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Des soins plus efficients en EHPAD avec PARO : une étude signée Fondation Paul Bennetot (Groupe Matmut), Mutualité Française et MF Loire-Haute Loire

nov. 08

par Dominique Letourneau Themes: Protection sociale, Recherche & innovation

A l’heure où le vieillissement de la population française tend à s’accélérer, la Mutualité Française Loire – Haute Loire SSAM a lancé une triple étude inédite - dont le rapport a été remis le 24 octobre - sur l’utilisation dans les EPHAD de PARO, un robot émotionnel ayant l’apparence d’un phoque en peluche, auprès des résidents atteints de troubles cognitifs. Ces trois études ont été réalisées avec le soutien de la Fédération nationale de la Mutualité Française et de la Fondation Paul Bennetot (groupe Matmut).

Alors que s’engage à l’initiative du Gouvernement un important débat public sur la dépendance, ce rapport éclaire d’un jour nouveau un grand nombre d’effets bénéfiques du robot PARO tant sur le plan des soins que sur celui de l’accompagnement du résident.

S’agissant des usages du robot PARO en EPHAD, les résultats révèlent que son utilisation se situe à la frontière de l’animation, du nursing et du soin. L’expérimentation menée sur ce point démontre notamment que les professionnels ont davantage un usage individuel que collectif du robot émotionnel, et ce principalement pour canaliser une angoisse, une colère ou encore pour limiter une déambulation.

Du côté des personnes âgées, la logique du « prendre soin » semble gouverner les usages : c’est en s’occupant du robot que les souvenirs ressurgissent, que l’imaginaire se déploie et que l’affect s’exprime. A noter toutefois que PARO ne fonctionne pas sur tous les résidents (phobie des animaux, refus d’être infantilisé …).

Concernant l’impact de cette gérontechnologie sur le lien entre résidents, personnel soignant et aidants, des effets bénéfiques tant sur la relation que sur la prise en charge médicale sont observés. Ainsi, sa capacité à réagir de manière autonome aux comportements humains le rend propice au travail avec les personnes qui peuvent éprouver des difficultés à communiquer.

Cette amélioration de la communication verbale et non-verbale semble toutefois se faire au détriment de la relation humaine avec l’aide-soignant.

En effet, le robot prend en charge une partie des interactions, donnant le sentiment à l’aide-soignant de se sentir dépossédé d’une part de son activité pourtant centrale : la relation au soigné.

Par ailleurs, les résultats révèlent que PARO a induit un allégement de la charge de travail subjective des soignants.


Enfin, une dernière étude démontre que l’intervention du robot est un levier efficace pour diminuer les manifestations douloureuses induites par les soins grâce à son effet distracteur, répondant ainsi à un réel besoin de équipes de soins. En revanche, elle ne permet pas de diminuer la prise d’antalgiques des résidents.

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