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Retraites : Où le mensonge tient lieu de vérité !

janv. 10

par Roger Carriere Theme: Protection sociale

L’exercice actuel du pouvoir comme mode de gouvernance se caractérise par une pratique détestable, celle du mensonge directement, de façon insidieuse ou par omission, en France comme ailleurs.

Il en est ainsi de la question des retraites. Voilà déjà quelques années que l’on nous distille, par petites touches, tels des poisons, la croyance que les retraités sont un fléau pour l’économie française. Certains qui croient que la formule « un euro cotisé donnera le même nombre de points à tous » * se trompent, les actifs d’ailleurs plus que les retraités plutôt dubitatifs. On ne cesse de nous faire croire que 42 régimes de retraites c’est forcément injuste et que le projet de réforme (1) de retraite - initié par le Président - règlera tout cela. Que nenni !!!!

En réalité, les actuels détenteurs du pouvoir mettent en exergue le fait que les retraites pèsent plus de 14 points du PIB soit près du quart de la dépense publique. Ils oublient de préciser que les lobbies bancaires ou assuranciels lorgnent depuis longtemps sur les 400 milliards que constituent les systèmes actuels de retraite.

Les propositions mises actuellement en avant que sont les systèmes - notionnel ou par point (2) - sont bâtis de telle façon qu’il sera facile à l’avenir aux pouvoirs en place de faire varier les coefficient ou valeur du point en tenant compte de la situation économique de l’époque.

Il est donc clair pour nous tous que le but, avéré mais non reconnu, de tels systèmes est de faire baisser le niveau des retraites qui touchera aussi bien les retraités que les futurs retraités. Confer, pour notre démonstration, la décision prise par le pouvoir de limiter en 2018 à 0,3% la revalorisation des pensions de régime général, mais aussi celle prise par les régimes complémentaires de 0,6% (au lieu de s’aligner comme initialement prévu sur celle de l’inflation (2,1%).

Ainsi, les orientations politiques en la matière prises depuis 1993 (décrets Balladur) n’ont fait qu’aggraver la situation des retraités et réduit de façon drastique le pouvoir d’achat des retraités.

Alors qu’une augmentation même minime de quelques points des cotisations aurait réglé la situation.

Mais surtout, en tant que retraités, nous devons nous interroger sur le devenir de nos retraites eu égard aux orientations présentées par le Haut-commissaire : qui financera nos retraites si le futur système conduit à l’individualisation des cotisations, donc des retraites, pour tous les salariés et indépendants ? Sera-ce le budget de l’Etat où les décideurs fixeront les montants en fonction de l’économie de l’époque ? Comme moi, vous répondez à la question !!!!

On est loin de l’esprit solidaire de ceux qui en 1945 ont créé la sécurité sociale.

Quand on vous dit que le mensonge, même par omission, est devenu une règle de gouvernance chez nos décideurs publics.

********************

* promesse contenu dans un rapport élaboré par un jeune inspecteur des Finances -E. Macron- qui estimait alors que les retraités, au-delà d’un certain âge, ne participaient à l’activité économique mais au contraire grevaient la dépense publique.

(1) réforme d’après le Robert : changement qu’on apporte dans les mœurs, les lois, les institutions afin d’obtenir de meilleurs résultats. En fait on peut considérer que le projet actuel est plutôt une contre-réforme.

(2) comptes notionnels : pour chaque individu, les cotisations versées alimentent un compte notionnel c'est-à-dire virtuel. Chaque année, ce compte est réévalué en fonction d’une indexation sur l’inflation, ou l’évolution des salaires ou du PIB.

Au moment de l’âge de départ, ce capital virtuel est divisé par le nombre d’années restant à vivre (selon les prévisions d’espérance de vie) et détermine le montant de la pension annuelle. Même si un coefficient est susceptible de s’appliquer, il reste néanmoins que le retraite reste proportionnelle aux sommes versées. Cela ressemble à de la capitalisation avec une logique de rente.

Système par points : la même logique s’applique pour rendre lors du départ à la retraite, en proportion de ce qui a été donné pendant la vie active, mais cette fois ci de façon plus abstraite par l’intermédiaire de points : comme pour les actuels retraites complémentaires, les cotisations versées permettent d’acheter des points selon un prix fixé d ’achat du point qui varie chaque année. Ces points sont accumulés tout au long de la vie active. Mais attention, les cotisations concerneront-elles comme actuellement salariés et employeurs ou bien seulement les salariés, la part patronale étant donnée aux salariés sous forme de salaire, charge alors à ces derniers de cotiser eux-mêmes à une assurance complémentaire obligatoire ou non ?

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