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Quel modèle d’État stratège en France ?

mai 13

par Marcel Caballero Theme: Vie économique

Issu des travaux de la Commission scientifique Economie publique du CIRIEC-France, l’ouvrage collectif Quel modèle d’Etat stratège en France ? paraîtra aux PURH en septembre 2016 sous la direction de Philippe Bance. (*) Il a été réalisé dans la perspective du Congrès du CIRIEC international, qui se tiendra à Reims du 21 au 23 septembre 2016.

C’est le troisième livre issu des travaux de la Commission scientifique Economie publique du CIRIEC-France, publié dans la Collection Economie publique et économie sociale des PURH (Presses universitaires de Rouen et du Havre), après L'action publique dans la crise. Vers un renouveau en France et en Euro-pe ? , de mai 2012 : http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100503220&fa=sommaire,

et L'internalisation des missions d'intérêt général par des organisations publiques. Réalités d'aujourd'hui et perspectives, de février 2015 : http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100500990&fa=sommaire.

Ce nouvel ouvrage traite d’une notion d’État stratège devenue une référence, très largement mobilisée dans des discours d’horizons divers, pour initier la réforme de l’État, le mettre en capacité d’agir de manière efficace et  même efficiente, pour déployer une démarche porteuse d’avenir.

Mais après trois décennies de réflexions et de mises en oeuvre de réformes, force est de constater que des interrogations majeures subsistent sur la capacité du modèle français à faire de son État un stratège.

Les interrogations portent tout particu-lièrement sur la réelle capacité d’action de l’État dans un contexte d’européanisation et de mondialisation qui réduit ses marges de manoeuvre, sur le besoin de refonte de son système d’organisation dans une optique d’efficacité, et également sur son aptitude à se réformer.

L’ouvrage, tire les leçons de l’expérience française, sur la base d’un diagnostic partagé et sans complaisance, en mobilisant les connaissances d’experts, praticiens et scientifiques, relevant de domaines de compétences variés, pour déboucher sur des préconisations d’avenir, en cherchant à repenser ce qui fait ou devrait faire figure de modèle français.

Les contributions de l’ouvrage sont articulées en 4 parties et vingt chapitres en apportant des éclairages divers mais convergents. Ils émanent d’économistes, de politistes, de membres de la haute fonction publique ou d’administrateurs de grandes organisations réunis par la richesse du réseau CIRIEC pour croiser les réflexions sur la situation d’aujourd’hui et préciser ce que pourrait être une nouvelle conception de l’État stratège.

La première partie est ainsi consacrée aux grands objectifs de l’État stratège. Elle analyse ce que sont ou devraient être les prérogatives et la portée de l’action d’un État qui se veut stratège. S’y trouvent notamment précisées les orientations à donner dans le champ des politiques de mutation du système productif, d’investissement, de cohésion sociale et territoriale, enfin d’emploi et de chômage. Elle comprend les chapitres suivants : L’État stratège : État réduit ou à capacité étendue en régime de gouvernance multi-niveaux (Philippe Bance) ; Les politiques de soutien aux mutations du système productif (Gabriel Colletis) ; État et stratégie de développement de l’investissement de long terme (Louis Schweitzer) ; État stratège, cohésions sociale et territoriale (Nicole Questiaux) ; L'État stratège face aux problèmes de l'emploi et du chômage (Jean-Baptiste de Foucauld).

La seconde partie de l’ouvrage est relative à l’organisation et au fonctionnement de l’État stratège. Il s’agit d’analyser dans quel cadre et selon quels dispositifs institutionnels l’État peut être en capacité de se faire stratège et de répondre aux attentes sociétales. L’analyse traite de ces aspects organisa-tionnels en se plaçant tout d’abord d’un point de vue général pour aborder ensuite les questions de la gestion du patrimoine de l’État, de ses entreprises publiques et d’expression de la démocratie dans le cadre des programmes d’investissement.

On y trouve : Quelle organisation pour l’État stratège (Jacques Fournier) ; L’Agence des participations de l’État et le groupe Caisse des Dépôts : vers une gouvernance stratégique de l’État sur les entreprises publiques ? (P. Bance, P. Bauby et N.Rey) ; L’État stratège et ses entreprises publiques : conserver au Québec la tradition du « arm’s length » britannique ou importer le nouveau modèle français? (Luc Bernier et Taïeb Hafsi) ; Démocratie participative et stratégie de développement de grands programmes d’investissement (Thierry Mignauw).

La troisième partie porte sur les modalités de mise en oeuvre de l’action d’un État français qui serait stratège dans le contexte de la mondialisation et de l’Europe d’aujourd’hui. Les chapitres qui la jalonnent traitent des questions de la relocalisation des activités, du rapport à l’Europe dans un contexte de financiarisation de l’économie à l’échelle mondiale, de perte de souveraineté nationale et de nouvel environnement géopolitique.

Y figurent : État stratège, (re)localisation des activités et mondialisation (Jacques Mazier et Mouhoub El Mouhoud) ; L’Union européenne composante d’un « État-stratège » multi-niveaux (Pierre Bauby) ; Les États face à l’hydre bancaire mondiale (François Morin) ; État stratège et globalisation financière (Nathalie Rey) ; Agences de notation et souveraineté (Alain Arnaud) ; La France dans le monde, éléments d'une nouvelle géopolitique (Patrick Viveret).

Enfin, la quatrième partie aborde des questions procédant d’applications sectorielles ou ayant trait à des champs d’action plus spécifique d’un Etat stratège : dans l’enseignement supérieur et la recherche, la santé, l’énergie, le secteur postal, la mobilité numérique. Elle comprend : L’État stratège et la réforme des universités (André Tiran), État stratège et santé (Thierry Beaudet) ; La contribution de la Poste à la cohésion économique, sociale et territoriale (Claire Borsenberger et Denis Joram) ; État stratège et transition énergétique (Gérard Magnin) ; Numérique et mobilité (Olivier Marembaud).

Par-delà leur diversité, les analyses convergent pour considérer qu’existe aujourd’hui un profond besoin de refonder le modèle français autour d’une conception moins centraliste, plus démo-cratique, plus participative et plus efficace de l’action publique et du rôle de l’État.

 

(*)

 

Président du Conseil scientifique international du CIRIEC et Vice-président recherche du CIRIEC-France

Directeur adjoint du laboratoire CRÉAM (Centre de recherche en économie appliquée à la mondialisation), Université de Rouen

 

 

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