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Dette : la solution « marxiste »....

oct. 03

par Marcel Caballero Theme: Vie économique

Au plus fort du krach financier de septembre 2008, Time appelait à « repenser Marx » pour « trouver les moyens de sauver le capitalisme ». Marx (Groucho) n’avait pas attendu cet appel.

 Groucho : Des coups de fil ?

 La secrétaire : Oui, de vos créanciers. Toute la matinée. Ils disent qu’ils en ont assez de téléphoner et qu’il faut prendre des mesures.

 Groucho : Très bien, je vais prendre des mesures. Débranchez le téléphone !

Cette solution burlesque, imaginée par le célèbre comique américain des années 30, est pourtant exactement celle qu’ont adoptée, jusqu’à présent, nos gouvernements. Tels des autruches, ils enfoncent leur tête dans le sable, en espérant échapper ainsi au danger. Ils veulent, à tout prix, sauver un système qui a fait faillite, que l’on ne peut plus réparer, et qu’il faut impérativement changer.

Comment changer le système ? Le CIRIEC n’est, lui-même, porteur d’aucun projet de transformation sociale. Seules les organisations et entreprises qui le composent peuvent légitimement avoir cette ambition.

Le rôle du CIRIEC n’est pas de se substituer à elles, mais de les aider, en tant qu’elles le souhaitent, à éclairer leurs décisions, par la recherche et l’information. C’est ce que s’efforcent de faire nos commissions scientifiques. Hier, elles ont largement démontré la fonction préventive de l’économie publique et de l’économie sociale. Malheureusement, elles constatent aujourd’hui que le mal étant maintenant déclaré et apparemment irréversible, il est trop tard pour le prévenir. Il faut donc nous interroger sur le rôle de l’économie publique et de l’économie sociale dans la création et la mise en oeuvre d’un nouveau système, fondé sur la satisfaction des besoins du plus grand nombre, la gestion démocratique de l’économie et la non-appropriation individuelle des profits.

Cette interrogation était déjà au centre des débats de notre Congrès international, en septembre 2008, à

Séville. Le Congrès se réunissait quelques jours après le début de la crise bancaire. Nous y avions invité Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie. Son intervention est toujours d’actualité. Il dénonçait la religion dominante des 25 dernières années, qu’il appelle « le fondamentalisme du marché ». Ce fondamentalismeimpose, d’après Stiglitz « une économie qui privilégie l’intérêt privé au détriment de l’intérêt général ; une économie qui n’est pas innovatrice mais, au contraire, fait obstacle à l’innovation et à l’efficacité, pour maximiser les bénéfices à court terme de quelques uns ». Le Prix Nobel démontrait le succès deséconomies dans lesquelles le rôle de l’Etat et de l’initiative citoyenne sont importants. Il ajoutait : «

Une économie équilibrée, avec un secteur privé traditionnel, un secteur public efficace et une économie sociale en progression est le modèle d’avenir ». Sa conviction est que « le 15 septembre 2008 a sonné la fin du fondamentalisme du marché, comme la chute du mur de Berlin a sonné celle du communisme».

L’économie sociale doit saisir cette chance historique, en inscrivant ses initiatives dans ce modèle d’avenir.

Ses potentiels de succès résident dans ses propres valeurs et ses pratiques. Mais, pour être entendue, elle doit réaliser des alliances avec les forces sociales qui partagent sa volonté de transformation du système économique. Avec les entreprises publiques, bien sûr, avec lesquelles des partenariats existent déjà, qu’il faudrait renforcer et multiplier. Avec les syndicats, enfin, avec lesquels elle a souvent des origines et des intérêts communs.

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