Miroir Social : votre réseau d'information sociale



Imprimer


De 25 000 à 30 000 emplois menacés dans les banques

févr. 09

par Dominique Delpouy Themes: Vie économique, Emplois & compétences

Malgré les milliards d’euros de bénéfices engrangés par les banques en 2016, les plans sociaux se multiplient, des agences ferment, les salaires stagnent et les conditions de travail se dégradent dans la branche. 

Le bureau fédéral de FO Banques tire la sonnette d’alarme sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail et plus globalement l’avenir de la profession. Pour alerter l’opinion publique, il a organisé le 7 février une conférence de presse à Paris, dans les locaux de la Fédération des employés et cadres (FEC-FO).

Qu'en est-il exactement? 

Chaque année, 1 à 2 % des effectifs des banques disparaissent, selon la fédération. Les directions prétextent un changement de comportement des clients, qui utilisent davantage les banques en ligne. Des plans de sauvegarde de l’emploi sont mis en œuvre dans presque toutes les enseignes.

A la BNP, Charles Legros, a évoqué une « refonte » du réseau de la banque de détail, et la suppression de 2 000 à 3 000 postes. A la Société Générale, selon Isabelle Blanquet-Leroy, 2 500 postes seront supprimés d’ici 2020, dans le cadre d’un plan stratégique drastique. Chez HSBC France, un plan de départs volontaires concernant 451 postes a été validé fin janvier. Chez LCL, près de 900 postes seront supprimés en 2017. Chez BPCE, une restructuration a été évoquée dans la presse. Un comité stratégique extraordinaire est programmé en mars prochain.

7,7 milliards d’euros de bénéfices à la BNP

Quand les départs en retraite et le turn-over ne suffisent pas, ces plans peuvent donner lieux à des licenciements secs. Sébastien Busiris, secrétaire général de FO Banques, a aussi condamné la multiplication des licenciements disciplinaires, une sorte de plan social déguisé.

Dans le même temps, les enseignes ferment en moyenne 50 à 60 agences par an, en général celle qui ne comptent que trois ou quatre salariés. A la Société Générale, c’est une centaine d’agences qui disparaitront en 2017. Chez BPCE, une agence sur cinq serait condamnée. Dans celles qui restent, la tendance est à la suppression des chargés d’accueil, remplacés par des conseillers multitâche, comme au CIC ou à la Société Générale. Chez LCL, l’expérience, qui a tourné au fiasco, a été abandonnée.

Pourtant, comme le rappelle Sébastien Busiris, toutes les banques font des bénéfices. Elles renouent avec des résultats massifs, qui atteignent presque les niveaux records d’avant la crise de 2008. Ils atteignent 7,7 milliards d’euros en 2016 pour la BNP, 6 milliards d’euros pour le Crédit Agricole…

Yves Fourcade, délégué FO chez LCL résume la situation : il ne s’agit pas de développer l’activité bancaire ou la pérennité de l’entreprise, on est dans le pur économique, il nous faut cracher le maximum de dividendes pour le seul actionnaire, le crédit Agricole SA.

Un suicide par mois en moyenne dans la profession

Pour FO Banques, cette situation est d’autant plus insupportable que les banques ont largement bénéficié des aides publiques : 350 millions d’euros au titre du CICE et six milliards d’euros avec le Pacte de responsabilité. Le 6 février, la section syndicale a adressé un nouveau courrier au ministre de l’Économie Michel Sapin pour l’interpeller sur l’utilisation faite des ces aides publiques, qui devaient servir à maintenir ou développer l’emploi et revaloriser les salaires. Ce chèque en blanc sans contreparties est choquant, le gouvernement doit faire pression sur les banques, qui ne sont pas en situation de fragilité, a rappelé Sébastien Busiris, secrétaire général de FO Banques

En matière de salaire, les NAO qui viennent de s’achever accordent au mieux une augmentation collective de 0,6 %, plus souvent rien du tout. De leur côté, les patrons n’hésitent pas à s’augmenter confortablement. La hausse est de 15 % pour le directeur général du Crédit Agricole, selon Dominique Manissier.

