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Quand un Directeur de la SNCF cite dans ses voeux 2010 le Brasillach collaborationniste de décembre 1944 !

févr. 03

par Rémi Aufrere Theme: Dialogue social

Le "devoir de mémoire" va de pair avec la culture et l'enseignement de l'Histoire. Quand un Directeur SNCF (Etablissement Commercial Trains de Paris Montparnasse) cite une phrase de saison dans ses vœux au personnel, il aurait dû ajouter qu’il s’agit de Robert BRASILLACH, de la période collaborationniste la plus sombre de notre pays. Dans ce très beau poème, BRASILLACH est plaintif et sublime. C’est logique. Il est en prison à Fresnes pour des faits liés à la collaboration avec l’occupant. Alors rappellons pourquoi s’y trouvait cet écrivain flamboyant et maudit. Entre 1937 et 1943, Robert BRASILLACH est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Je suis partout ». Un exemple de sa plume le 7 fevrier 1942: « On ne s'aperçoit pas qu'on encourage le mensonge, qu'on encourage le Juif. En finira-t-on avec les relents de pourriture parfumée qu'exhale encore la vieille putain agonisante, la garce vérolée, fleurant le patchouli et la perte blanche, la République toujours debout sur son trottoir. Elle est toujours là, la mal blanchie, elle est toujours là, la craquelée, la lézardée, sur le pas de sa porte, entourée de ses michés et de ses petits jeunots, aussi acharnés que les vieux. Elle les a tant servis, elle leur a tant rapporté de billets dans ses jarretelles ; comment auraient-ils le cœur de l'abandonner, malgré les blennorragies et les chancres ? Ils en sont pourris jusqu'à l'os. » Robert BRASILLACH fut aussi celui qui demandait régulièrement la mort de Georges MANDEL (ancien ministre). Il obtint d’ailleurs satisfaction par 16 balles tirées dans son dos par un milicien le 7 juillet 1944.  Concernant son antisémitisme, il fut largement servi avec la « solution finale ». Robert BRASILLACH fut condamné à mort. De nombreux écrivains demandèrent sa grâce au Général de GAULLE (alors Président du Gouvernement provisoire) qui l’a refusa. Cet écrivain nous confirma qu’un grand talent pouvait être au service de la lutte contre la République et pour un fascisme bien français. Qu’un dirigeant d’une entreprise publique comme la SNCF (même modeste) qui fut un gisement  de résistance active et passive, cite des textes datant de cette période et dans ces circonstances, relève d’une bévue de haute volée. Ce fut le sens de l’intervention du secrétaire général de l’Union CFDT des cheminots de Paris Rive Gauche lors de la séance plénière du Comité d’Etablissement fin janvier.  

 

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