économique

La Cour des Comptes dénonce une stratégie gouvernementale discontinue...

Il n'appartient pas aux magistrats de la Cour des comptes de définir la politique économique du pays, même si c'est bien tentant...

Faire l'état des lieux avec compétence est une chose, faire des préconisations politiques en est une autre !



De même qu'un agent de police qui établit le constat d'un accident de voiture n'aurait pas compétence pour réparer cette dernière, un magistrat de la Cour des comptes n'est pas le plus apte à définir les orientations politiques et économiques du gouvernement, quel qu'il soit. On savait que l'actuel président de la Cour des comptes, Didier Migaud, n'hésitait pas à s'affranchir des règles habituelles de discrétion inhérentes à sa fonction depuis sa critique publique du projet présidentiel présenté par son "camarade de parti", François Hollande.

En présentant le rapport 2011 de la Cour des comptes, il récidive dans le dépassement de son rôle en se positionnant sur les mesures gouvernementales qui, selon lui, devraient être prises pour revenir à l'équilibre budgétaire.

Que la Cour des comptes mette en lumière des dépenses publiques qui ne lui semblent pas pertinentes ou qu'elle critique la gestion coûteuse de certaines structures publiques, correspond parfaitement à sa mission. Ses rapports sont d'ailleurs le plus souvent d'une qualité et d'une clarté irremplaçables. Là où la dérive se fait, c'est quand le comptable se veut mentor politique.

S'étonner de l'organisation désuète de la Banque de France est une chose qui relève plus d'un constat politique qu'économique, quand on connaît l'histoire de cette structure qui remplissait un certain nombre de missions de service public qui ont été abandonné au nom du libéralisme. Plus grave, peut-être, s'indigner des sommes dépensées par le régime des intermittents du spectacle, c'est faire l'impasse sur l'histoire tourmentée de ce régime et surtout sur les raisons de son existence et de son maintien.

Il n'appartient pas à la Cour des comptes d'interpeller, via son président, tous les candidats à l'élection présidentielle en leur demandant de proposer "un programme détaillé, crédible, fondé sur des hypothèses réalistes."

Les choix budgétaires et leurs conséquences relèvent de la seule compétence du gouvernement et des élus parlementaires. Un budget n'est que la traduction d'un objectif ou d'un choix politique. Il serait bon que M. Migaud se rappelle qu'un des principes essentiels de la République, c'est le respect de l'indépendance des pouvoirs.

La Cour des comptes a tout à gagner à rester dans le champ d'intervention qui est le sien. Elle y excelle et si elle a un combat politique à mener, c'est de faire en sorte que les dérives ou les anomalies de gestion de l'argent public qu'elle dénonce régulièrement, soient suivies d'effet. À chacun son assiette, et tout le monde mangera mieux...

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