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De la Fonction publique au projet de société

juin 14

par Michel Salingue Themes: Vie économique, Dialogue social

Déjà en 2015 Emmanuel Macron, alors ministre des finances, déclarait que « le statut des fonctionnaires n’est plus justifiable ». Une fois élu, il passe à l’acte : programmation de la disparition de 120 000 postes de fonctionnaires, recours massif aux contractuels, transfert de nombreuses missions de service public au privé, blocage du point d’indice, rémunération au mérite et réforme des retraites qui sonnera le glas du Code des pensions civiles et militaires.

En octobre dernier, le premier ministre installait CAP22 (Comité Action Publique 2022) chargé de faire des propositions pour « moderniser l’action publique ». Derrière un affichage de bonnes intentions portant sur la « modernisation », « une plus grande efficacité », l’objectif essentiel est bien de  réduire la part de la dépense publique dans le PIB de 4 points d’ici à 2022.

Les experts de CAP22 proposent aujourd’hui de généraliser la possibilité de recourir aux contractuels au nom de « la souplesse et de plus de liberté des employeurs publics ». Le cap étant fixé, la route pour y parvenir est toujours la même : faire croire que le statut est maintenu pour ceux en place et précariser l’embauche des nouveaux à travers la contractualisation.

Nous sommes bien dans une démarche visant à appliquer aux services publics la logique du privé.

C’est encore et toujours au nom de cette antienne de la réduction de la dette et des dépenses publiques que la Fonction publique et les service publics sont ainsi remis en cause. Dans le même temps, une étude d’Oxfam nous apprenait que la part des bénéfices reversés aux actionnaires des principales sociétés françaises passait de 30 % à 67 % en 15 ans… un véritable pillage plombant les salaires et les investissements publics.

Et pourtant les notions de biens publics et d’intérêt général ont été, de tous temps, les fondements de notre République. Face à un monde de plus en plus complexe, face à une crise écologique qui devient de plus en plus prégnante, nous n’avons jamais eu autant besoin de développer un intérêt général s’appuyant sur des biens et des services publics de plus en plus larges.

C’est Régis Debray qui, récemment, écrivait « … j’ai vu prendre ses aises, sans complexe, une démocratie à l’anglo-saxonne, la relation client remplaçant un à un les services publics. »

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