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Trop c’est trop ! Mais que faisons-nous ?

juin 21

par Jean-Philippe Milesy Theme: Vie économique

À l’heure où j’écris cette chronique, l’odyssée de l’Aquarius est bel et bien, comme l’affirme Mediapart, « une honte européenne ».

Nous sommes aux lendemains d’un très intéressant Congrès international du CIRIEC qui a marqué la dimension « sans frontières » de nos engagements, de nos valeurs pour une Economie collective.Répétons-le, ce qui se passe en Méditerranée interroge l’Euro-pe tout entière. Mais qu’en est il ici ?

J’ai discuté avec nos amis mutualistes belges. Ils ont exprimé leur détresse, leur colère de voir la France dériver quant à l’accueil des réfugiés et migrants.Il y a de quoi être « colère ». Les textes récemment présentés au vote d’une majorité aux ordres (où un député de la majorité fit preuve de courage, d’autres préférant l’abstention « pas ça en mon nom », d’autres ayant choisi de fuir le vote) mais sur-tout les discours tenus lors de leur présentation sont de plus en plus intolérables.

Avec le concours de la plupart des médias, à travers des sondages dont on sait qu’ils sont aisés à orienter, on fait du migrant la cause de tous les maux de notre société. Le chô-mage : les migrants. L’insécurité : les migrants. Les déficits sociaux : les migrants, vous dis-je !On apprendra bientôt que les récents orages ne leurs sont pas étrangers.La droitisation politique nourrit et se nourrit de cette stigma-tisation, mais beaucoup d’autres s’en tiennent au silence, convaincus que c’est une cause perdue et la cause de pertes à venir.

Ceux qui défendent les migrants se voient dénoncés. Ils seraient aveugles, iréniques voire complices des passeurs.Lecteurs et chroniqueurs de ces Brèves, nous nous réclamons de l’humanisme. Nous ne pouvons que nous inquiéter, nous questionner.Lors du dernier Forum européen ESS de la Gauche Unitaire Européenne (GUE) Marie-Christine Vergiat, députée europé-enne, a organisé un débat en plénière sur les initiatives d’associations en faveur de l’accueil, de l’insertion des mi-grants, mais aussi et avant tout de leur sauvetage.

Ces initiatives sont nombreuses, montrent des femmes et des hommes, au-delà de leurs convictions religieuses, politiques, impliqués par la solidarité au quotidien.Nos entreprises et organisations d’ESS devraient résolument s’engager dans ce champ.Nous sommes imprégnés d’éducation populaire : il nous faut expliquer ces mouvements de population, rejeter les « fake news » sur le coût social des migrants, sur le « bench-marking » qu’ils pratiqueraient, dire l’apport que ces femmes et ces hommes peuvent représenter pour nos pays.

Nous sommes fondés sur les solidarités : les solidarités ne se dissocient pas, elles s’imposent aux delà de nos adhérents et sociétaires, elles constituent un devoir impérieux.

Nous sommes fondés sur la démocratie : ce ne sont pas les migrants qui la menacent, mais les forces qui prospèrent sur leur rejet.

Regardons la Hongrie, la Pologne, l’Autriche et main-tenant l’Italie : les partis anti-migrants sont aussi misogynes, homophobes, voire antisémites ; ils choisissent leur « ordre » contre la démocratie.Il est temps, même si elles ont l’impression d’être à contre-courant, que nos structures de l’ESS s’engagent dans la cause des réfugiés et migrants, sans entrer dans les fausses distinctions, dans les calculs égoïstes.

La nouvelle Mutuelle Les Solidaires, qui veut travailler sur la démocratie sociale et la solidarité avec les plus faibles, en fait un de ses premiers chantiers. Les associations à soutenir ne manquent pas, les collectivités locales solidaires non plus et encore moins les drames et misères à conjurer.

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