Quant aux conditions de travail, elles n’ont jamais été aussi dégradées pour les salariés. La baisse constante des effectifs entraîne une hausse de la charge de travail. Les objectifs commerciaux sont de plus en plus importants. Les arrêts maladie sont en hausse. Le mal-être n’a jamais été aussi important, on enregistre en moyenne un suicide par mois dans les réseaux, quinze à vingt par an, c’est inadmissible dans une profession où tout devrait aller bien, ajoute Sébastien Busiris. Il souligne aussi la hausse des incivilités, 6 000 ont été déclarées en 2015.

Des avatars capables de conseiller les clients

A la Caisse d’Épargne, Isabelle Larrivé alerte aussi sur le mal-être des représentants du personnel, qui font face à la détresse des salariés sans y être formés. Et dans le même temps, les établissements renégocient le droit syndical en réduisant les crédits d’heures des représentants du personnel, en application de la loi Rebsamen. Chez LCL, une délégation unique du personnel (DUP) regroupe désormais le CHSCT et les DP.

Et l’avenir ne s’annonce pas rose dans la profession. On peut légitimement redouter   une casse sociale, qui pourrait être provoquée par le recours à l’intelligence artificielle.

L’assistant virtuel Watson est capable d’entendre et de comprendre les demandes des clients. L’avatar Amelia peut conseiller les clients pour les questions courantes. Watson a déjà été acheté par le CIC-Crédit Mutuel, peut-être aussi par d’autres enseignes qui ne l’ont pas dit, s’inquiète Sébastien Busiris.

Exiger l’ouverture de négociations

En France, ces outils sont pour le moment réservés aux seuls conseillers commerciaux. Mais d’ici cinq à dix ans, cette intelligence artificielle pourra s’occuper de la clientèle standard, dans une logique de rentabilité à tout crin, s’inquiète Sébastien Busiris. Tous réseaux confondus, 25 000 à 30 000 emplois sont menacés, on est peut-être à la veille d’une révolution complète, avec la déshumanisation du métier.

Les employeurs refusent pour l’instant de parler de ces mutations technologiques et de leurs impacts éventuels. FO Banque demande l’ouverture de négociations sur la banque de demain. Elle exige des engagements sur le maintien d’emploi et des solutions en terme de formation et de reconversion

 

source:FOH/CJ 

Lu 491 fois 1 commentaire

1 commentaire

30x30_phil

10 jours

Réctificatif

par Philippe Kernivinen

Chez LCL, la négociation sur le dialogue social est en cours. Si les DUP ont été proposées par la direction rien n'est acté pour le moment. Burn-out, bore-out, qualité empêchée, éthique contrariée, le manque d'effectif amène au surmenage, à une qualité de service très médiocre. Les salariés ne le supporte plus. Les arrêts maladies pour mal être professionnel sont en explosion dans le secteur Banque-Assurance. Et tout cela pour satisfaire des grands actionnaires toujours plus gourmands. Le capitalisme à outrance est le mal de nos sociétés. Selon une récente enquête, 38% des salariés de LCL ne recommanderaient pas LCL comme un bon employeur contre 44% (18% sans avis officiel ...). 49% des salariés de LCL jugent qu'on ne leur donne pas les moyens de faire face efficacement à des problèmes. Ils sont 42% à penser qu'ils rencontrent des obstacles majeurs à bien faire leur travail. Si LCL est très compétitif en termes de tarifs, attention, de par le manque criant de moyens et d'effectif, le service devient médiocre.

Vous devez être membre pour commenter cet article.
Connectez vous ou Rejoignez nous ! (Inscription immédiate et gratuite)



La vie du réseau

Annuaire

En direct de vos blogs

30x30_BeauIMG_8312__2_

Burn out : des constats mais encore peu de mesures

le 18 févr., 2017 par Françoise Gauchet`

30x30_P1020092

Burn out

le 18 févr., 2017 par Françoise Gauchet`

30x30_P1020092
30x30_Photo_Beaugas_FO
30x30_Jacky_AMF_2016_261_HteDef
Voir les blogs »

Dernières discussions en cours