Valladolid: Une conférence … sans controverse *
mai 15
Theme: Vie économique
Quelque 400 chercheurs et praticiens de 40 pays se sont retrouvés, du 6 au 8 avril à Valladolid (Espagne) pour échanger leurs travaux et leurs expériences dans le champ de l’économie sociale. C’était la troisième édition d’une manifestation que le CIRIEC organise tous les deux ans, dans l’intervalle de ses congrès. Les deux précédentes s’étaient tenues à Victoria (Canada) et stersund (Suède) et avaient remporté un succès grandissant. Celle de Valladolid a confirmé que c’est aujourd’hui, sans conteste, l’une des plus importantes rencontres scientifiques internationales.
La conférence de Valladolid était organisée par la section espagnole du CIRIEC et le CIRIEC International, avec la collaboration du réseau espagnol des instituts et centres universitaires de recherche, l’Université de Valladolid et la Junte de Castille et Leon. Elle s’était assigné pour objectif d’analyser le rôle que l’économie sociale peut jouer dans un nouveau modèle de développement, tant au Sud qu’au Nord. Il s’agissait d’étudier la réalité, la nature et le poids de ce secteur socioéconomique, sa volonté et son aptitude à relever cet ambitieux défi.
Outre les sessions plénières, les travaux se sont déroulés dans 30 ateliers où ont été présentées 154 communications (Moins de la moitié des communications reçues par le jury)
Celles qui n’ont pu faire l’objet de présentation et de débats ont été exposées sous forme de posters et seront incluses dans un ouvrage qui reprendra l’ensemble des travaux.
La forte participation espagnole et latino-américaine s’explique, en grande partie, par le moment où la conférence a été organisée : quelques semaines après la promulgation par le parlement espagnol d’une loi-cadre sur l’économie sociale, la première de cette nature dans le monde.
Les membres du CIRIEC-France ont joué un rôle actif dans la préparation et le déroulement de la conférence. Citons, en particulier, les professeurs Nadine Richez-Battesti, François Rousseau, Roland Perez et François Silva. J’ai, moimême, coordonné les travaux de l’atelier qui traitait des relations et alliances entre l’économie sociale et les syndicats.
Décidément, « à quelque chose malheur est bon ». Le succès des initiatives du CIRIEC, dans son rôle d’illustration et de promotion de l’économie d’intérêt général, qu’elle soit publique ou sociale, doit beaucoup à la crise. Le modèle économique dominant a fait faillite, avec des conséquences sociales dont on n’a pas encore mesuré la véritable ampleur. Comment s’étonner dès lors que de plus en plus de femmes et d’hommes éprouvent le besoin de réfléchir ensemble aux conditions de l’avènement d’une économie qui serait, enfin, au service du plus grand nombre ? Ils l’ont fait à Valladolid, sans controverse.* « Les indiens ont-ils une âme ? » Tel fut l’objet de la controverse qui opposa, au XVIe s. à Valladolid, alors capitale de l’Espagne, le philosophe Sepulveda et le dominicain Las Casas.
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