Miroir Social : votre réseau d'information sociale



Imprimer


Elinor Ostrom reçue à Paris

juil. 07

par Marcel Caballero Theme: Vie économique

Prix Nobel d’économie, Madame Elinor Ostrom était reçue à Paris, le 23 juin, à l’initiative du CNAM,du RIODD, de l’ESCEM et du CIRIEC-France. En leur nom, Alain Arnaud, président du CIRIECFrance salua Elinor Ostrom et les quelque 200 participants, dont de nombreux universitaires, qui remplissaient l’amphithéâtre de la MACIF. (On trouvera ci-après son intervention).

Parmi les membres du CIRIEC qui intervinrent dans le débat, citons Gérard Andreck, président de la MACIF et du Conseil des Entreprises et Groupements de l’Economie Sociale (qui conclut la rencontre), Jean-Louis Bancel, Denis Stokkink, Nadine Richez-Battesti et Mireille Flam.

Ce moment revêt pour les universitaires, chercheurs et acteurs de l’Economie Sociale présents dans cette salle, une grande importance, parce qu’il nous permet, à l’occasion de sa venue en France, d’accueillir Madame Elinor Ostrom, Prix Nobel d’Economie 2009, pour partager avec elle un moment d’échanges autour de la notion de biens communs, et de leurs formes de gouvernance.

Madame, nous sommes très honorés de votre présence parmi nous, d’autant que vous avez un programme chargé au cours de votre visite dans notre pays. Vous êtes professeure de Sciences Politiques à l’Université d’Indiana, et vos travaux ont été distingués par l’attribution de ce Prix Nobel le 12 octobre 2009. Nous apprécions à sa juste valeur le fait

que vous ayez été la première femme a avoir obtenu le prestigieux Prix Nobel d’Economie, ce qui démontre que

l’économie et l’organisation des sociétés ne sont pas que des affaires d’hommes, et qu’elles gagneraient probablement

en efficience si l’on écoutait plus souvent la voix des femmes.

Vous travaillez depuis longtemps sur la notion de biens communs, et sur celle de gouvernance collective des ressources naturelles. Vous marquez aussi un intérêt particulier pour la question de l’appropriation et du partage de l’information à l’ère du numérique. Vous êtes favorable, pour ce qui concerne la gestion des biens communs, à l’instauration d’une troisième voie, entre le tout Etat et le tout marché, celle constituée par les associations d’usagers. Dans un monde dominé par le marché, la concurrence, le consumérisme, et l’argent, vos travaux doivent contribuer à

éclairer d’un jour nouveau l’avènement indispensable de nouvelles formes de l’organisation économique, pour que celle-là soit moins inégalitaire dans la redistribution des revenus, et plus respectueuse des ressources naturelles, de l’environnement et de l’intérêt collectif.

En France, l’Economie Sociale, est une tradition ancienne. Certains la considèrent comme une curiosité, mais elle est

aujourd’hui présente dans de nombreux pays sous des formes diverses, et l’on peut dire qu’elle poursuit des objectifs comparables aux vôtres, entre le tout Etat et le tout marché. Son action, ses perspectives, sa contribution à l’utilité sociale et à l’intérêt général, alimentent les réflexions de nombreuses communautés d’universitaires et de militants, et elle est représentée concrètement dans l’économie par de grandes institutions coopératives, mutualistes, associatives et des fondations, qui s’efforcent de faire vivre sur le terrain l’idéal auquel elles croient.

Les entreprises et les organisations de l’Economie Sociale appuient en effet leur action sur un socle de valeurs qui constitue leur carte d’identité et leur raison d’être :

• Sociétés de personnes, elles sont avant tout dans une dimension humaine, et non dans une dimension financière comme le sont les sociétés de capitaux,

• elles fonctionnent selon les principes de gouvernance démocratique,

• surtout, elles ont pour finalités la satisfaction des besoins de l’être humain, sur des fondements solidaires, en conjuguant l’intérêt individuel et l’intérêt collectif, mais aussi la responsabilité, celle de l’individu, vis-à-vis de luimême comme vis-à-vis de la société.

Du fait de leurs spécificités, elles sont souvent des interlocuteurs privilégiés des collectivités publiques pour la mise en oeuvre de politiques d’intérêt général. Il est donc intéressant, et c’est bien l’objet de cette rencontre, de voir comment l’Economie Sociale s’articule avec votre notion de biens communs, avec ses formes de gestion en terme de gouvernance et de régulation, et plus globalement de voir quelle contribution l’Economie Sociale apporte à l’intérêt collectif ».

Lu 263 fois Pas de commentaire

Soyez le premier à réagir

Vous devez être membre pour commenter cet article.
Connectez vous ou Rejoignez nous ! (Inscription immédiate et gratuite)



La vie du réseau

Annuaire