Miroir Social : votre réseau d'information sociale



Imprimer


Les reports de date de revalorisation de pensions pas si anodins que cela

janv. 13

par Jean Pierre Lancon Themes: Vie économique, Protection sociale

Le report de revalorisation… Et une nouvelle attaque !

Les reports de date de revalorisation de pensions pas si anodins que cela ! Une technique «discrète» qui accentue la baisse de pouvoir d’achat de  tous les retraités.

Trois reports, trois subterfuges différents depuis 2003.

La revalorisation des pensions des régimes de base, qui avait lieu initialement tous les 1er janvier a été reportée:

- en 2009, en avril, (3 mois de report) : « Le gouvernement entend mieux  prendre en compte l’inflation réelle de l’année précédente. »

- en 2014, en octobre, ( 6 mois de report, avec gel d’une année sauf pour le minimum vieillesse ): « Le décalage permettra de modérer l’évolution des dépenses de pensions » (PLFSS 2014)

- au 1er janvier 2019 ( 3 mois de report) pour « rendre notre système de retraites plus simple et plus lisible ! » (PLFSS 2018). Les dates de revalorisation des pensions de retraite  et du minimum vieillesse seront alignées, au 1er janvier, à compter de 2019.(Dossier presse PLFSS 2018 chapitre IV-II). Un alignement bien suspect  avec un tel motif aussi futile!

En 2019, de report en report, on aura donc fait un tour de calendrier. En dix ans, les retraités auront perdu 1 an de revalorisation.

Un seul objectif… permettre de substantielles économies pour l’État

Le décalage de la revalorisation des pensions a permis de générer 800 millions d’économies dès 2014 pour les 6 mois de report, celui de 2019  générerait 380 millions d’économies pour les 3 mois. 380 millions d’euros, fin 2018,  pris sur le budget destiné aux retraites et dans le même temps redistribution d’1,2 million par bénéficiaire aux 100 familles les plus riches, tels sont les choix de ce gouvernement.

Sans oublier que ces économies se répercutent, année par année, puisqu’ aucun rattrapage ultérieur n’est envisagé.

… et, en conséquence, rogner, petit à petit, le pouvoir d’achat des pensions.

Du fait du décalage, les retraités perçoivent pendant plusieurs mois une pension inférieure à ce qu’elle aurait pu être, si la  date de revalorisation n’avait pas été repoussée. Cette perte perdurera ensuite tout au long de la durée  de la retraite. Des sommes qui, mises bout à bout, sont loin d’être négligeables.

Le manque à gagner atteint, sur 25 ans de retraite, plusieurs milliers d’euros. (Simulations Optimat, dans une étude pour Capital): 

- 3 376 euros pour un ancien salarié non cadre qui touchait en 2008, 977 euros par mois de pension de la sécurité sociale et 315 euros du régime complémentaire,

- 4 588 euros pour un ancien salarié cadre qui touchait en 2008, une pension de 1323 euros par mois de la sécurité sociale,et de 475 euros par mois de régime complémentaire.

(Hypothèse d’une inflation de 1,5% en 2018. Un scénario possible. La Banque de France prévoit actuellement 1,2%, le gouvernement l’anticipe à 1,1%).

Et c’est bien entendu sans compter la hausse de 1,7 point de la C.S.G prévue l’an prochain, qui touchera une majorité des retraités.

Face à ce stratagème réitéré pour faire baisser le pouvoir d’achat des retraités, la mobilisation de la FGR-FP, comme de l’ensemble des organisations de retraités lors des manifestations récentes et la rencontre des législateurs (députés et sénateurs), sont une nécessité.

Lu 356 fois Pas de commentaire

Soyez le premier à réagir

Vous devez être membre pour commenter cet article.
Connectez vous ou Rejoignez nous ! (Inscription immédiate et gratuite)



La vie du réseau

Annuaire