Et pour 2011, quel pouvoir d'achat pour nos pensions?
févr. 20
Themes: Vie économique, Protection sociale
Il n'est nul besoin d'être un économiste « distingué », un statisticien « confirmé » ou un quelconque spécialiste « reconnu » pour s'apercevoir que le pouvoir d'achat de nos pensions en a pris un sérieux coup en 2010 et que les choses ont peu de chances de s'arranger en 2011.
« le compte n'y est pas ! »
L'INSEE nous dit que l'inflation moyenne pour 2010 aurait été de l'ordre de 1,5% mais cela fait bien longtemps que nous avons constaté que le mode de calcul retenu par l'INSEE ne correspond pas à la structure réelle de dépenses de la grande majorité des salariés et des retraités, en particulier dans la prise en compte des dépenses contraintes. Et ce sont elles qui justement ont augmenté ou augmenteront en 2011. Et d'abord les dépenses de santé avec la consultation qui passe de 22 à 23€, le remboursement des médicaments à vignette bleue qui passe de 35 à 30%, la non prise en charge en ALD de certaines maladies et la hausse de tarif des mutuelles, … Quant à l'énergie, le fuel a augmenté de 24% en 2010, le gaz de 13% et l'électricité de 3%. Dépenses incontournables s'il en est, les assurances augmentent elles-aussi de 3,5% en moyenne pour l'automobile et jusque 8% pour l'habitation. Incontournables aussi les loyers avec +4% en un an, les légumes avec +3% et les fruits +6%. La baisse des ordinateurs, téléviseurs et autre lave-vaisselle que l'INSEE prend en compte dans son calcul de l'inflation, ne compensera jamais toutes ces hausses de dépenses contraintes.Au 1er avril 2010 nos pensions ayant été augmentées de 0,9% (1,2% d'inflation prévue pour 2010 moins 0,3% de « trop perçu » en 2009) et l'inflation moyenne constatée étant de 1,5%, le retard s'établit à 0,6% (1,5% - 0,9%). Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2011 voté par le Parlement prévoit une inflation 2011 à 1,5%. Selon nos calculs, la revalorisation au 1er avril 2011 devrait être de 2,1% (0,6% + 1,5%).
Même si, face à l'augmentation des dépenses contraintes chacun remarquera que le compte n'y est pas, certains, au gouvernement, seraient bien tentés au nom de la rigueur et de la réduction des dépenses publiques de faire l'impasse sur toute revalorisation ou, pour le moins et sous couvert de quelque artifice comptable, de ne pas appliquer entièrement cette hausse.
Parce que, comme les salariés, les retraités n'ont pas à payer par une baisse de leur pouvoir d'achat, les dégâts d'une crise provoquée par ceux qui détiennent le pouvoir économique, il nous faudra très certainement nous mobiliser à nouveau.
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