Jusqu'où allons nous aller si on laisse faire !
sept. 17
Themes: Vie économique, Rémunération globale, Protection sociale, Dialogue social
Il y a quelques années, lors des consultations électorales, les syndicats, et en particulier ceux qui défendent les conceptions d’indépendance, examinaient avec hésitation et critiques les promesses électorales, l’expérience nous ayant appris qu’il y avait un monde entre les promesses et les réalisations une fois élu.
Cette fois, en période préalable aux élections à la Présidence de la République, le parti politique qui détient le pouvoir n’hésite pas à avancer des idées qui ne peuvent que provoquer la réaction des représentants du monde du travail.
Il en est ainsi des déclarations concernant l’indemnisation des cadres lorsqu’ils sont au chômage, les droits découlant de leur participation au régime d’assurance chômage devraient, selon le projet UMP, être remis en cause.
En dehors du fait que ceux-ci sont fonction des cotisations payées par les cadres et que l’analyse sectorielle montre que le rapport cotisants/prestataires est excédentaire. De quel droit l’autorité politique s’immisce dans un régime paritaire géré par les organisations syndicales et le patronat.
Cela relève de la domestication des régimes de protection sociale et de la volonté de les faire glisser vers les gestions de caractère capitaliste (les compagnies d’assurance).
On arrive ainsi à intégrer dans le système capitaliste (qui est sensé être en crise) la protection sociale qui représente jusqu’à ce jour 25% du PIB.
Dans cet esprit, c'est-à-dire de gérer les choses de manière concurrentielle et du libre marché, il vient d’être décidé que dès 2013 les fonctionnaires seraient intéressés, le zèle et le rendement seraient récompensés.
En dehors du fait que c’est une injure faite aux fonctionnaires qui, généralement, essaient de satisfaire –avec les moyens qu’on leur octroient- le citoyen, je peux indiquer que durant quelques années je fus rédacteur principal de contentieux dans un régime d’assurance chômage, j’ai donc constaté et participé à l’accumulation des circulaires définissant les droits des prestataires, ce qui augmentait la technicité des professionnels mais, par définition, ralentissait l’étude des dossiers et leur liquidation.
La France est un pays de droit écrit, cela conduit obligatoirement à une technicité et une recherche qui pèsent sur le service rendu, donc à des aléas qui ne sont pas toujours compréhensibles pour le profane. Mais l’objection de principe qui me semble déterminante dans la réflexion, puisqu’il s’agirait d’une prime d’intéressement collective basée sur le zèle, que deviendrait celle-ci en cas de grève ? Le gréviste serait considéré comme non zélé et la cause de la perte de compétitivité même s’il combattait, habituellement, pour des effectifs supplémentaires pour satisfaire le citoyen.
Et quelle serait la réaction de ses collègues si étant gréviste les objectifs n’étaient pas atteints et, de ce fait, la prime collective remise en cause ?
L’esprit des salariés de l’Etat, et en périphérie, était basé sur la confiance des élus gestionnaires, dans le temps on pouvait craindre la soumission de caractère politique, maintenant avec ce genre de rémunération les salariés sont des ennemis qu’il faut contraindre et domestiquer.
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