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Le droit, le commerce, et la morale...

nov. 20

par Hélène Fauvel Themes: Vie économique, Dialogue social

 Un de mes prédécesseurs, avait coutume de dire que si les gouvernements présents et à venir continuaient dans la voie engagée sur le plan social et sociétal, le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité » figurant au fronton des mairies pourrait sans difficulté être remplacé par : « le droit, le commerce, la morale ».

 Pour le droit, la judiciarisation croissante des rapports sociaux est en train de lui donner raison. Nous sommes bien loin de l’égalité en droit de tous les citoyens telle que conçue par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

 Pour le commerce, il semblerait qu’au nom de supposées simplifications, la déréglementation en cours finisse par consacrer la loi du plus fort. Ainsi, les normes, règlements et monopoles publics constitueraient un frein insupportable à la concurrence libre et non faussée que les tenants du toujours moins d’État appellent de leurs vœux.  Dans le même temps se constituent des monopoles privés qui curieusement ne semblent déranger personne. De même, des pans entiers du service public sont petit à petit livrés au secteur marchand, abandonnant ainsi le bien commun au détriment des plus faibles. Où est la fraternité ?

 Et la morale, me direz-vous ?

Il en faut bien sûr. Pour autant, la dérive moralisatrice consistant à stigmatiser en permanence des propos ou comportements individuels ne contrevenant pas à la loi mais qualifiés de « pas bien » par les nouveaux bien-pensants prend une tournure inquiétante. 

Ainsi, il ne faudrait plus rire de ceci ou de cela parce que ce n’est pas bien, il ne faudrait pas non plus consommer tel ou tel produit parce ce que n’est pas bien. Pire, aujourd’hui, quiconque ose dire qu’une autre politique est possible peut se voir qualifié de demeuré ou d’archaïque ne comprenant pas l’évolution du monde.

À quand le retour du délit d’opinion ? Si nous n’y prenons pas garde, c’est jusqu’à notre liberté de penser qui finira par être atteinte. 

Ne nous y trompons pas, tout ceci n’a d’autre but que d’affaiblir les solidarités collectives du plus grand nombre au profit de quelques-uns. 

Nous avons choisi le télétravail pour thème du dossier central de notre mensuel ( nous y reviendrons prochainement dans ces colonnes) . À première vue, le sujet n’a pas grand-chose à voir avec ce qui précède et pourtant… Si cette forme nouvelle de travail peut, et nous n’en disconvenons pas, améliorer ponctuellement les conditions de travail, elle comporte néanmoins un risque d’isolement au regard du collectif de travail. 

A nous de veiller à préserver le collectif.

Contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire, la promotion de l’individu qui défendrait son droit et uniquement le sien, deviendrait un client et non plus un usager ne constitue pas un gage de liberté individuelle.

 Parce que nous sommes des femmes et des hommes libres dans un Syndicat libre, nous considérons que le meilleur moyen de défendre les droits individuels pour le plus grand nombre commence par la défense des droits collectifs. 

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